Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /2007 13:05

Les sapeurs-pompiers ont réalisé de grandes trouvailles lors de cette huitième journée de recherches.

 

Sept nouveaux fragments de corps ont été retrouvés dans la forêt à la suite d'une intense battue orchestrée par les sapeurs-pompiers. Portant à 151 le nombre de restes de corps des victimes du crash du vol KQ 507 survenu dans la nuit de vendredi 4 au samedi 5 mai 2007. La mangrove est loin d'avoir livré tous les décombres issus de cette catastrophe aérienne. Le ratissage des secouristes ce lundi 14 mai a aussi permis de retrouver la balise de détresse. Cette pièce qui suscite une grande controverse. Son mauvais fonctionnement est à l'origine du retard enregistré dans la découverte tardive de l'épave. D'où dans la polémique survenue après l'orientation des recherches à 150 km dans la ville de Mvengue. Avec cette découverte, les experts sont finalement fixés sur l'état de non-fonctionnement de cette balise de détresse. Car elle a été retrouvée coupée en deux.

 

Autre trouvaille importante : la check-list du pilote. Une sorte de fiche technique de vol que rédige le pilote, après le décollage et pendant la navigation. En attendant que l'on procède au décryptage de ces deux éléments, les experts en aéronautique doutent d'apprendre des révélations de cette fly data recorder du pilote. Certains avis estiment qu'au regard du temps émis avant le crash, le pilote n'aurait pas eu le temps nécessaire pour rédiger cette check-list. Les regards restent fixés sur la carlingue. Certains la disent toujours bloquée dans le cratère ouvert par la chute de l'avion. D'autres ont déjà déchanté. La grande partie du cockpit ayant été retrouvée sur le flanc sud du cratère ouvert par l'impact de la chute du Boeing 737-800 à son contact avec le sol. Depuis le jeudi 10 mai, les sapeurs pompiers ont réussi, après une opération d'évacuation d'eau, de repérer les deux réacteurs de l'avion écrasé dans la mangrove de Mbanga Pongo. Ils sont enfouis à quatre mètres du sol dans ce lac de cratère. Depuis lors, aucune opération de retrait n'a été engagée. On parle d'un manque de matériel adéquat des équipes de sapeurs-pompiers. Mais aussi on attendait l'entrée d'un engin lourd (pelle-mécanique). Cela ne serait plus possible. L'entreprise chinoise des travaux publics, chinoise engagée pour créer la voie d'accès devant mener au lieu d'impact n'y parvient pas.

 

Pourtant, le retrait de ces moteurs est aussi déterminant dans la recherche des causes de ce crash. Les experts américains de Boeing et les experts de l'aéronautique camerounaise et kenyane sont dans l'expectative. Ils pensent même qu'en dessous de ces moteurs, on pourrait trouver la deuxième boîte noire. Celle sur laquelle reposent tous les espoirs. La première boîte noire retrouvée dès le premier jour des fouilles étant celle où les paramètres de navigation de l'avion sont contenus. " Elle peut donner la vitesse de l'avion et son altitude au moment du crash " précise Sama Ignatius, le Directeur de l'Autorité aéronautique. La deuxième boîte à ce titre est la plus importante. " C'est celle où les enregistrements entre le pilote et la tour de contrôle sont contenus. C'est elle qui peut indiquer les circonstances de ce drame aérien " ajoute-t-il.

 

Une expertise Kenyane repoussée

 

En reprenant les recherches ce lundi 14 mai après une journée de repos, les sapeurs-pompiers ont opéré un ratissage plus en profondeur dans la forêt de cette mangrove. Faute de moyens pour tirer les moteurs du cratère qui s'est à nouveau rempli d'eau, le lieutenant-colonel Owono Nlend (commandant de la 20e compagnie des Sapeurs pompiers de Douala) appuyé depuis la fin de semaine par le colonel Béa dit avoir un tire-force pour essayer cette opération. Mais personne ne comprend pourquoi elle n'est toujours pas engagée. Un expert européen envoyé par l'aéronautique kenyane est arrivé sur les lieux avec un matériel pour tenter l'opération. Une moto-pompe d'une grande puissance et plusieurs autres matériels indiqués. On ne lui a pas permis de travailler de concert avec les sapeurs-pompiers. Il lui est reproché de ne s'être pas référé à la haute hiérarchie des forces de défenses conduisant ces opérations. Il est reparti avec son matériel. On espère qu'il se soumettra à la procédure pour que l'opération de retrait des deux réacteurs commence enfin.

Le Messager (Douala)

 

15 Mai 2007

Publié sur le web le 15 Mai 2007

 

Mathieu Nathanaël Njog

 

 

Par Njog Mathieu Nathanaël - Publié dans : Crash Kenya Airways
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