Un passager a appelé au secours...
La mère d'un passager affirme que son fils a appelé des proches et a dit avoir besoin de secours.
Le comité de coordination des secours a mis en place un centre d'accueil, d'écoute et psychologique des familles au cercle municipal de Douala. Une décision prise à la suite de l'arrivée au Cameroun des membres de familles éplorées. Dans cette opération, la compagnie Kenya Airways a permis à plusieurs parents, conjoints, frères et amis de rejoindre le Cameroun depuis lundi 7 mai.
C'est le cas de Mme Siré Sylvie, partie de la Côte d'Ivoire depuis trois jours pour avoir une idée claire sur les circonstances du drame et sur le sort de son mari, Siré Cyriaque, opérateur économique. " Mon mari était essentiellement parti et toujours dans un avion. Et sa compagnie préférée était la Kenya Airways. La plupart de ses activités l'amenaient en Afrique du Sud. Je suis venue au Cameroun pour essayer de savoir si je peux repartir avec les restes de mon époux pour lui réserver des cérémonies dignes ", indique-t-elle. Jusqu'à cet instant, le nom de son mari ne se retrouve toujours pas sur le listing des morceaux de corps identifiés.
Les membres du gouvernement arrivés à Douala mercredi 9 mai sont allés à la rencontre des familles hier jeudi à l'hôtel Sawa où ils sont logés. Il était question de leur témoigner la compassion et le réconfort du gouvernement. Au cours de cette visite, les familles ont interpellé l'Etat sur le dédommagement des passagers décédés, notamment sur le remboursement des fortes sommes d'argent qu'ils détenaient sur eux et dont la plupart étaient des crédits contractés auprès des banques. En réponse, il leur a été avoué que la compagnie Kenya Airways est couverte par des polices d'assurances y afférentes. " L'un pour l'avion vide et l'autre pour les passagers de la compagnie. "
Les membres des familles se sont aussi interrogés sur la responsabilité de l'Etat du Cameroun au regard de la lenteur des recherches, d'autant qu'elle n'aurait pas permis de sauver des éventuels survivants. Pour soutenir cet argumentaire, une femme de nationalité indienne a révélé sur les antennes du poste national que son fils était à bord du vol KQ 507 de Kenya Airways parti d'Abidjan pour Nairobi via Douala. Ce dernier, dans un entretien téléphonique avec un tiers il a lancé un appel de détresse. " Il a dit qu'il se trouvait quelque part, un endroit qu'il ne pouvait pas situer et avait besoin de secours. " En recoupant l'information, la mère avoue qu'il y avait plusieurs autres voix de détresse de personnes s'exprimant en anglais. Alors, elle s'interroge s'il n'y a pas la possibilité de retrouver encore des survivants.
En toute réponse, les membres du gouvernement de l'expédition de Douala ont tout simplement affirmé qu'une équipe technique de secours était à pied d'oeuvre au lieu d'impact pour évacuer les corps, rechercher si possible les rescapés, retrouver la deuxième boîte noire et sortir la carlingue enfouie dans le cratère. Par la suite, la délégation ministérielle a donné injonction au comité local de coordination des opérations de secours d'organiser une descente des familles à Mbanga Pongo pour qu'elles apprécient elles-mêmes du doigt la réalité de l'accident.
Question sur l'appel au secours
La déclaration de cette mère indienne pourrait relancer le débat sur le retard accusé pour retrouver le lieu où s'est écrasé l'avion. Et la possibilité de retrouver des survivants si le lieu de l'accident avait été repérée plus tôt. Seulement au regard des évacuations des colis envoyés à la morgue par les équipes de secours jusqu'à ce jour, les secouristes ne croient pas qu'il y ait pu avoir un passager vivant. " Les équipes de secours n'ont retrouvé jusqu'ici que des morceaux de chairs humaines ou des corps mutilés et déchiquetés. Moins d'une dizaine de corps ont été récupérés entiers et ils ont été retrouvaient ensevelis dans la boue de cette mangrove ", explique un responsable du corps des sapeurs pompiers. Quelques autres corps décapités ont été retrouvés accrochés sur les arbres à l'intérieur de gilets de sauvetage. Même les corps des pilotes qui ont réussi à se faire éjecter de l'avion n'ont pas été retrouvés entiers.
Il reste toutefois constant que la défaillance dans la recherche de cet aéronef retrouvé quarante-huit heures plus tard pose des interrogations sur les compétences en matière de sécurité aéronautique au Cameroun. Mais aussi un manque de coopération de plusieurs entreprises compétentes. A l'instar des sociétés de télécommunications qui auraient pu à l'aide des équipements qu'ils dispose de repérer les clients utilisant le roaming. Car, il y des portables continuent à sonner parmi les objets de valeurs retrouvées sous scellés.
Le Messager (Douala)
11 Mai 2007
Publié sur le web le 11 Mai 2007
Mathieu Nathanaël Njog
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