CUD : Bilan des chantiers
Après un arrêt des chantiers et les désagréments, les travaux ont repris
1- Etat des lieux des chantiers
La ville de Douala est transformée depuis douze mois en un vaste chantier avec les travaux d’aménagement de la voirie urbaine. « L’état des lieux de la voirie urbaine à l’arrivée de Fritz Ntoné Ntoné à la tête de la communauté urbaine de Douala était désastreuse», lance un agent technique de la Cud. La réalisation de ses opérations de remise à niveau de l’ensemble des infrastructures fortement dégradées y compris celle en faveur de l’assainissement vise de réduire particulièrement l’insalubrité et les risques d’inondations souvent meurtrière. L’essor et le plein épanouissement de la ville de Douala en dépendent. Car, les conditions de circulation et l’assainissement des quartiers devraient considérablement s’améliorer. Seulement, après l’euphorie des populations, les grincements de dents se font de plus en plus entendre devant la lenteur dans l’exécution des travaux. Mais, il y a aussi la faible qualité des travaux réalisés par certains entrepreneurs. Constant fait lors des réunions d’évaluation du 2 juillet et du 12 septembre derniers. Le bilan de l’avancement des travaux des travaux de la deuxième session du comité de pilotage du contrat de ville couplée à la quatrième session du comité de suivi du projet d’infrastructure de Douala (Pid) du 2 juillet 2007, avait révélé des goulots d’étranglement. Au final, les parties prenantes étaient unanimes que l’état des lieux n’était pas les plus reluisant.
Surtout que les différents chantiers se mettaient en arrêt de travaux pour une durée de quatre mois. Entraînant un retard considérable dans les délais. Les raisons évoquées étaient les conditions climatiques peu favorables avec la saison de pluie qui devrait s’étendre de juillet à octobre. Parmi les cas patents, il y avait la construction d’un giratoire dénivelé en lieu et place du pont Joss. « Les travaux accusaient un retard considérable par rapport au chronogramme initiale, d’autant qu’il devaient être achevés en mai 2007 », remarquait Colbert Tchatat. La situation loin d’être améliorée cinq mois plus tard. Mais aussi, il y a la qualité des travaux sur le tronçon Ndokoti – PK5. Des travaux repris après avoir suscité les revendications bruyantes des populations. A ce tableau s’ajoute la dégradation des nouveaux chantiers de revêtement de la chaussée dans certaines rues, à l’instar de celle de allant de la direction Orange Cameroun – Beach. Toute choses qui suscitent de graves interrogations sur le rôle véritable des missions de contrôle.
La seule note de satisfaction est venue la China Road Bridge Cameroon (Crbc). Leurs chantiers ont été réceptionnés et ce avant le délai contractuel. «Nos sincères remerciements ainsi que nos chaleureuses félicitations à nos amis chinois qui font du grand génie de leur peuple et qui ont démontré à la fac du monde que la coopération Sud-Sud était désormais une réalité effective », témoignait Fritz Ntoné Ntoné. Car, cela avait permis à la Cud de faire des bénéfices qui ont permis de financer l’entretien curatif d’autres axes de la voirie.
2- Des chantiers hypothétiques
Depuis le début du mois de novembre, les chantiers ont repris de plus belle dans la ville de Douala. A la Communauté urbaine, la direction des grands travaux et la direction de l’urbanisme et de la construction ont lancé une centaine de chantiers. Dans les domaines de l’entretien curatif de certaines routes revêtues, des entretiens des routes en terre, des travaux d’aménagement des rues en pavés, des travaux d’aménagement des paysagers et des travaux de construction et réhabilitations des infrastructures immobilières. Le tout coiffé par les grands travaux de réhabilitation et d’aménagement des rues précédemment mis aux arrêts. C’est le cas de la route Déido- Bassa, de la rue Sylvani, et de la rue Franqueville. Trois grands travaux exécutés par l’entreprise Buns/Mag pour un délai d’exécution de douze mois à partir de janvier 2007.
A deux mois de l’expiration du délai, les populations grognent devant ce qu’elles considèrent comme un énorme retard dans l’exécution de ces travaux. Ce qui n’est pas l’avis des techniciens de la Cud et de l’entreprise exécutante. «Le retard n’est pas dans la progression des travaux pas dans le délai d’exécution. Il faut attendre la date butoir du délai contractuel pour constater le retard. Mais au stade actuel le niveau d’exécution est très appréciable», souligne un ingénieur de la Cud. Pourtant, si à la Cud on annonce la fin la livraison pour janvier prochain. À Buns/Mag, le tableau d’exécution du chantier prévoit la fin des travaux pour avril 2008. Soit quatre mois plus tard en compensation à l’arrêt des travaux dû à la saison de pluie. Au chapelet des récriminations s’ajoute la problématique sur la qualité des travaux exécutés. En comparant aux techniques de travail de la Crbc, et s’appuyant sur le matériel utilisé, les populations restent très dubitatives sur la finalité des ouvrages. « Lorsqu’une entreprise utilise un matériel rudimentaire, tourne le béton à la main quel résultat pouvez-vous attendre ? Cela pose le problème de technicité. Et même des respects des normes », lance un habitant qui croit s’y connaître. Et un autre d’ajouter « Il ne peuvent pas bloquer tout le tronçon ainsi, perturbant les populations de plusieurs localités. Il devrait travailler en saucissonnant les travaux sur un tronçon de 4,4 km. »
A la communauté urbaine de Douala, maître d’ouvrage, on ne partage pas la même inquiétude. « L’essentiel a été fait. Il n’est pas possible en ce moment de passer à la pose du goudron, car, avec les eaux de pluie les sols sont saturés et ne permettraient pas d’obtenir un ouvrage de qualité et résistant », soutien un ingénieur chargé du suivi des chantiers à la Cud. A la Buns/Mag, les responsables se sont refusés à toute déclaration, évoquant la clause contractuelle contenu dans l’article 50 de la convention liant les deux parties. Dans laquelle, il est stipulé que l’entrepreneur est interdit de toute déclaration à la presse. Toutefois, à la Buns/Mag on rassure sur le respect des délais et la qualité du travail. On espère que les différentes entreprises, recrutées par la Cud pour assurer la mission de contrôle et qui encaissent 453.401.665 Fcfa dans l’enveloppe global des trois chantiers, veilleront la qualité de l’ouvrage. Aussi bien pendant les travaux qu’à la fin.
3- Les chantiers à venir
Pendant que les populations de certains quartiers tels que Ndogbong, Hôpital général, Kotto, hôpital Bonasama, Kassalafam, Bonamoussadi, Camp Yabassi, Mabanda, Sodiko, Bojongo, Ndobo, Bonendalé, Bonamatoumbe Logbessou, Bependa sont heureuses de voir les travaux d’entretien des routes en terre et d’entretient curatif des routes revêtues engagés. Des travaux qui laissent certaines personnes dubitatives. « On ajoute du goudron sur du goudron on dit qu’on répare la route, après on sera étonné que cela ne dure pas. Ce sont des méthodes bien connues pour distraire les budgets et donner des marchés aux entreprises sous-marines», lance un automobiliste. Facile ! « L’entretien curatif d’une route consiste au renforcement de la chaussée afin de prolonger la durée de vie et éviter une dégradation totale d’autant quelle présentait déjà un état de fatigue certain. C’est une mesure préventive qu’on prend lorsqu’on n’a pas le budget nécessaire pour la réhabilitation et l’aménagement des routes. Le temps de prendre quelques années pour rechercher des financements », souligne un ingénieur de la Cud.
Pendant ce temps, les travaux de la réhabilitation et l’aménagement des routes de liaisons Ndokoti – Ccc – Saint Michel, Carrefour Nyalla – Yassa (Axe lourd), BP Cité – Ndokoti, l’ancienne route Bonabéri, la douche municipale, l’avenue Ahmadou Ahidjo,… la liste est loin d’être exhaustive, ne sont toujours pas concernés. Pourtant, les avis sont unanimes sur l’urgence, car, ils donnent un visage hideux à la ville de Douala. Fiancés par le Contrat désendettement et développement (C2d), ils devront encore attendre que le processus de mise à disposition du crédit d’investissement aboutisse. Surtout que le premier appel d’offre, attribué à l’entreprise Koop a été déclaré infructueuse devant l’opposition de l’agence française de développement. Il en va de même pour les travaux de la tranche prioritaire du schéma directeur d’assainissement des quartiers New-Bell, Kondi, Mboppi, Tongo-Bassa, Besseké dont le premier appel d’offre a été aussi déclaré infructueux.
Mathieu Nathanaël NJOG
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