Cameroun/Guinee Equatoriale
Après l’allure vengeresse de certains camerounais jeudi 8 décembre dernier, la communauté équato-guinéenne résidente dans la capitale du Sud-Ouest vit désormais retranchée.
Rien n’indiquait que la ville du Char des dieux, a connu une émeute la veille, jeudi 6 décembre 2007. Une tension aux allures de xénophobie, faite de chasse à la communauté équato-guinéenne,
essentiellement constituée d’élèves et étudiants. Ce vendredi 8 décembre 2007, la ville de Buea connaît une ambiance sereine. Les populations vaquent à leurs différentes
occupations.
Jeudi 6 décembre 2007, la tranquillité du quartier Molyko a été fortement mise en mal par des violences perpétrées sur une dizaine de membres de cette communauté. Tout a
commencé parti aux environs de midi, lorsqu’un étudiant camerounais voit sa sœur aînée émigrée en Guinée-équatoriale en larmes sur les images diffusées en boucle par une chaîne de
télévision.
Choqué, cet étudiant ameute quelques camarades et, ensemble, ils font une descente punitive dans les mini-cités estudiantines où sont logés les élèves et étudiants équato-guinnéens, inscrits dans les différents lycées, centres de formation et institutions universitaires. « Lorsqu’ils arrivent à la mini-cité Ninos, il croise un Equato-guinéen qu’il moleste », raconte Stéphane T. étudiant, avant d’ajouter « Tout portait à croire que les Equato-guinéens s’attendaient à ces représailles après la diffusion en boucle de ce reportage dévoilant la barbarie dont sont victimes les camerounais dans leur pays. D’autant plus que la plupart s’étaient enfermés dans leurs chambres ou des amis camerounais. »
Le pire a été frôlé
Les éléments du commissariat N° 2 de Buea, sis à Molyko vont faire une descente sur le terrain pour stopper cette fougue vengeresse dans laquelle les habitants de Molyko s’étaient joints. « La plupart des personnes révoltées étaient ceux qui ont les membres de famille en Guinée équatoriale», précise une source policière. « D’autres voulaient profiter de la situation pour régler quelques comptes. Car, les Equato-guinéens mènent une vie ostentatoire et très irrévérencieuse », indique S. Achu, étudiant.
Vers 16 heures, la situation reviendra au calme. « Notre action n’était pas de la xénophobie, mais nous avions dit à la police qu’il était question de donner une alerte aux autorités guinéennes. Car, les Guinéens n’ont pas le monopole des représailles sur les camerounais. Surtout que beaucoup d’entre nous sommes soutenus par nos frères et sœurs qui se débrouillent là-bas», souligne Christopher N., étudiant. Deux heures plus tard, les Equato-guinéens sous les consignes reçues de leur consul au téléphone, font leurs bagages et prennent la direction du commissariat de police de Molyko pour se réfugier. Ce qui va aiguiser à nouveau la révolte des populations locales et va déboucher sur une chasse aux Equato-guinéens. Les populations vont même assaillir le commissariat pour demander qu’on leur livre les Equato-guinéens, en vain. “ Pour nous, cette attitude des Equato-guinéens dénotaient de la réalité sur le terrain. Elle visait à discréditer les populations de Buea. Puisque le calme était revenu dans les mini-cités où les éléments des forces de l’ordre étaient en patrouille pour éviter tout débordement ”, témoignent certains habitants de Molyko.
C’est ainsi qu’aux environs d’une heure du matin, une centaine d’Equato-guinéens seront convoyés à Douala. Une cinquantaine d’autres Equato-guinéens vont sereinement rebrousser chemin estimant qu’ils ne se sentaient pas en danger. Toutefois, tous ont passé la journée de vendredi enfermée dans leurs chambres ou dans les chambres de leurs copains et copines.
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