Agriculture
La campagne cacaoyère a été ouverte récemment au Cameroun. Dans les zones de production, c’est le branle-bas.
La campagne cacaoyère 2007-2008 s’est ouverte depuis le 1er août 2007. Elle s’achève le 15 juillet 2008. La province du Sud-Ouest, à travers les départements de la Meme, du Ndian, du Koupe et Manengouba et de la Manyu, compte parmi les principaux producteurs de cette fève. Depuis quelques semaines, on observe dans ces circonscriptions administratives une effervescence. L’heure est au séchage des fèves. Chacun y va de sa technique. Tous les cultivateurs ou presque adorent le séchage solaire. Certains exploitent les devantures des maisons, les bordures de routes. D’autres se servent des fumoirs ou encore des greniers.
Les techniciens du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) dans le Sud-Ouest sont montés au créneau pour tirer la sonnette d’alarme. “ En cette période de récolte, on constate que les agriculteurs ne respectent toujours pas les techniques de séchage qui permettent de garantir une qualité qu’on peut aisément écouler sur le marché mondial. Surtout dans les techniques de conditionnement de cacao ”, déclare Francis L. Andonangcho, délégué provincial sortant de l’Agriculture et du développement rural.
Les inquiétudes des responsables du Minader sont fondées. La saison de récolte de cacao correspond à la saison pluvieuse. L’humidité est très élevée. Des conditions atmosphériques ne favorisent pas la meilleure conservation des fèves qu’il faut passer par le séchage. Les planteurs utilisent des pratiques peu recommandables pour sécher le cacao. A Mamfé, le séchage sur le bitume est adoré des planteurs. “ Car les gaz dégagés par les véhicules sont très dangereux, parce qu’ils affectent les fèves par les hydrocarbures ainsi dégagés ”, indiquent les techniciens.
Certains pratiquent le séchage au grenier afin de bénéficier des effets de la fumée générée par la combustion du bois ou de déchets variés. “ Certes, ce type de séchage conduit à un produit fini de teneur en eau suffisamment basse, mais il pose en revanche un problème de qualité due à une forte teneur en acide acétique et à un goût de fumée dont le cacao sensible.” La fumée, quelle que soit son origine, dégrade la qualité du cacao. Sur le terrain, la situation a atteint la cote d’alerte. Les responsables du Minader de la province du Sud-Ouest évoquent aussi le discrédit sur l’image du label cacao du pays. “ Le séchage comme la fermentation joue sur les arômes du cacao. De la qualité dépend le prix et seule la qualité garantit une bonne vente ”, précise M. Nyemeck, ingénieur en agronome.
Dans le Sud-Ouest, des efforts jusqu’ici faits pour améliorer les techniques de séchage des fèves restent insuffisantes. L’Union européenne avait octroyé 2500 séchoirs samoines. Or, la demande était de 9000. Malgré ce gap, les planteurs utilisent les séchoirs samoines, même par emprunt. Il permet une bonne conservation des fèves et évite au cacao d’être affecté par la fumée. Dans la province du Sud-Ouest, on est préoccupé à la recherche d’autres financements pour satisfaire la demande.
Dans les années précédentes, on a enregistré ainsi une perte considérable tant sur la quantité que sur la qualité du produit séché. Le cacao camerounais avait alors connu une décote permanente au lendemain de la libéralisation. Aujourd’hui, la filière semble reprendre du poil de la bête.
Par Mathieu Nathanaël NJOG.
Le Messager du 08-08-2007
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