Les ministres freinent les opérations de secours
Les travaux de secours ont connu un ralentissement hier à Mbanga Pongo.
Jeudi 10 mai, la quatrième journée des opérations de secours à Mbanga Pongo connaît un relâchement. Les travaux prévus pour démarrer dans les premières heures de la matinée au regard de leur complexité débutent à 12 heures. Les responsables chargés de coordonner les travaux étaient absents. Retenus par les membres du gouvernement (Bakang Mbock, Emmanuel Edou, Jean-Baptiste Bokam, Mebé Ngo'o et Badel Ndanga Ndinga) dans des réunions. Une délégation ministérielle qui est allée lorgner Mbanga Pongo dans la nuit sans daigner palper l'évolution des interventions de secours et la réalité que livre le point d'impact, afin de mieux mesurer le volume du travail effectué et à effectuer.
Pourtant, le plus dur est à venir : l'opération d'aspiration et d'assèchement du cratère à partir duquel, les équipes des experts de l'aéronautique kenyane, camerounaise et américaine de Boeing pourraient avancer dans leurs travaux de recherche des causes de ce crash. Ils comptent obtenir de cette opération la deuxième boîte noire et d'autres éléments pertinents. Les sapeurs-pompiers, en revanche, espèrent pouvoir évacuer les corps des passagers encore coincés dans l'épave de l'avion ensevelie dans ce cratère créé par l'impact d'une partie de l'avion. Et dont on estime la profondeur à plus de 15 m dans le sol.
Pour y parvenir, il faut pouvoir tirer de cette excavation la carlingue de l'avion et probablement son moteur. " Une épreuve difficile, car le cratère est rempli d'eau et de boue ", reconnaît un expert. C'est pourquoi les sapeurs-pompiers, espérant avoir récupéré la quasi-totalité des corps et morceaux de corps humains dans la forêt de cette mangrove après trois jours d'intense activité, ont programmé de s'attaquer à cette partie à partir d'hier jeudi. Malheureusement, les opérations ont pris du retard. Elles n'ont pu débuter qu'à 12 heures. Et le capitaine Francis Ekosso affichait sa détermination à en finir même s'il fallait y passer la nuit. A 17 heures, lorsque nous quittons Mbanga Pongo, l'assèchement du cratère avait avancé, mais les pompiers étaient loin de dompter cette grande cavité. Des dix motos-pompes réquisitionnées pour cette opération, seules six voire sept fonctionnaient à merveille, laissant inquiets les experts en aéronautique kenyans. Ils n'ont eu de cesse de multiplier les recherches et de relever les indices pouvant leur permettre d'affiner leur rapport.
Les experts Kenyans ont découvert au bord du cratère l'une des boîtes à outil de l'avion. Cela conforte leur position sur le fait que la bande d'enregistrement n'est pas loin. Malheureusement la fouille demandée à cet endroit boueux et fortement accidentel n'a pas eu de suite favorable. En revanche, quatre autres débris de corps humains de passagers ont été retrouvés en surface hier jeudi. Ce qui porte total à 128 colis mis à la morgue.
On a par ailleurs noté un déficit dans la fourniture en repas froid de récupération de ce jour. Ce qui a obligé la commission de la logistique à offrir une récupération approximative aux 700 personnes (60 sapeurs pompiers, 100 gendarmes, 150 militaires, 250 policiers, 100 assistants médicaux (Samu, ambulanciers, croix rouges, assistance sanitaires du Cameroun et secours et charité et des volontaires) ainsi mobilisées pour cette opération avec du pain rassis et du reste des provisions de la veille. Le préfet du Wouri Bernard Atébédé a reconnu que cela pourrait être dû au fait qu'il n'a pas eu le temps matériel pour relancer les partenaires sociaux qui ont offert cet approvisionnement jusqu'ici. Parce que retenu dans la suite de la délégation ministérielle.
Le Messager (Douala)
11 Mai 2007
Publié sur le web le 11 Mai 2007
Mathieu Nathanaël Njog
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