Evacuations à Mbanga Pongo
La recherche de la carlingue est bloquée
La carlingue et les moteurs sont toujours introuvables. Le ministre des Transports camerounais est enfin arrivé sur le lieu du drame. Les équipes n’ont pas travaillées hier.
Il est 17 heures ce samedi 12 mai 2007 lorsque le ministre des Transports, Dakolé Daïssala sort de Mbanga Pongo où des responsables d’administrations publiques en service à Douala l’ont conduit pour enfin toucher la réalité du doigt. “ Il nous a bluffé. Il nous a caché sa détermination d’aller jusqu’au site. Nous nous imaginions qu’il devrait s’arrêter au point de commandement avancé ” lance une autorité. Le ministre et toute sa délégation ont l’air éreintés. Ils dégoulinent de sueur ; leurs vêtements sont trempés. Tout le monde n’a d’yeux d’apitoiement que sur le ministre Dakolé. “ On a peur qu’il fasse une hypo ”, indique un secouriste.
Abattu sur un morceau de bois, une petite bouteille d’eau fraîche à la main, le ministre essaie de surpasser sa fatigue apparente. “ Les gens ont exagéré, la distance dans la forêt n’est pas aussi longue ”, estime-t-il. Seulement, pour tenir le coût de ce chemin du combattant, le comité local l’avait bien encadré, (médecins, secouristes et soldats). Cela ne l’a pas empêché de trébucher sur le parcours. Il repart des lieux sans donner ses impressions. “ Nous venons constater si toutes les mesures sont mises en œuvre dans cette intervention et apprécier la capacité de l’Etat de réagir en pareille circonstance. Pour la discipline gouvernementale, nous avions décidé que seul le gouverneur de la province du Littoral est habilité de donner la position officielle. Cela vaut pour l’image de l’Etat ”, précise-t-il. Dans tous les cas, Dakolé Daissala, le ministre des Transports, aura battu tous les records. Il est le seul membre du gouvernement à avoir atteint le site d’impact, bien évidemment une semaine après le drame.
145 fragments de corps rassemblés
Sur le terrain, il a pu vivre la continuité des opérations de sauvetage. Pendant sa visite, six fragments de corps et deux corps entiers (celui d’un Chinois et d’un médecin Américain identifiés) ont été retrouvés et évacués à la morgue. Ce travail est le fruit d’un ratissage des sapeurs pompiers effectué à plus de 250 m à l’intérieur de la mangrove. Ce qui porte à 145 le nombre total de fragments de corps rassemblés après cinq jours de recherche. Impossible de préciser combien de corps ont déjà été identifiés jusqu’ici.
Le Comité local de sauvetage a pris une pause hier dimanche. Mercredi dernier, les sapeurs pompiers estimaient pourtant avoir récupéré la quasi-totalité des restes de corps se trouvant en surface. C’est pourquoi ils se sont décidés, dès le jeudi 10 mai, à axer les recherches dans le cratère ouvert dans la mangrove de Mbanga Pongo par l’impact de la chute d’une partie de l’épave du Bœing 737-800 de la Kenya Airways. Tous les espoirs sont portés sur la sortie de la carlingue (ensemble formé par la cabine d’un avion et le poste de pilotage).
Quarante-huit heures plus tard, seules quelques feuilles de la coque de l’avion y sont tirées. Les experts américains de Bœing, Kenyans et Camerounais de l’aéronautique ne cachent pas leur déception. Ils espéraient que sortiraient de ce lac de cratère suffisamment d’éléments (moteurs, l’autre boîte noire, cockpit) pour faciliter l’avancée des recherches sur la cause du crash.
Ce n’est que partie remise pour les sapeurs pompiers. Les opérations d’assèchement et d’aspiration d’eau du cratère ont permis tout simplement de constater que la partie solide de la carlingue et certainement du moteur sont à quatre mètres du sol. Et les équipes des sapeurs-pompiers n’ont pas le matériel nécessaire pour essayer de les retirer. Certains sont mêmes sceptiques sur leur capacité à retrouver un objet à conviction dans cette cavité. En tout cas, les équipes de sauvetage disent attendre que la route qui est en train d’être ouverte dans la forêt par la Crbc, la société chinoise des travaux publics, soit livrée. Cette route permettra que le matériel lourd (pelle mécanique par exemple) adaptée pour la fouille de ce cratère puisse être utilisé.
Par Mathieu Nathanaël Njog
Le 14-05-2007
Erratum
Dans notre édition N° 2370 du lundi 14 mai 2007 dans l’article « La recherche de la carlingue est bloquée » une erreur malencontreuse nous a fait écrire que le ministre des transports Dakolé Daïssala s’était rendu sur le lieu du drame. Il s’agit en lieu et place tout simplement du secrétaire d’Etat à la santé, Alim Hayatou. Nous nous excusons à l’égard de tous ceux que cette malencontreuse erreur a causé du tort.
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