Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /2007 13:11

Après trois jours de recherche, les secours ont pratiquement terminé le rassemblement des débris de corps éparpillés en surface. Mais le cratère n'a toujours pas livré son mystère.

 

Il est environ 14 heures ce mercredi 9 mai lorsque les sapeurs-pompiers décident de sortir de la mangrove de Mbanga Pongo. Le colonel Owono Nlend, commandant de la 20e compagnie des sapeurs-pompiers de Douala sort de la brousse et annonce que la fouille en surface est épuisée. " Tous les débris de corps en surface ont été enlevés ", affirme Francis Ekosso, capitaine des sapeurs pompiers. 43 nouveaux morceaux de corps des passagers du vol KQ 507 Kenya Airways ont en effet été retrouvés hier. Des morceaux de corps en état de putréfaction et dégageant une odeur pestilentielle. Les unités d'intervention médicale ont multiplié des actions de décontamination et de désintoxication des secouristes.

Au total, 124 colis assemblés en trois jours. Mais il est toujours difficile de déterminer avec précision le nombre des corps de personnes qu'on pourrait reconstituer. On signale près de 70 morceaux de corps identifiés. Des reconstitutions pourront être faites dans les prochains jours.

Il reste à percer le mystère du cratère ouvert par l'écrasement d'une partie de l'avion. Depuis le début des secours le lundi 7 mai dernier, toutes les tentatives d'aspiration de l'eau et d'assèchement se sont révélées inefficaces. Le cratère présente une quantité importante d'eau en surface et contient de la boue en profondeur. " Il reste à trouver une autre technique plus efficace ", lance Bikele Pierre Aimé, lieutenant colonel de gendarmerie de retour du site du drame. Mais le capitaine Francis Ekosso reste confiant sur l'efficacité de la technique d'assèchement à l'aide des motos-pompes. " J'ai sondé le cratère et j'ai touché un objet dur à moins d'un mètre de profondeur. En démarrant l'opération très tôt le matin avec plusieurs motos-pompes, il est évident qu'on y découvre des choses ", martèle le capitaine Francis Ekosso.

Dès ce matin du jeudi 10 mai, toutes les opérations de secours seront plus concentrées sur ce cratère d'une circonférence de près de 5 mètres de diamètre et aux bords duquel émergent une aile de l'avion et quelques débris. C'est sous cette aile que les sapeurs-pompiers ont retirée le dernier corps de la journée. On espère, aussi, dans les profondeurs de ce cratère en pleine mangrove, retrouver la deuxième boîte noire.

 

Le folklore de cinq membres du gouvernement

Mercredi 9 mai, il est 19 heures lorsque cinq membres du gouvernement camerounais arrivent finalement au lieu du drame. Cinq jours après le crash survenu dans la nuit de vendredi 4 au samedi 5 mai. Il s'agit de Catherine Bakang Mbock, Emmanuel Edou, Bokam Jean-Baptiste, Edgar Alain Mebe Ngo'o, et Badel Ndanga Ndinga. Pourtant, Chirau Ali Mwakhere, ministre des Transports kenyan, est au Cameroun depuis samedi 5 mai. Il était parmi les premières personnes à aller à la découverte du lieu du drame.

Les cinq membres du gouvernement de l'expédition de Mbanga Pongo hier sont arrivés sur les lieux au moment où toutes les opérations étaient achevées. Les autorités administratives et les forces armées et police restées pour les accueillir ont dû trimer deux bonnes heures pour les attendre. Aucune déclaration sur l'objet de leur descente et aucune visite des différentes étapes pour évaluer les problèmes que rencontre la coordination. Pourtant, ils sont nombreux.

La commission de coordination des opérations de secours n'a toujours pas perçu le moindre radis de la commission de crise mise sur pied à Yaoundé. Une commission située à 300 km des réalités du terrain. La commission locale doit faire des appels aux partenaires sociaux pour bénéficier du matériel et des repas froids. " C'est à se demander si ces cinq membres du gouvernements sont venus plus pour jouer leurs cartes personnelles ", dira un officier des Fap.

Mardi, à 10h, un jeune garçon de 25 ans est mort par noyade alors qu'il essayait de traverser un cours d'eau à la nage pour atteindre le site du drame, échappant à la vigilance du dispositif sécuritaire mis en place.

 

Le Messager (Douala)

Publié sur le web le 10 Mai 2007

Mathieu Nathanaël Njog

 

 

Par Njog Mathieu Nathanaël - Publié dans : Crash Kenya Airways
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