Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /2007 23:03

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Marylène une élève en partance pour l'école

Education de base Littoral

 

L’éducation de base dans cette province est confrontée à d’énormes difficultés.

 

1- Une rentrée peu courue

 

Les élèves ont repris le chemin des classes depuis deux semaines. A la première semaine de la rentrée scolaire 2007, ce n’était pas la grande affluence. La précarité des parents serait la cause première de cette situation. Lors de sa tournée dans les écoles de la province, Daniel Mongue, délégué provincial du Minedub pour le Littoral a été outré par cette faible affluence des premiers jours. Au point de lancer un appel aux parents qui traînaient encore le pas faute de moyens. “ Les frais d’Ape (Association des parents d’élèves) ne peuvent être obligatoires, et ne peuvent être une condition exigible pour l’accès des élèves à l’école, même si nous saluons, leur apport”, a-t-il rappelé. Et de préciser que l’inscription dans les écoles publiques est gratuite et les frais d’Ape facultatives.

Lors de cette descente sur le terrain, il a remonté les bretelles à certains directeurs. La patronne de l’école publique bilingue de la Cité des palmiers, qui s’entêtait à exiger les frais de l’Ape, en a eu pour son grade. Elle brandissait le souci pour l’Ape de résoudre l’épineux problème de manque de salles de classe. “ L’école publique bilingue de la Cité des palmiers accuse un déficit d’accueil, mais cela ne saurait rendre exigible les frais d’Ape. Même en cours d’année scolaire, les parents peuvent se réunir et faire l’état des besoins de leur école afin d’arrêter en commun accord l’apport de chaque parent ”, prescrivait-t-il sur les antennes de la Crtv-Littoral.

 

2- Notion de gratuité de l’école

Si dans les établissements privés, les frais d’inscription sont obligatoires, dans les écoles publiques, la notion de gratuité reste bien ambiguë. “ “ La gratuité concerne uniquement l’inscription, pas les autres accessoires ”, indique Diwouta Mbengue, délégué départemental de l’Education de base du Moungo. Les directeurs d’écoles ont toujours eu du mal à assimiler la leçon.

Les parents dénoncent les subterfuges qu’utilisaient les directeurs d’école, en complicité avec les responsables des Associations des parents d’élèves, pour arnaquer les familles. “ Il fallait payer une batterie de petits accessoires qui finissent par coûter plus cher. Ape, 2.500 à 5.000 Fcfa ; rame de papier, 2500 Fcfa ; tenue 5.000 Fcfa la pièce; papier hygiénique, 1.000 Fcfa ; le carnet de notes, 1.000 Fcfa ; l’écusson, 500 Fcfa la pièce. Sans oublier qu’il faudra au cours de l’année scolaire, engraisser la patte du maître ou de la maîtresse pour un meilleur suivi de votre enfant et s’acquitter de 500 Fcfa pour l’organisation des séquences ”, récapitule M. Fouda, parent d’élève de l’un des groupes des écoles publiques de Déido.

Une pratique que dénoncent les responsables départementaux et provinciaux de l’Education de base. Toutefois, ils reconnaissent l’importance des Ape, même s’ils réaffirment que son paiement reste délibéré. “ L’Ape n’est pas obligatoire, mais il est nécessaire dans le contexte qui est le nôtre. Une bonne gestion des fonds collectés a démontré en plusieurs points qu’elle était un appui incontournable dans la notion de la communauté éducative. Notamment dans son implication à l’amélioration des conditions de travail des élèves et des maîtres ”, reconnaît Diwouta Mbengue.

L’éclatement en 2005 de l’ancien ministère de l’Education en deux ministères distincts a donné jour au ministère des Enseignements secondaires (Minsec) et au ministère de l’Education de base (Minedub). A ce titre, le ministère de l’Education de base veut traduire la politique éducative du gouvernement. Notamment, la gratuité de l’école prescrite par le chef de l’Etat et la scolarisation des enfants et surtout des couches défavorisées dans le contexte de crise économique que traverse le Cameroun. Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les responsables du ministère de l’Education de base ne montrent pas une détermination à rendre cette politique concrète. Les handicapés et les enfants issus des familles défavorisées ont du mal à trouver une place dans les établissements d’enseignement public. “ C’est vrai que notre mission est de descendre dans la rue pour faciliter la scolarisation de tous ces enfants qui ne vont pas à l’école parce que les parents ne sont pas capables de le faire ”, confesse un responsable de l’éducation de base.

 

3- Les problèmes de l’école

Conséquence : l’effet escompté par la gratuité de l’école a produit un effet contraire dans les différents départements. “ On note une chute de la population éducative”, reconnaissent les délégués départementaux, à l’exception du Wouri. Mais le taux de sous-scolarisation dans l’arrondissement de Douala VIe reste très important. L’arrondissement est constitué de 51 campements ou îlots distants les uns des autres et accessibles simplement par la mer. Les chefs des différents campements déplorent que seule moins d’une dizaine compte des écoles et très souvent à cycle incomplet.

Tous ces problèmes ont été débattus lors de la sectorielle de l’éducation de base pour le Littoral, tenue vendredi 31 août dernier. Les travaux ont permis de réfléchir sur les stratégies de rémédiation aux entraves rencontrées au courant de l’année scolaire précédente pour un meilleur rendement de l’éducation de base pendant l’année scolaire 2007-2008.

L’énorme déficit du personnel et la rémunération à tête chercheuse du personnel contractualisé ont fait l’objet de la principale préoccupation. Dans le Moungo, les besoins sont évalués à près de six cents (600) enseignants. Une situation criarde dans l’ensemble des zones rurales où on retrouve très souvent un directeur-maître pour toutes les classes. On peut citer entre autres les écoles publiques de Bokambo et Bakom dans le Moungo. Dans le département du Nkam, la situation est encore plus accentuée. Alors qu’en ville, à l’instar de l’école publique Petit Joss, on dénombre treize maîtres pour huit salles de classe. Ce qui pose la question de la répartition équitable du personnel. “ Chaque année, on procède à l’harmonisation du personnel en fonction du besoin exprimé par les inspecteurs d’arrondissement ”, précise Mme Wafo, chef service provincial du personnel. “ Le problème de la répartition du personnel est aussi lié aux nouvelles créations d’établissements ”, ajoute-t-elle. A la délégation provinciale, on espère combler autant qu’on le peut ce problème avec les 550 contractuels affectés dans le Littoral et issus de la nouvelle vague des 5.500 dernières contractualisations. Mais le gros du problème reste la rémunération. “ Il y a encore un groupe d’enseignants contractualisés et intégrés en 2004, qui n’est toujours pas pris en solde. Il y a des requêtes diligentes vers la hiérarchie à cet effet qui sont jusqu’à ce jour sans réponse ”, déplorent les délégués départementaux.

 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le Messager du 19-09-2007

Par Njognath - Publié dans : Société
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