Mercredi 5 septembre 2007 3 05 /09 /2007 19:14

CUD / Mairies D’Arrondissement

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Salle Tobbie Kouoh les exécutifs des mairies et de la Cud 


Mise en place d’une plate-forme

 

Le délégué du gouvernement est allé à la rencontre des exécutifs communaux nouvellement élus. Cette rencontre vise à aplanir les divergences et les appréhensions sur les rapports à entretenir. D’où la mise en place d’une plate-forme de collaboration.

 

1- Les yeux doux de Ntonè Ntonè

L’initiative est salutaire, mais les maires restent sceptiques sur la forme de collaboration, malgré le manifeste de bonne intention de Fritz Ntonè Ntonè. “ La plate-forme est bien, mais il faut qu’elle s’appuie sur les bases solides de la loi qui régit les communes. Au sortir d’ici, mes collaborateurs et moi allons vous faire parvenir nos propositions, notamment pour ce qui est de notre plan de campagne et de la dotation générale de fonctionnement (Dgf)”, réagit John Kumase, maire Sdf de Douala IVe. La pomme de discorde reste l’harmonisation des priorités dans les actions à mener. Pour les maires, ils ont été élus sur la base d’un plan d’action. “ Vous nous reprochez de privilégier les réalisations politiciennes, mais n’oubliez pas que nous sommes de politiciens à la base de notre élection ”, poursuit John Kumase. “ Nous avons des engagements vis-à-vis de nos électeurs que nous devons respecter. Ce que ne semble pas intégrer la Communauté urbaine ”, susurre un adjoint de maire. En revanche, les maires estiment que le délégué du gouvernement a été nommé. “ Certes, mais pour appliquer la politique gouvernementale des grandes ambitions en matière d’habitat et de l’urbanisation ”, réplique un cadre de la Cud.

En effet, depuis l’avènement de la Communauté urbaine, les mairies d’arrondissement y voient un rival qui obstrue leur fonctionnement du fait de son rôle de mère poule. Puisque pourvoyeuse de la dotation générale de fonctionnement. Par ricochet, les maires considèrent le délégué du gouvernement comme un sérieux concurrent qui leur fait dangereusement ombrage, parce que marchant sur leurs plates-bandes. Cette relation conflictuelle ne date pas avec l’arrivée de Fritz Ntonè Ntonè, il y a onze mois à la tête de la communauté urbaine de Douala. Mais lui non plus n’a pas échappé à ces récriminations en dépit des efforts déployés depuis sa prise de fonction pour harmoniser ces rapports. On peut ainsi citer l’harmonisation du principal point d’achoppement entre le délégué et les maires, la mise à disposition des Dgf de manière régulière et dans les délais prescrits, en respect à l’orthodoxie financière. Ce qui n’était pas le cas de ses prédécesseurs qui les libérait à la tête du client. Conséquence, plusieurs mairies réclament encore des arriérés à la Cud qui les éponge progressivement.

 

2- Le mea-culpa

Pour autant, l’activisme du délégué du gouvernement avec les journées citoyennes de propreté (Jcp), les actions de lutte contre le désordre urbain et les chantiers entamés tous azimuts dans les différentes communes sans associer les communes d’arrondissement territorialement compétentes ou alors boudés par les différents exécutifs communaux qui ne se sentaient en rien concernés, n’était pas un climat pouvant assurer la réussite de ces opérations. Conscient de cette situation et sentant le climat dégénérer malgré le renouvellement des exécutifs communaux, Fritz Ntonè Ntonè a opté pour la carte de l’apaisement dans les rapports. “Nos préoccupations ne sont pas les mêmes. Sur la définition de nos activités, on n’a pas les mêmes points de vue. Cela n’est pas de nature à permettre un travail efficace. Cette concertation que je souhaite pérenne doit réguler les activités dans la cité pour éviter la cacophonie et les dissonances entre les activités des maires et celles du délégué ”, précise Frite Ntonè Ntonè, plantant le décor de la plate-forme de collaboration. Il en veut pour preuve, les correspondances et contre correspondances de la Cud et la mairie de Douala IIIe adressées aux commerçants de Ndokotti au sujet de la taxe sur l’occupation anarchique du domaine public (Otvp). Ainsi que la fixation que le nouveau maire de Douala Ier, Jean-Jacques Lengue Malapa fait sur la construction d’un hôtel de ville. Priorité des priorités. Où encore, la dysharmonie observée dans les actions et la tenue des différences polices municipales.

C’est pour mettre fin à cette divergence criarde dans les rapports des mairies d’arrondissement et de la Communauté urbaine que les différents exécutifs ont consenti de rendre concret la plate-forme de collaboration que leur a proposé le délégué du gouvernement. Une plate-forme qui régit leur collaboration sans pour autant faire entorse à leurs rapports classiques. “ C’est une initiative qui arrive à point nommé pour nous permettre d’être plus forts ”, affirmera Mme François Foning (qui ne peut plus parler comme maire de Douala Ve puisque la Chambre administrative de la Cour suprême vient d’annuler les élections municipales dans cette circonscription électorale). Comme conséquence, elle va annihiler toutes les actions individuelles, il sera question de faire des identifications concertées des problèmes et de mener des combats communs pour ce qui est des opérations telles que le désordre urbain pour lesquels soixante-quinze (75) aspects de nuisances ont été recensés. Pour ce qui est des Jcp, considérées comme une activité de proximité qui demande l’implication étroite des maires pour réussir, il a été décidé d’une appropriation des mairies de cette opération, et une organisation rotative dans chacune des mairies d’arrondissement. Elle devra s’accompagner d’une formule d’émulation. De même qu’il est envisagé, la mise en place d’une brigade unique de la police municipale qui sera identique par la tenue et par la formation. “ Bonne initiative, mais nos attentes sont énormes entre les mairies et la Communauté urbaine. Il faut une franche collaboration et une symbiose entre les actions des maires et celles du délégué ”, indiquera Oumarou Fadil, maire de Douala IIIe.

Mme Foning, Lengue Malapa, denise Fampou et Kumase


3- Encore des récriminations

Pour formaliser cette plate-forme et la rendre concrète, quatre commissions mixtes ont été mises en place et composées des personnes ressources issues des services compétents de chaque mairie. Il s’agit des commissions institutionnelles, commissions spécialisées du désordre urbain, des journées citoyennes et du plan de campagne. Dès le lendemain, vendredi 31 août 2007, elles se sont mises à l’œuvre pour préparer les opérations à mener en prélude aux budgets 2008. Les assises de cette plate-forme ont une périodicité trimestrielle, soit quatre fois par ans. Et elles se tiendront en prélude du conseil de la communauté urbaine. “ La plate-forme doit apporter de l’oxygène aux mairies en vous permettant de faire des économies. D’autant plus qu’elle est plus fonctionnelle pour les mairies ”, soutient Ntonè Ntonè.

Toutefois, il reste des points d’ombre sur lesquels la plate-forme ne peut apporter des solutions concrètes, pourtant qui restent des points d’achoppement entre les mairies et la Communauté urbaine. Entre autres, il y’a la gestion des marchés. “ La communauté confisque les marchés les plus rentables et cèdent les autres aux mairies ”, relève Mme Françoise Foning. Par ailleurs, il y a la source des recettes et la répartition de la dotation générale de fonctionnement (Dgf) sur lesquelles les mairies pinaillent et se plaignent de les recevoir de la Cud comme de la pitance. “ Les mairies ayant six adjoints aux maires et soixante un conseiller ne peuvent pas percevoir la même Dgf comme les mairies de quarante-cinq conseillers, trente-deux ou vingt-cinq conseillers. Il est évident que nous avons plus de charges ”, s’offusque Mme Foning, maire sortant de Douala Ve.

En réponse, on apprendra que “ la Dgf est une subvention obligatoire que la Cud doit reverser aux mairies. Elle est régie par l'article 127 de la loi du 15 juillet 1987 portant création de la Communauté urbaine de Douala. Il n’a pas de mode de calcul ”, dira Michel Joachim Essama. Sa répartition est fixée par le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation. Elle est issue des ressources propres de la Cud. Ainsi, la répartition de la Dgf prend en compte les critères de superficie et de démographie. Depuis 2005, les communes d'arrondissement de Douala Ier, IIe, IIIe, IVe et Ve reçoivent une dotation générale de fonctionnement qui s'élève à 20 millions de Fcfa par mois. La commune d'arrondissement de Douala VIe (Manoka), pour sa part reçoit 12 millions Fcfa par mois. Rappelons que “ la Dgf allouée aux mairies est affectée aux objectifs qui lui sont assignés ”, insiste Ntonè Ntonè.

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le Messager du 05-09-2007

 

Par Njognath - Publié dans : Politique
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