Evacuations dans la confusion
Des opérations de sauvetage émaillées d'insolites
Depuis l'annonce de la découverte des débris de l'avion Kenya Airways disparu après son décollage dans la nuit de vendredi 4 au samedi 5 mai, c'est la grande effervescence pour les opérations d'assistances sanitaires éventuelles. Mobilisées d'abord aux environs de Lolodorf ou de Mvengue dans la province du Sud, ils ont aussitôt mis le cap sur Mbanga Pongo.
Les équipes de secours à pied d'oeuvre sont constituées sur le plan médical du Samu, de l'Ong Assistance sanitaire du Cameroun, des ambulanciers des différents hôpitaux de Douala et Yaoundé. Sur le plan technique, on retrouve des sapeurs pompiers de Douala renforcés par près d'une trentaine d'éléments venus de Yaoundé. Mais il y a aussi environ deux cents jeunes gens et filles spontanément mobilisés, entre autres, pour des raisons de curiosité. " Nous tenions à arriver au lieu du drame et voir cette événement qui restera tristement historique ", avoue un groupe de jeunes sur le retour. Certains secouristes trompeusement volontaires espèrent gagner quelque chose à la fin.
Malgré tout, ces jeunes ont contribué à ouvrir, à l'aide des scies à moteur et machettes, le chemin dans cette mangrove. Mais plusieurs d'entre eux ont été pris en flagrant de délit de distraction des objets de valeurs retrouver au lieu du crash. Certains ont été pris avec une tôle de l'avion, aux premières heures de la matinée. D'autres ont été surpris avec un ballot de vêtements, lorsqu'ils n'étaient pas arrêtés avec des portes-monnaies à l'instar de ce jeune retrouvé avec 650 euros (422.500 Fcfa) ! Il faut dire que tous ceux qui ont été conduits au poste installé au dernier périmètre de sécurité ont été mis en garde-à-vue. Pour éviter que cette opération prospère même au sein des forces de l'ordre, il a été établi un poste où chaque élément admis à franchir le périmètre de sécurité devait déclarer ses biens et, au retour, était soumis à une fouille systématique au terme de laquelle plusieurs sont passés à la trappe.
A côté de tout ce monde, il y a eu une forte assistance de la coopération française et américaine. Deux Français de l'équipage de repérage, dépêché le samedi 5 mai de Toulouse à bord d'un hélicoptère spécialisé pour des missions spécifiques de détection des avions disparus continuent de travailler en toute discrétion au sol. On les vu aller acheter une nouvelle moto-pompe pour vider l'embouée pour contribuer à retirer la partie de l'épave ensevelie et par ricochet les corps. Cet appareil venait s'ajouter aux deux autres affrétés par l'équipe des sapeurs-pompiers. De même qu'on a aperçu l'officier supérieur Souza, (Américain) dans l'exploration et l'analyse du lieu d'impact.
Il faisait partir de l'équipage de l'hélicoptère dépêché depuis le Gabon par les autorités américaines pour appuyer les recherches de cet avion de Kenya Airways disparu. Au sortir de cette mangrove, il a affirmé à ses homologues camerounais le rôle que devra jouer la coopération franco-américaine dans cette opération de secours. " La France va aider à l'identification des corps et l'Amérique va déployer un matériel de pointe pour permettre à l'identification de l'avion. "
Le Messager (Douala)
8 Mai 2007
Publié sur le web le 8 Mai 2007
Mathieu Nathanaël Njog
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