Archidiocèse de Douala
Dans le sillage de la succession de l’Archevêque de Douala, le Saint-Siège vient de dévoiler le nom de l’Archevêque coadjuteur.
Le nom de l’Archevêque coadjuteur de l’archidiocèse de Douala a été dévoilé samedi 3 novembre 2007. Mgr Samuel Kleda, précédemment évêque de Batouri a été choisi par le Saint-Siège. L’annonce a été faite par le Cardinal Christian Tumi. Il a l’obligation de rejoindre son poste dans un délai de trois mois. Au cas contraire, le Saint-Siège sera informé de sa démission. Toutefois, il faudra encore attendre des semaines pour qu’il prenne fonction. Le temps que quelqu’un d’autre soit préparé pour prendra sa relève dans le diocèse qu’il quitte. C’est la salle de fête, toute flambante neuve de la cathédrale qui a servi de cadre à cette cérémonie d’annonce. La cérémonie était très courue par la communauté catholique. Le suspens était entretenu depuis le 31 octobre dernier lorsque le Cardinal Tumi confirme la nouvelle qu’il a ventilée quarante huit heures plus tôt. « La nouvelle sera sous embargo jusqu’à demain samedi le 3 novembre à 12 heures, quand elle sera publiée au Vatican dans le journal officiel du Saint-Siège et simultanément au clergé ainsi qu’au fidèles laïcs des diocèses concernés », prescrivait Mgr Antonio Ariotti, Nonce Apostolique dans une correspondance adressée aux responsables des deux diocèses concernés le 31 octobre 2007.
Dès les premières heures de la matinée, une horde de chrétiens, très impatiente de découvrir le nom de l’heureux élu prenne d’assaut la cathédrale de Douala. Comme l’attente de la fumée blanche, désignant l’élection du Pape, les regards étaient portés vers la chancellerie à l’attente impatiente de voir sortir Son imminence Christian cardinal Tumi, archevêque de Douala où furetant pour dénicher une quelconque indiscrétion qui pourrait dévoiler le nom de l’heureux élu. Il fallu attendre 12 heures très précises pour voir le maître des céans arrivé dans une procession accompagnée de ses plus proches collaborateurs. Immédiatement installé, il va dévoiler le nom de l’archevêque coadjuteur. C’est la liesse générale, mais on peut aussi lire sur le visage de certains chrétiens la surprise et même un peu de déception. Le jeu de questions et réponses auquel le Cardinal Tumi accepte de se soumettre en témoigne. Les fidèles et les journalistes posent toutes les questions, les premiers pour exprimer leurs inquiétudes et les seconds pour comprendre.
Le filleul
On apprendra que chaque trois ans, les évêques envoient à Rome trois à cinq noms parmi les prêtres en exercice, ceux qui peuvent postuler à la charge d’évêque. Ces noms ne sont que des propositions, et le Saint-Siège ouvre sur ces personnes une enquête de moralité minutieuse. Les consultations sont ouvertes à toutes les personnes laïques et du clergé susceptible de donner un élément d’appréciation. « Personne n’a un avis prépondérant, même pas le cardinal», précise Mgr Christian Tumi. Cela a été le cas pour la nomination de l’archevêque coadjuteur. « Pour ce cas précis, cela a fait l’objet de plusieurs enquêtes. Nous avons été interpellés à plusieurs reprises pour donner un avis, des précisions et des compléments d’informations», dira Mgr Christian Tumi. Cela est loin de convaincre les irréductibles qui soupçonnent le Cardinal Tumi d’avoir positionné un de ses filleuls qu’il a eu a encadré lors de sa pastorale à Yagoua.
Quant à son véritable rôle, comme coadjuteur, il précisera qu’il est le seul à avoir pouvoir de signature, « mais cela ne va pas durer longtemps », insiste-t-il. Tout en rappelant que Mgr Samuel Kelda ne saurait se confondre à celui d’un évêque auxiliaire, encore mois d’un vicaire général. « Un évêque auxiliaire assiste l’évêque et ne peut prétendre à la succession. En revanche l’archevêque coadjuteur est le candidat à la succession de l’archevêque », clarifie le cardinal Tumi. C’est alors qu’il précise que s’il lui arrive d’être invalide dans les prochains jours, « automatiquement, il cesse d’être adjudicateur pour devenir l’archevêque titulaire. » Toutefois pour ce qui est de la fonction de cardinal, il précisera qu’on ne remplace pas un cardinal, la fonction étant personnelle.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le messager du 5/11/2007
Focal
Un bororo à la cathédrale de Douala
L’archidiocèse de Douala est très exigeant, car il y a beaucoup à faire. Mais, les observateurs évoquent l’argument tribal comme un obstacle à sa mission pastoral. « Dans l’église catholique, tout chrétien est chez lui là où il se trouve. Il va s’imprégner peu à peu. Cela ne saurait être difficile, il connaît l’essentiel de l’église catholique. Il est un apôtre, à ce titre il est appelé à servir partout pour porter la bonne nouvelle », souligne Mgr Christian Tumi. Mgr Samuel Kleda n’est pas tout à fait un inconnu de l’archidiocèse de Douala. En mars dernier, il avait séjourné à Douala où il a affait solliciter une messe spéciale à la Cathédral St Paul de Nylon pour collecter de l’aide devant servir à la construction son diocèse. Il avait récolté un peu plus de 2 millions Fcfa.
A 48 ans, Mgr Samuel Kleda a 21 ans de service pastoral. Le vice-président de la conférence Episcopale du Cameroun (Cenc) est né en 1959 à Golompwy en pays Toupouri, district de Doukoula, département de Mayo-Danay, province de l’Extrême-Nord, alors diocèse de Garoua. Il est ordonné prêtre le 9 mars 1986 à la paroisse de Golompwy. Après son ordination sacerdotale, il est successivement Aumônier au lycée de Kaélé et Vicaire Paroissial de 1986 à 1988 ; puis recteur du Petit séminaire Saint Paul de Guider de 1988 à 1994. D’octobre 194 à juillet 198, il est admis en spécialisation à l’institut Pontifical Biblique de Rome où il obtient la licence en écritures Saintes. A son retour, il est professeur permanent au grand séminaire provincial « Saint Augustin » de Maroua. Et le 7 décembre 200, il est nommé Evêque de Batouri par le Pape Jean Paul II, en remplacement de Mgr Roger Pirenne, nommé Archevêque de Bertoua. Il reçoit l’ordination épiscopale le 18 février 2001 à Batouri. Le 3 novembre 2007, Sa sainteté le Pape Benoît XVI le nomme Archevêque coadjuteur de Douala. Par ailleurs sur le national, il est président de la sous-commission pour la vie consacrée et les Noviciats et vice-président de la commission pour les affaire économiques et financières.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le messager du 5/11/2007
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