Camp Sic Bassa
espace vert occupé de manière anarchique
Le patrimoine immobilier de la Société immobilière du Cameroun a été bradé au détriment des habitants. Ras-le bol à la Cité-sic.
Depuis 2000, les habitants de la Cité-sic Bassa ont vu leur cadre de vie se détériorer avec une célérité révoltante. Les espaces verts, les aires d’aération servant de terrain de jeu et de parking, ont été vendus aux particuliers en violation des normes et des textes de la Société immobilière du Cameroun (Sic). Les règlements de la Sic en son article 8 alinéa 1 prescrivent que “ les jardins sont exclusivement d’agrément et ne peuvent être utilisés [même pas] pour des cultures partagées à l’exception de la partie située à l’arrière des maisons. ”
Les servitudes des habitats ne sont pas en reste, puisque fermées et rendant l’accès des domiciles difficiles. A cela sont venus s’ajouter de réels problèmes d’environnement. Pourtant les textes de la Sic en leur article 15, indiquent qu’il est interdit d’édifier des constructions sur les servitudes afin de permettre les réparations et interventions éventuelles. Les habitants de la Cité-Sic avec en tête de file, le chef de quartier de la Cité-Sic, Mme Yvonne Njapduke épouse Ngen et l’association des jeunes présidée par Lydie Beng, sont montés au créneau pour dénoncer le phénomène. Ils ont saisi toutes les administrations compétentes (direction générale de la Sic, Communauté urbaine de Douala, mairie de Douala Vè, ministres de la Ville, de l’Urbanisme et de l’habitat, de l’Environnement et des forêts et le Premier ministre) pour qu’une solution urgente soit trouvée.
Malgré les descentes sur le terrain des services relevant de ces administrations, et les rapports alarmants, les acquéreurs de ces espaces verts ont élevé impunément des immeubles à ces endroits. Ils continuent dans leur propension à l’occupation anarchique de ses espaces. “ Pendant une semaine nous avions parcouru la cité et constaté ce que nous avions appelé catastrophe ”, peut-on lire dans le rapport des services compétents de l’ex-ministère de l’Environnement et des forêts. Avant de conclure : “ Les terrains de sport et loisirs, et surtout des espaces verts qui aujourd’hui se présenteraient comme un malade agonisant nécessitent l’intervention des autorités de manière immédiate. Car, le temps est très court pour arrêter la destruction de ce beau quartier, la Cité-sic par l’occupation anarchique et la vente des espaces verts. ”
Ntoné Ntoné met fin à ce désordre
Il a fallu attendre l’intervention du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala pour que les habitants gardent espoir. “J’ai le regret de vous faire savoir que, l’instruction de votre dossier de demande de permis de construire est suspendue et celui-ci ne pourra pas vous être accordé ”, écrit Fritz Ntoné Ntoné, à l’intention de M. Avicenne Pesseu Pesseu dans une correspondance adressée le 10 août dernier. Ce même jour, le délégué du gouvernement a adressé au concerné une deuxième lettre. “ Il m’a été donné de constater que vous avez construit une maison et entrepris sans autorisation des travaux de construction d’une clôture en matériaux définitifs aux camps Cité-Sic Bassa… Je vous demande d’arrêter immédiatement tous les travaux…”
Cette réaction du délégué du gouvernement révèle que ces constructions sont faits sans permis de bâtir. Les conséquences de cette occupation anarchique sont énormes. Notamment la menace de disparition des bouches d’incendie et des égouts. Ce qui provoque de plus en plus dans ces camps sic une insalubrité remarquable.
Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 12-09-2007
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