Obsèques
La famille Masuke doublement éprouvées. Elle a enterré deux de ses filles samedi 25 mai à Dibombari.
Le village Dibombari, chef-lieu de l’arrondissement éponyme a connu une affluence comme jamais elle n’a enregistré avec en prime un importable flux de grosses cylindrés. Un défilé devant lequel les habitants sont restés languir. Tout ce beau monde venait rendre un dernier hommage à deux dignes dames, valeureuses élites de cette localité dont les populations, il y a encore peu s’enorgueillissaient encore. Au point qu’ils y avaient encore à parler de Mme Ayangma née Masuke Ruth, 48 ans comme étant Directeur administratif et financier de la Société brassicole Guinness Cameroon S.A. pourtant qu’elle avait quitté depuis l’année dernière. Et pas des moindres de sa sœur aîné Mlle Jeanne Masuke Esson, 59 ans expert comptable de profession.
Ces deux sœurs Masuke d’une famille de huit enfants, trois garçons et cinq filles, en dépit de l’écart d’âge, neuf ans qui n’en faisait pas des personnes d’une même génération étaient des inséparables. Au-delà du lien du sang, elles s’étaient vouées une amitié, une intimité et un amour sans autres pareils. Encore célibataires, elles construisent une maison à Bonaberi où elles vivent ensemble. Lorsque le magna de l’assurance, Portait Ayangma s’entiche de la petite soeur, Ruth Masuke qu’il conduit jusqu’à devant le maire, ce n’est pas seulement l’heureuse élue qu’il ramène sous son toit mais les deux sœurs. Lorsque Mme Ayangma quitte la Guinness Cameroon S.A. l’année dernière, les deux sœurs, férues de la finance montent une structure financière. Elle n’aura pas eu le temps de prospérer que la mort dans une lâcheté dont elle détient seule le secret, est venue les happer à l’affection des siens sur cette dévorante et insatiable axe lourd Douala-Yaoundé. Le 3 mai 2007 de suite d’un accident de circulation alors qu’elles revenaient de Yaoundé où elles étaient allées réconforter la veuve du Général Yakana.
Pendant le service religieux, le révérend pasteur André Moussanga Epée a fustigé le laxisme du régime actuel. Faisant remarquer que l’axe Douala-Yaoundé a vingt d’ans d’existence et depuis longtemps est devenu trop étroite pour continuer à supporter ce trafic de plus en plus dense. Mais surtout où des automobilistes continuent à circuler à tombeau ouvert, au mépris des règles élémentaires de conduite et souvent avec des permis en bois obtenus par des voies peu orthodoxes. Tout ceci sous le nez et la barbe des éléments des forces de maintient de l’ordre plus prompt à se mettre plein les poches qu’à réprimer les contrevenants. Va-t-il déplorer. Il regrettera que depuis que cet axe lourd fait des ravages l’Etat n’est toujours pas parvenu a mettre en application toutes ses promesses fallacieuses pour limiter les accidents. Notamment l’installation des radars, un projet que le gouvernement ne son temps a accompagné d’un ramdam médiatique sans précédent et comme plusieurs autres est enseveli dans les tiroirs poussiéreux des décideurs. Pour l’homme d’église, il ne fait plus de doute que cet axe-lourd est dépassé et devrait voir depuis belle lurette la construction d’un boulevard d’un deux fois deux voies à sens unique. Et de se demander « Combien de morts pour que nos gouvernants prennent définitivement leur responsabilité ? » certainement lorsqu’ils seront aussi concernés par ces morts conclura-t-il.
Au domicile du père Daniel Masuke, 96 ans et encore sur ses deux jambes, sis au quartier centre administratif, la consternation, la compassion et constriction étaient immenses. Les membres du gouvernements Njoh Mouelle, Etame Massoma pour ne citer que ceux-là, les autorités administratives conduit par le gouverneur de la province du Littoral, Gounouko Haounaye, les opérateurs économiques étaient nombreux à venir soutenir Portait Ayangma gendre de cette famille et dont le cercueil de l’épouse composait le linceul, mais aussi David Masuke Bilé, le directeur général de Aes Sonel frère aîné des deux sœurs et les autorités traditionnelles du Ngondo, du Moungo et du Sud-Ouest étaient aux côtés du Chef supérieur Sa majesté Toto Bekombo de Dibombari. Sans oublier les élites de la localité à l’instar du Pr. Monekosso Godlieth, les membres de la grande famille Eloso Eloso concernée au premier chef, les amis et connaissances.
Mathieu Nathanaël NJOG
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