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Dimanche 15 mars 2009

 Mauvais payeur - Energie électrique

Le courant électrique par  Aes Sonel a plongé l’Enset et la faculté des sciences dans le noir. Les arriérés de factures  à l’origine.

Il y a un mois que Aes Sonel a suspendu la fourniture d'électricité dans plusieurs bâtiments du Campus II de l'université de Douala. Il s’agit des bâtiments de l'Ecole normale supérieure de l'enseignement technique (Enset) ; ceux de la Faculté de sciences, à savoir les amphithéâtres Rudolph Duala Manga Bell et Georges Ngango. A l’origine des impayés de factures cumulées d’électricités depuis trois d’un montant de 350 millions Fcfa. Cette situation est née du fait que l’université à cinq postes de fournitures, soit autant de compteurs (1 à Akwa, 2 au campus I, 1 à Ndokoti et 1 à Ndogbong). Il se trouve que lors des relevés, deux des compteurs étaient oubliés et c’est dans son processus de contrôle interne que Aes Sonel s’en est rendu compte. «Jusqu’à cette date nous n’avions pas connaissance de ces factures», affirme Ndongo Léon Narcisse, chef de division du budget. Ce qui justifie l’attitude réticente du rectorat de l’Université de Douala, qui conteste ce montant. «La hiérarchie de l’université a saisi celle de Aes Sonel pour refaire le pointage entre la consommation exacte et les paiements déjà effectués avant de s’accorder sur le différentiel», confie Constant Mimbou de la Cellule de la communication. A la Division des infrastructures, de la planification et du développement (Dipd), Mme Monique Nsimi, la directrice est confiante en l’avenir. «Les séances de travail avec Aes Sonel sont cordiaux et tirent vers sa fin.»  

On précise qu’à l’entame, les deux parties sont convenues de ce que l’Université devait désormais payer les factures courantes, ce qui a été fait avec la régularisation sous 48 heures des factures de janvier 2008 qui s’élevaient à 9,6 millions Fcfa. En ce moment la hiérarchie attend les factures de février.  En revanche, Aes Sonel s’est engagée à rétablir le courant électrique dans les bâtiments plongés dans la pénombre. L’attente se fait toujours longue, ce qui justifie le prolongement de cette situation. A Aes-Sonel, on reconnaît le caractère stratégique et sensible de l’Université de Douala. On explique à cet effet que l’opération de coupure du courant électrique visait les blocs administratifs. Or, il se trouve que c’est par inadvertance que les câbles d’alimentation des amphis et des salles de cours au campus 2 ont été touchés.

 

Solution alternative provisoire

Mais à la Dipd, on précise que des mesures palliatives et ponctuelles ont été entreprises. Il s’agit de faire fonctionner de manière permanente le groupe électrogène installé pour remédier au délestage récurant de la fourniture d’énergie électrique de Aes Sonel. Le recteur Bruno Bekolo Ebe a donné des instructions pour le renforcement des capacités d’alimentation par l’installation dans les brefs délais d’un second groupe supplémentaire au campus II. Surtout que la présentation des mémoires va bientôt démarrer et l’occupation des ateliers pour les travaux de rattrapage est perturbée. Ce qui fera un total de cinq groupes de relais. Soit 2 au campus I, 2 au campus 2 et 1 pour les locaux d’Akwa. Ceci étant, «l’Université de Douala n’entend pas perpétuer cette situation palliative et ponctuelle. Aes Sonel est un service sûr et moins coûteux qui nous sied le mieux», précise Mme Monique Nsimi pour lever tout équivoque.

En attendant, ce sont les étudiants qui trinquent. Même si le groupe électrogène fonctionne de 7h à 22h, selon les horaires définis par les responsables des établissements concernés, ce n’est pas sans incident. Les vrombissements du moteur n’offrent pas aux étudiants les conditions de concentration nécessaire. L’éclairage aussi est souvent marqué par des chutes de tensions. Soit par manque de fuel, soit à cause des pannes diverses. A la tombée de la nuit, le campus II qui grouillait de monde avec des étudiants qui profitaient pour réviser ou pour occuper les différentes aires de jeu est désespérément désert.

 

Focal

Camtel  et Snec dans la danse

La situation que vit actuellement l’Université de Douala avec Aes Sonel est concomitante à toutes les administrations publiques. Il est difficile de désigner une seule qui n’ait pas d’arriérés avec les différentes sociétés publiques ou parapubliques de fournitures de services. Deux ans avant la dissolution de l’ex-Snec, l’Université de Douala a été confrontée à une situation similaire. Avec un recouvrement forcé des arriérés de consommation de près de 200 millions Fcfa. Les responsables de l’Université de Douala tiennent à préciser que c’était une dette contracter par l’ancien Centre universitaire. Les deux parties ont convenu d’un paiement échelonné que l’Université de Douala continue d’apurer en ce moment. Ce qui n’est pas resté sans conséquence. Puisqu’au regard des coupures et les baisses de pression permanentes, l’Université a fait le choix, au regard la croissance vertigineuse des effectifs. Optant pour une solution durable en dotant le Campus I de deux forages et les locaux d’Akwa d’un forage. Conséquence, seuls le campus II est encore alimenté par le réseau de la Camerounaise de eaux (Cde). Toutefois, on annonce un projet de construction de deux forages au campus II où les étudiants déplorent les chutes récurrentes de pression dans les bâtiments R+ malgré l’installation des suppresseurs. Dans la même prospective, l’université envisage à terme de se doter des énergies renouvelables, notamment de la fourniture en énergie solaire dont les études sont engagées. Quant à la Camtel, on affirme que les dispositions sont prises dès qu’il y a retard de paiement pour régulariser les factures. Surtout que c’est le provider de cette institution en internet qui est un outil indispensable, non seulement pour son ouverture sur le monde, mais pour les cours à distance.

Mathieu Nathanaël NJOG

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 15 mars 2009

Auto-écoles

La justice est saisie pour départager les protagonistes qui se battent pour le contrôle du syndicat national des exploitants d’auto-écoles du Cameroun.

 

Le vendredi 13 février 2009 à Douala, la faction du président Augustin Djoko et celle du président par intérim Isaac Kemajou, se sont achoppées à l’hôtel Lewat sur la tenue d’une assise régionale élargie du Syneaec Littoral. Une réunion sous fond de campagne électorale, organisée par le président régional du littoral, François Ngah Messolo et à laquelle a pris par le président national Augustin Djoko qu’on dit déchu. Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour que la faction Isaac Kemajou se ravise. Ce ne sera que partie remise. Puisque le congrès national, convoqué pour le 27 février 2009 à Douala fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires en annulation. «Nous avons assigné en justice le président déchu Djoko pour détention abusive des documents du syndicat afin qu’il le restitue et pour annulation du congrès convoqué pour le 27 février 2007 pour violation des textes statutaires qui régissent le syndicat », soutient Isaac Kemajou. En revanche, la faction du président Augustin Djoko maintient que le congrès annoncé depuis juillet 2008 aura bel et bien lieu le 27 février 2009. Son mandat étant arrivé à terme, il tient à organiser les élections afin que le nouveau bureau ait toute sa légitimité pendant le prochain mandat.

Seulement, la faction opposante le déclare incompétent pour organiser ces assises. «Etant exclu, il n’a pas qualité de convoquer et d’organiser le congrès du Syneaec. Par ailleurs, les textes prévoit que le président doit obtenir l’aval du conseil d’administration ce qui n’est pas le cas et que par la suite c’est au 1er vice- président chargé de l’organisation qu’il revient de tout organiser», affirme Kemajou. En réplique, le camp Djoko soutient que Isaac Kemajou qui se déclare président national par intérim du Syneaec est un ex 1er vice-président suspendu pour faute lourde. Devant cet imbroglio, à la délégation régionale des transports du littoral, on dit être au parfum du climat délétère aux allures de bicéphalisme qui prévaut dans ce syndicat. Mais leur position est formelle : «Ce n’est pas au pouvoir public de s’immiscer dans la gestion des associations. Dans le cas d’espèce, les statuts et règlements de ce syndicat seul doivent prévaloir »,  déclare Valentine Ntihnwat, le chef service des affaires générales.

 

Feel back

Cette crise remonte au 30 novembre 2007 lorsque le président national Augustin Djoko convoque un congrès sans l’aval du conseil d’administration et exclu le président du Conseil d’administration, le 1er vice président et le président régional du littoral. Et pour cause, ces derniers, sont à la tête d’une fronde qui lui demandent sans cesse de présenter comme l’exige les textes statutaires le bilan de gestion des exercices 2004 ; 2005 et 2006. C’est ainsi qu’il nomme au forceps François Ngah Messolo pour gérer aux destinés du bureau régional du Syneaec Littoral. Le 16 juillet 2008, constatant l’inertie du président Djoko et le non fonctionnement des structures dirigeantes du Syneaec, le Vice- Pca convoque une session du conseil d’administration pour permettre au président Djoko de se racheter et présenter afin les bilans des exercices des années antérieurs. Le président Djoko ne prendra pas part à ses assises. C’est alors que cette session décide  de la réhabilitation des membres exclus et de l’exclusion du président Djoko. Il est accusé de détournement du patrimoine du Syneaec. «C’est le cas du Centre de formation des formateurs dont le processus d’obtention d’autorisation étant engagé par ses prédécesseurs, il détourne le projet à son propre compte », soutien ses adversaires. Le 1er vice-président est désigné pour assurer l’intérim avec comme principale mission «d’installer dans leur fonctions les différents membres élus». Mais les partisans de Djoko accusent aussi Kemajou de malversation financière. Même l’arbitrage du ministère du travail et la sécurité sociale n’est pas arrivé pas à départager les deux factions encore moins à les réconcilier.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 15 mars 2009

Minsanté –Littoral

Les vigiles des deux sociétés de gardiennage qui gardent les locaux ont été drogués.

 

Les enquêtes sont ouvertes au commissariat de sécurité publique du 1er arrondissement de la ville de Douala. Les fins limiers ont la lourde charge d’établir les responsabilités, les complicités et au final arrêter les auteurs de ce forfait manqué. «Nous effectuons encore les inventaires pour évaluer s’il y a des pertes enregistrées même dans les bureaux. Mais pour ce qui est des circonstances, je ne peux pas me prêter à la description d’un incident que je n’ai pas vécu, surtout que la version qui nous a été rapportée peu prêter à de la manipulation. Nous attendons les conclusions des enquêtes de la police», affirme Dr Fon qui assure l’intérim en l’absence du délégué régional du Littoral, en l’absence du Dr Mbida Fouda. Même si les cambrioleurs ont réussi à s’échapper au moment où ils ont été surpris, les premiers éléments d’enquête révèlent des pistes concrètes. Dans la nuit de samedi 22 février 2009, les membres d’un gang de bandits sont surpris alors qu’ils essaient de voler subrepticement un véhicule 4x4 de marque Land Cruiser de l’enceinte de la délégation régionale de la santé publique du Littoral. Pendant ce temps, les vigiles commis pour garder les lieux sont sur le carreau.

La délégation régionale de la santé publique du Littoral est gardée par les sociétés Dak security pour le compte de la Gtz et Dynamic security et services (Dss) pour le compte du ministère. Dans la nuit de samedi, les quatre vigiles (soit deux de Dak security et deux de la Dss),  réquisitionnés sont en poste lorsque des collègues de Dak de passage devant la délégation, aux environs de 21 heures, décident de leur adresser des civilités. Pendant cette rencontre, les visiteurs de fortunes offrent aux besogneux un gâteau et une bouteille d’un litre et demie de boisson gazeuse qu’ils se partagent. Malheureusement, cette inhabituelle largesse est truffée de mauvaise intention. Les vigiles en faction vont l’apprendre à leur dépend. Après avoir consommé le menu fretin, ils plongent tous dans un profond sommeil. Il ne fait pas de doute que les vigiles étaient ainsi drogués. C’est alors qu’au environ de 23 heures, les bandits entrent en scène et tentent de sortir du parking un véhicule 4x4 de marque Land Cruiser qu’ils mettent au poids mort et essaient de le déplacer à l’aide de leurs biceps.

C’est pendant cet effort que l’équipe motorisée de patrouille, chargée de la supervision des différents postes de contrôle de Dak security arrive sur les lieux et dépose l’agent chargé de vérification de la présence des agents. C’est alors que ce dernier constate le manège suspect et n’apercevant aucun agent de sécurité affecté à ce poste donner signe de leur présence, il va donner l’alerte. Par des appel au secours. C’est ainsi que les éléments de garde du domicile d’un officier supérieur des forces armées qui habitent en face viennent à la rescousse. Les bandits prennent la poudre d’escampette par le versant arrière qui donne dans la broussaille de la place de l’Udeac. Sortie de leur sommeil, les vigiles en poste auraient du mal à identifier les collègues qui les ont rendu une visite de fortune quelques heurs plus tôt. Une tâche encore plus difficile que la main courante était inexistante. Depuis hier lundi, une main courante a été instaurée pour permettre l’identification de tous les visiteurs.

A la délégation régionale de la santé publique du Littoral, tout comme à la police, il ne fait aucun doute qu’il y aurait des complicités au sein des agents en poste. Des complicités qu’on cherche à établir afin de remonter aux auteurs de ce cambriolage manqué. Le moins qu’on puisse dire c’est le phénomène des cambriolage des édifices abritant les institution de l’Etat fait ainsi ses premiers pas dans la ville de Douala après Yaoundé et Ngaoundéré.

Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 15 mars 2009

Rapport Acat

En prélude au premier anniversaire des émeutes de fin février 2008,  le secrétariat technique de l’observatoire national des droits de l’homme a commis un rapport qu’il a présenté à la presse hier jeudi 19 février 2009.

L’Etat doit indemniser les familles

 

«Une représentation sanglante à huis clos», c’est le titre attribué du rapport produit par l’observatoire national des droits de l’homme (Ondh) à avec l’appui de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) du Littoral. Au cours de ce point de presse donné à son siège à Douala, hier jeudi 19 février 2009, il était question pour Madeleine Afite, coordinatrice de l’Acat Littoral, de dresser un bilan global des manifestations cruelles de février 2008. Selon la coordinatrice qu’accompagnaient les autres membres des associations de défense des droits de l’homme ayant contribué à la réalisation de ce rapport, il est loin d’être exhaustif d’autant plus que plusieurs centaines de personnes arrêtées demeurent encore en prison. « D’autres sont retenus et seront encore jugés, c’est le cas de Lapiro de Mbanga et Paul Eric Kinguè », affirme Me Mbock, avocat de la cellule juridique d’Acat-Littoral. On apprend aussi que rendu à une année après l’épisode de février 08, nombreuses sont les familles des victimes qui sont restées dans leur état de détresse. Non seulement à cause du fait qu’elles ne sont pas entrées en possession de leurs dépouille, mais aussi parce que les détenues des cinq villes les plus touchées (Douala, Yaoundé, Buéa, Bafoussam, Bamenda), n’ont « jamais bénéficié de la grâce du décret de remise de peine du chef de l’Etat», déclare Me Mbock.

Face à ce constat amer, les responsables de l’observatoire national des droits de l’homme en commun accord avec l’Acat-Littoral et l’Acat-France, ont établi une liste de recommandations pour un futur meilleur. Au gouvernement Camerounais, ces associations souhaitent entre autres qu’une enquête judiciaire, indépendante et impartiale soit faite sur les crimes et violations graves des droits de l’homme commis en fin février 2008, afin que les responsables soient jugés et condamnés conformément à la loi. Elles demandent par la même occasion que les résultats de l’enquête soient rendus publics. Pour les présumés émeutiers encore en détention, ces mouvements de lutte pour la défense des droits de l’homme exigent leur relâchement immédiat et sans condition.

A la communauté internationale (la France et l’Union Européenne) et aux Haut-commissariat des Nations Unies, ils aimeraient respectivement que ceux-ci apportent une assistance technique et financière aux organisations de la société civile camerounaises qui essaient actuellement de documenter les exactions de février 2008 et enfin exigent du gouvernement camerounais l’indemnisation des familles des victimes des évènements de fin février 2008.

 

Linda MBIAPA (stagiaire)

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 15 mars 2009

Arbitraire

La gestion des autorités administratives et sécuritaire du soulèvement social de fin février 2008 a donné lieu à plusieurs violations flagrantes  des droits universels de l’homme.

Répression sanglante et justice inique

 

Le mouvement social du 25 au 29 février 2008 a été dès son entame réprimé de manière sanglante par les forces de sécurité renforcées par les unités d’élites. Elles se sont livrées à des arrestations massives, des exécutions sommaires et des fusillades. Les chiffres sont loin d’être exhaustives et concordantes entre ceux annoncés par le gouvernement et les organisations des droits de l’homme. Le bilan officiel présenté par ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Marafa HamidouYaya, lors d’une conférence de presse donnée le lundi 10 mars 2008, à Yaoundé, est  de 40 morts, parmi lesquels un élément des forces de l’ordre.  Aucune précision n’est donnée sur le nombre de blessés. A ce sujet il reste évasif «Il existe de nombreux cas de blessés chez les civils et au sein des forces de maintien de l’ordre ». En revanche, pour l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) Littoral, dans son bilan des émeutes présenté hier le 19 février 2009 à son siège «le bilan officiel des incidents, déjà lourd, semble toutefois bien en deçà de la réalité», affirme sa coordinatrice Madeleine Afité. Malgré la difficile vérification de certains incidents et accès à certaines sources, les rapports des différentes organisations composant l’Observatoire nationale des droits de l’Homme (Ondhc)  présentes dans les quinze villes recensées sur la trentaine touchées par ses émeutes a permis à l’Acat de dénombrer au moins 139 personnes qui ont perdu la vie durant ces événements. Et seuls 54 noms de victimes à ce jour ont pu être recensés. Selon le gouvernement, « les cas de décès ne sont pas tous imputables à l’action de la force publique. [Mais] de manière spécifique à Douala, beaucoup de morts sont le résultat des rixes entre des bandes de gangsters qui ont infiltré la contestation. Le partage des biens volés à la suite d’actes de pillage a donné lieu à des disputes violentes »

 

Tortures

Outre les personnes mortes pendant et après ces évènements, l’armée a procédé à des interpellations et arrestations arbitraires, soit individuelles, soit en groupe à travers les rafles. Parfois sur la simple base du délit de faciès (attitude, tenue...). Ce sont ainsi, plusieurs milliers de personnes, majoritairement de jeunes qui ont été incarcérés. Il s’agissait des élèves en uniformes revenant des classes, des jeunes gens allant ou de retour du travail et certains interpellés dans leurs domiciles, souvent par effraction et sans mandat, au seul prétexte qu’ils étaient jeunes. Certains ont été contraints de se dévêtir en partie puis de se rouler dans la poussière de la cendre résultant des feux allumés sur la chaussée, avant d’être embarqués manu militari, ou relâchés après avoir été battus. Ces derniers n’avaient pas la chance d’aller plus loin, puisque de nouveau ils étaient arrêtés par d’autres patrouilles du fait de leurs déguisements.

Ces présumés émeutiers ont été détenues dans les centres de détentions improvisées. Passant des jours et des nuit en plein air dans la cour des unités de gendarmerie, des commissariats de police à l’instar de la légion de gendarmerie de Bonanjo, Escadron de gendarmerie de Mboppi, au Génie militaire de Bassa, Groupe mobile d’intervention (Gmi) N°2 de Douala, Division régionale de la police judiciaire du littoral (Drpjl) et Base navale militaire de Douala. A l’insu des familles qui les ont cherché pendant plusieurs jours pour aller les découvrir très souvent devant la barre où des poursuites judiciaires étaient engagées à leur encontre avec pour chefs d’accusations : «Attroupement sur la voie publique, pillage en bande, recel…». Pour l’Acat, près de 3.000 arrestations ont été opérées parmi la population civile, parmi lesquels près de la moitié était des mineurs. La région du Littoral, s’en tire avec la palme d’or avec environ 2 000 personnes traduites devant les juridictions. Pour y parvenir, les officiers de police judiciaire avaient l’obligation de fabriquer des preuves. , à plusieurs reprises et en différents lieux.

Le rapport de l’Acat constate que «la justice camerounaise réputée pour sa lenteur, les procédures judiciaires engagées à l’encontre des présumés émeutiers de février 2008 ont été rapidement mises en oeuvre au cours d’audiences spéciales « flagrants délits ». Certaines audiences avaient une durée ne dépassant pas cinq minutes,et se succédaient à un rythme déconcertant, violant conséquemment plusieurs dispositions pertinentes du nouveau code de procédure pénale, et mettant à mal les droits de la défense et les principes du débat contradictoire ainsi que de la présomption d’innocence.» On a ainsi observé pendant les procès, l’absence devant le tribunal des plaignants et témoins à charge. La non fiabilité de l’identification des accusés (âge, nom) du fait de l’absence, chez de nombreux prévenus, de papiers d’identité, la non possibilité de présenter des actes de naissance du fait de la rapidité des procédures, La non signature des procès-verbaux d’enquêtes par les accusés, le non établissement des procès-verbaux par les procureurs et le non-respect du droit des prévenus de préparer leur dossier judiciaire. La justice s’est ainsi contentée d’informations orales des prévenus, non sans leur attribuer des âges fictifs, soit par l’enquêteur, soit par le juge, sans la présence d’avocats. Des mineurs ont ainsi été jugés au même titre que des adultes et condamnés en flagrants délits, alors qu’ils auraient dû être jugés par le juge des mineurs.

 

Une justice aux ordres

Les jugements ont été expéditifs, au point que les premières peines ont été lourdes parce que les prévenus n’ont pas été permis de constituer les avocats pour assurer leur défense. C’est devant cette forfaiture que les avocats de passage au tribunal se sont constitués gratuitement pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Le 25 mars 2008, le vice-Premier ministre, ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Amadou Ali, déclare qu’il y a eu un total de 1137 personnes interpellées dans les cinq provinces touchées par les troubles. 729 personnes ont été condamnées à de peines comprises entre trois mois et six ans de prison ferme, dont 466 ont fait appel. 251 personnes ont été relaxées et 157 prévenus attendent d’être jugés. Et dont la quasi-totalité se sont tirés avec une condamnation. Le 20 mai 2008, le président Paul Biya signe deux décrets (n°s 2008/0174 et 2008/0175) portant commutation et remise de peines pour les personnes condamnées pour les émeutes de fin février 2008 au Cameroun. Le décret présidentiel précise que les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement inférieure ou égale à un an bénéficient d’une remise totale de peine tandis que les peines de plus d’un an de prison sont réduites des deux tiers. Toutefois, les prisonniers retenus pour défaut de paiement des amendes ne peuvent pas recouvrer la liberté. Il en est de même pour ceux qui ont fait appel car n’étant pas encore condamnés définitivement. Or pratiquement toutes les personnes condamnées à des peines d’emprisonnement, l’ont également été à des peines pécuniaires (amendes et dépens). La plupart des condamnés n’ont pas pu payer et ont fait appel de leur jugement d’instance. «Par conséquent, peu de détenus ont pu bénéficier de ces remises et commutations de peines, alors qu’une amnistie (effacement des peines dans le casier judiciaire) aurait permis de réparer les préjudices subis par ces jeunes, aurait pu être l’amnistie», relève Madeleine Afité. Malgré tout dans nos prisons, on retrouve encore des condamnés de ces évènements.

Mathieu Nathanaël NJOG

 



Contexte économique

 

Un an après les émeutes, qui ont embrasé les grandes métropoles camerounaises, le coût de la vie  n’a pas baissé. Malgré les ordonnances présidentielles de suppression des droits de douane sur certains produits de première nécessité,  le poisson, le riz, la farine, sont toujours hors de portée

La vie toujours chère,  malgré la lutte

 

L’un des acquis fort, conséquence des émeutes du mois de février 2008 est inéluctablement le gel de la hausse du prix de l’essence à la pompe qui intervenait en début de chaque mois. Mieux, depuis le mois de février, et ceci à deux reprises, les consommateurs ont salué la baisse du prix du carburant à la pompe. D’abord au mois de décembre 2008 (moins 10 Fcfa par litre de super) et au mois de janvier 2009 (moins 15 Fcfa sur le litre de l’essence super) Cette conjoncture favorable (pour le consommateur) est d’autant plus appréciable que c’est la décision du gouvernement d’augmenter de 6 Fcfa le prix du litre de carburant au mois de février 2008 qui avait été le principal catalyseur du mouvement qui a embrasé tout le Cameroun. Vu sous cet angle, l’on peut valablement soutenir que les émeutes du mois de février 2008 ont porté quelques fruits. Même si la moisson dans l’ensemble reste insuffisante. Est-ce  la baisse du prix du baril sur le marché international (le baril est passé de 140 dollars en juin 2008 à 39 dollars en février 2009) qui pousse le gouvernement via la Caisse de stabilisation du prix des hydrocarbures (Csph)  à ne plus augmenter le prix du pétrole, ou si c’est la peur d’une éventuelle révolte populaire qui agit en faveur des consommateurs camerounais ? Difficile de savoir. Deux constats s’imposent tout de même. Les institutions de Brettons Woods (Fmi) ne passent pas par quatre chemins pour demander au gouvernement camerounais de ne plus subventionner le prix du carburant à la pompe, et de laisser faire la réalité des prix. Ensuite, depuis le blocage des prix en janvier 2008, les caisses de l’Etat ont perdu  plus de 200 milliards de Fcfa. La facture est donc bien lourde pour l’Etat.

 

Emeutes de la faim

Les remous sociaux du mois de février ont été qualifiés à raison par certains d’émeutes de la faim. En proie à une inflation galopante, les populations n’ont pas hésité à descendre dans la rue pour réclamer la baisse du prix du riz, du poisson, de la farine et autres. Réagissant à cette demande populaire, le président de la République décide à l’issue d’un conseil de ministre, de supprimer les droits de douane sur plusieurs produits de première nécessité parmi lesquels les poisson, la farine, le blé et le riz alors que les taxes sur le ciment passent de 20% à 10% pour le ciment importé. Un an après, la vie est elle moins ardue pour les ménages camerounais ? Que non. A preuve, le ministre du Commerce continue de multiplier les rencontres avec les principaux opérateurs des filières concernées par l’ordonnance présidentielle avec pour objectif majeur d’amener ces opérateurs à baisser les prix. Des promesses de baisse aux sorties de ces différentes rencontres, alors que sur dans les marchés, la réalité est tout autre. Le riz coûte toujours chère,  le prix du poisson a baissé de…25 Fcfa, la viande du bœuf est toujours hors de portée, le prix du morceau de savon a augmenté de 25 voire 50 Fcfa selon la marque, le ciment est rare, les tôles et autres fer à béton valent de l’or.  Importateurs, grossistes et détaillants se rejettent la responsabilité du non respect des protocoles d’accord signé avec le ministre du Commerce. Les opérateurs des filières concernés accusent le gouvernement de ne pas respecter sa part d’obligation contenue dans les protocoles d’accord. Et ce sont les ménages qui continuent de payer le lourd tribut de cette vie chère. Toute chose qui annihile l’impact des deux décrets présidentiels pris à l’issue de cette révolte populaire portant respectivement relèvement de 15% des salaires dans la fonction publique et rétablissement de l’indemnité de non logement des agents publics à 20%.   

Léopold Chendjou

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 15 mars 2009

Lapiro de Mbanga et  Paul Eric Kingué

Ils sont les deux prisonniers de luxe des émeutes de fin février 2008. Commanditaires désignés d’un soulèvement incontrôlé.  

 

Deux boucs émissaires sacrifiés

«La manière expéditive des jugements et les violations répétées des dispositions du nouveau code de procédure pénale camerounais et des conventions régionales et internationales qui garantissent les droits de la défense laissent penser que des pressions ont été exercées sur les instances judiciaires et que les juges n’ont pas eu les mains libres dans l’exécution du droit », révèle le rapport de l’Acat. Poussant plus loin l’analyse, l’Acat déclare que selon plusieurs témoignages de défenseurs des droits de l’Homme, il existerait une liste de personnes «à abattre» en période de troubles ou par la suite. C’est dans ce registre que l’on met les interpellations et condamnations de Paul Eric Kingue et Lapiro de Mbanga, des hommes publics admirés et adulés de leurs populations qui les considéraient comme la voix des voix.

Le 27 février 2008 en plein soulèvement social qui embrasse trente une villes de cinq régions du Cameroun, l’ex maire de Njombé- Penja, Paul Eric Kingué est arrêté par les éléments d’une patrouille mixte de militaires et gendarmes, venue expressément de Nkongsamba dans six camions et douze pik-up. La mobilisation frise la recherche d’un «redoutable sniper», voire d’un «chef de gang», comme le compare Joseph Fochivé, responsable de la production de la Spm dans un reportage du journal le Monde du 10 juillet 2008. Pourtant, il avait réussi à ramener le calme dans la ville de Njombé après une bavure policière des éléments du Gmi N°2 qui ont abattu le 26 février six jeunes manifestants. C’est ainsi qu’il est placé sous mandat de dépôt à la prison de Nkongsamba le 29 février. Son malheur c’est d’avoir dénoncé dans une correspondance téléphonique ces exactions des éléments du Gmi N°2 de Douala en direct sur la chaîne de télévision Canal 2 international. «Officiellement, il est accusé d'avoir incité des jeunes à la révolte et d'être l'auteur de malversations financières ».  Mais pour la population, il ne fait aucun doute que ce sont les compagnies de bananeraies (Php, Spm,…) qui ont obtenu la tête du maire du parti au pouvoir. Ces sociétés lui reprochent ses dénonciations. Paul Eric Kingué s'était scandalisé des salaires pratiqués par ces sociétés exploitant les bananeraies. 25.000 Fcfa par mois. Il avait dénoncé aussi les privilèges fiscaux et les exonérations de taxes dont bénéficient ces entreprises à capitaux français. Bref, il passe pour le défenseur du «bas peuple». Dans une lettre ouverte au président Paul Biya, il écrit : «Le paradoxe déconcertant [de Njombe Penja], une zone très riche avec des populations très pauvres».

Dans un procès en sorcellerie, qui dure six mois le Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba, le 19 janvier 2009, l’inculpe  «de coaction de pillage en bande, destructions de biens » et le condamne  à six ans de prison ferme et a payé solidairement avec dix sept coaccusés les dommages et intérêts  d’un montant de 804 millions Fcfa à la société des Plantations du Haut Penja (Php).

 

Le kafka camerounais

Dans une affaire kafkaïenne,  le 9 avril 2008 longtemps après les émeutes de la faim de fin février, le  procureur de la république du tribunal de première instance de Mbanga fait interpellé Lapiro de Mbanga. C’est à la suite des plaintes contre X déposées par La Société anonyme des brasseries du Cameroun et la Société des plantations de Mbanga (Spm). Lambo Sandjo Pierre Roger de son vrai nom est accusé de «complicité de pillage en bande, destruction des biens, incendies volontaires, obstacle à la voie publique, dégradation des biens publics ou classés et attroupement.». Ce n'est que le 10 juin, deux mois plus tard, que Lapiro est envoyé devant le Tgi du Moungo statuant en matière criminelle. Le 20 août dernier, au terme de 4 mois de procédure, il obtient l'autorisation d'être transféré à la prison de Mbanga, sa ville natale. C'est de là qu'il se présente au Tgi où le 27 août, on assiste à un revirement spectaculaire de l'accusation. La Société anonyme des brasseries du Cameroun se deconstitue partie civile alors que la Société des plantations de Mbanga (Spm) soutient qu'elle n'a jamais porté plainte contre l'accusé mais contre " X " en sollicitant néanmoins du tribunal des dommages et intérêts de un milliard Fcfa. Lapiro de Mbanga est loin d’être un inconnu puisqu’il est officiellement chef de quartier 8 à Mbanga donc auxiliaire de l’autorité administrative. La Société de plantations de Mbanga a été l`établissement le plus attaqué par les pillards lors des émeutes de février dernier à Mbanga. Les locaux de sa direction générale ont été mis à feu et ses plantations détruites. Mais il faut dire que La Spm loue les plantations de la famille de Lapiro. L’artiste musicien qui a été malheureux tête de liste aux élections municipales à la mairie de Mbanga aux élection de 2007 est convaincu qu’il est victime d`une chasse aux sorcières «on m`attribue les émeutes de Mbanga alors que dans cinq provinces du Cameroun il y a eu des émeutes, sans qu`un seul commanditaire n`ait été désigné », affirme-t-il. Le 26 septembre 2008 dans une parodie de procès, Lambo Sandjo Pierre Roger est reconnu coupable de délit d’attroupement et obstruction de la voie publique, complicité de pillage en bande. Le tribunal le condamne à trois ans de prison ferme et en guise de dommage et intérêts à verser 200 millions de francs Cfa à la Société des bananeraies de Mbanga (Spm), et 80 millions de francs Cfa au Centre divisionnaire des impôts de Mbanga, les deux parties civiles au procès.

Mathieu Nathanaël NJOG

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Dimanche 15 mars 2009

Le regard du Chef de l’Etat

Une fois la modification de la Constitution passée,  Biya a évolué dans ses messages, mais pas dans  ses actes.

Des miettes au prix du sang

 

Très attendu par les manifestants, le mercredi 27 février, le président Paul Biya sort de son silence en prononçant une allocution musclée de cinq minutes à la télévision. Le chef de l’État, après avoir évoqué un «bilan humain et matériel […] probablement très lourd», il dénonce alors, un complot de l’opposition. «Pour certains […] l’objectif est d’obtenir par la violence ce qu’ils n’ont pas eu par la voie des urnes, c’est-à-dire par le fonctionnement normal de la démocratie […]. Les apprentis sorciers qui, dans l’ombre, ont manipulé ces jeunes ne se sont pas préoccupés du risque qu’ils leur faisaient courir en les exposant à des affrontements avec les forces de l’ordre». Si l’intervention de Paul Biya a montré la volonté du président de reprendre le contrôle de la situation, par la force, et de chercher des boucs émissaires dans l’opposition, elle n’a apporté aucune réponse, ni mesure, ni promesse aux problèmes concrets posés par la population au cours de ces journées de manifestations. La déception est grande au sein de la population. Cette sortie est perçue par beaucoup comme une déclaration de guerre aux jeunes manifestants. À peine le discours terminé, un grand nombre de militaires fortement armés prennent position dans les rues des grandes villes.

Au lendemain de la crise de février 2008, le Prince d’Etoudi à dû se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond, et que les rapports des services secrets qui lui parvenaient tronquaient la réalité. C’est sans doute ce qui l’a poussé à convoquer ce conseil de cabinet le 7 mars 2008, au cours duquel il a été particulièrement dur avec les membres du gouvernement. Reconnaissant au passage que les émeutes de février étaient fondées, et que les jeunes avaient soulevé des revendications légitimes. Il dira ne pas être sûr que tous avaient fait ce qui était en leur pouvoir pour répondre efficacement aux problèmes, ce qui aurait permis d’éviter la crise de février. Pour finir, il intimait l’ordre à ses ministres de concentrer leurs actions vers l’amélioration des conditions de vie et la lutte contre la vie chère. Il finissait même son discours en avertissant ceux qui ne prendraient pas à cœur ces préoccupations, qu’ils feraient l’objet de sanctions exemplaires.

 

Pour si peu…

Deux mois plus tard, à l’occasion de la célébration de la fête de l’unité nationale, le président de la République a fait un autre clin d’œil vers cette jeunesse, en offrant des commutations et remises de peines à tous ceux qui avaient été condamnés à la suite des émeutes. C’est à la faveur de cette «magnanimité» que Joe la Conscience recouvrera la liberté, aux côtés du millier d’autres jeunes, qui venaient ainsi de passer 4 mois de leur vie au cachot, pour avoir oser revendiquer le droit à la survie. Toujours en réaction aux émeutes, Biya a enfin consenti, le mois de mars 2008, à une augmentation des salaires des fonctionnaires, ce qu’ils réclamaient en vain depuis plus de 15 ans. En dehors de cet acte concret, le pouvoir essaie d’arrondir les angles depuis lors dans les discours. C’est le cas de son discours du 10 février 2009, le président de la République professe des idées et promets des lendemains meilleurs à la société camerounaise, en réalité sans rien dire de nouveau. Dans son discours de fin d’année, le 31 décembre 2008, il revient sur le sujet. «Fin février d’abord, dans plusieurs de nos centres urbains, des désordres ont éclatés en protestation contre la hausse du coût de la vie […] il faut reconnaître que les revendications qui se sont exprimées à cette occasion n’étaient pas sans fondement». Une fois de plus il n’a apporté aucune solution aux préoccupations des jeunes. Mais leur demande de compter sur eux-mêmes, en reprenant ce célèbre proverbe : « aide toi, le ciel t’aidera.» Le bas peuple l’interprète simplement comme la démission du pouvoir devant ses problèmes. Au final, un an après que les Camerounais dans leur immense majorité ont manifesté leur ras le bol quant aux conditions de vie, les discours politiques restent démagogiques, et continuent de laisser tout le peuple sur sa faim.

Roland TSAPI



 

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Dimanche 15 mars 2009

Dossier – Education de base

 

La sonnette d’alarme a été donnée par les différentes missions de la société civile japonaise. A la suite des multiples descentes effectuées dans les infrastructures du projet «Don japonais » au Cameroun, les résultats obtenus ont été inquiétants. La quasi-totalité présente une palle allure parce que plongée dans l’insalubrité ambiante, le délabrement, voire la décrépitude des ouvrages, qui sont les corollaires d’un manque d’entretien et de maintenance. Ce bilan alarmiste n’a pas laissé insensible Mme Halimatou Haman Adama, ministre de l’éducation de base. Surtout que cette situation menace la poursuite du volet construction des écoles de la coopération bilatérale nippo-camerounaise. Du fait du non respect par la partie camerounaise de ses engagements dans le partenariat qui lie les deux pays. Pour sauver ce qui peut encore l’être, il a été décidé d’organiser par an jusqu’au tour complet des sept régions abritant le projet. Les deux premier séminaires ont été organisés le 9 et 15 janvier 2009 respectivement dans les villes de Yaoundé et Douala. Les deux métropoles où l’incivisme est le plus accentué et les plus marquées par les phénomènes de vandalisme et de dégradations du fait que ce sont elles qui ont bénéficié de la construction des premières écoles du projet. Le but était d’informer, sensibiliser sur les enjeux de cette coopération, la politique d’hygiène, d’entretien et de maintenance qui devrait être appliquée dans les écoles du projet : «Don Japonais». Le deux séminaires d’un jour chacun a globalement coûté la modique somme de 21.970.625 Fcfa. Excusez du peu !

Initialement, ce projet de la coopération nippo-camerounaise était porteur d’espoir. D’autant plus qu’il visait à améliorer le niveau d’éducation et d’encadrement des élèves.  Mais aussi améliorer les performances des élèves, en les offrant les conditions de travail fiables ainsi qu’aux enseignants, favoriser la décongestion et promouvoir l’éducation primaire pour tous en tenant compte de l’égalité des sexes à l’horizon 2015. Le projet a vu le jour lors de la première conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) de 1993. Il est lancé au Cameroun en 1997 après la signature des documents le 21 août par les représentants des deux Etats. A ce jour, c’est au total 94 écoles publiques qui ont été construites, pour 1199 salles de classes et 118 blocs de latrines, sur 92 sites éparpillés dans sept régions sur les dix que compte le Cameroun. Ce qui correspond à une aide financière sous forme de don non remboursable de 889 millions de yens (environ 46.940.571.821 Fcfa).

En revanche, l'Etat du Cameroun a pris des engagements dans ce partenariat. Notamment  dans les volet de la sécurisation de ses écoles par la construction des clôtures et le recrutement de vigiles, mais aussi d’allouer un budget pour le volet entretien et maintenance. Seulement onze ans après, seuls 77 de ses écoles du don japonais seulement ont bénéficié de la construction d’une clôture. Conséquence, les écoles japonaises sont livrés aux actes de vandalisme, de certains élèves et particulièrement des riverains. Le budget d’entretien et de maintenance apparaît comme le ventre mou du projet. Curieusement entre les directeurs d’écoles et les responsables chargés de la gestion de ses fonds dans les services centraux et décentralisés ont ne semble pas s’entendre sur leurs déblocages. Ce qui frise les détournements de deniers publics. Les auteurs devront alors rendre gorge.

Peut-on encourager les bailleurs de fonds à choisir la destination Cameroun si les Camerounais eux-mêmes ne mesurent pas la portée et l’impact des dons venus de l’extérieur pour contribuer au développement du pays ? C’est dire s’il y a urgence de redorer ces cadeaux japonais qui étaient au moment de la remise de clés étaient des joyaux qui devrait servir à plusieurs générations. Les responsables du Minedub ont lors de ses séminaires, interpellés la communauté éducative (élèves, parents d’élèves, enseignants et directeurs), les collectivités locales (maires et conseillers municipaux, chefs de quartier) qui ont pris part à ce séminaire de s’impliquer plus que par le passé pour que cela n’arrive plus. Seulement rien n’a été dit sur les actions qui seront menées dans les brefs délais pour la réfection des dégâts relevés. Le Cameroun qui voudrait intensifier sa coopération avec le Japon dans ce secteur aura-t-il des coudées franches?

 

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

Ecoles dons japonais

La situation frise le déshonneur. Indifférence de la communauté éducative.

Douala : Un état de délabrement inquiétant

 

Le tour de quelques établissements de Douala issus du projet « Don japonais » laisse transparaître de nombreuses dégradations, allant des destructions des infrastructures et des équipements à l’irresponsabilité de certains personnels qui laissent les écoles devenir le dépôt de déchets de tous genres. A l’école publique bilingue de Bépanda, les cinq grands bâtiments R+1 de quatre classes et deux bureaux administratives chacun, sont majestueusement dressés. Une barrière en matériaux définitifs ceinture tout le périmètre. La cour est d’une propreté éclatante. Ce matin du lundi 19 janvier 2009, la directrice, Mme Soumelong Young Pauline, en lieu et place des enseignants qui sont pratiquement tous en retard, a soumis les élèves au balayage des différentes salles de classes. Mais ce qui frappe à première vue est le reflet des murs, qui sont défraîchis.

Inauguré depuis 1997, ces bâtiments n’ont plus reçu la moindre couche de peinture, voici onze ans. Les blocs des latrines sont enfouis dans des parcelles envahies par des herbes et des plantes. Mais aussi on constate qu’à la section francophone, il y a tout un bâtiment de quatre salles de classes inoccupées. Ceux des classes occupées présentent des effectifs de moins de 30 élèves. «Les parents n’envoient plus beaucoup les élèves dans les écoles publiques», reconnaît un des responsables. Mais ce dernier dit ne pas véritablement en savoir davantage sur les raisons de ce désintérêt. Curieux, tout de même lorsqu’on sait que Bépanda omnisports et ses environs, où est situé cette école publique bilingue repartie en huit groupes (soit quatre francophones et quatre anglophones), est très populeux. Peut-être faut-il aller chercher les raisons dans le fonctionnement à mi-temps. Lors de notre passage en section anglophone, le directeur du groupe 1B était en plein travail manuel avec les élèves du cours moyens 2è année. Pendant ce temps sa collègue du groupe 1B était en négociation avec un technicien pour défricher mécaniquement les herbes qui ont repoussés tour au tour des bâtiments pendant les congés du 1er trimestre. Aux toilettes, d’une propreté approximative, il y a fuite d’eau au niveau des robinets ce qui crée une importante nappe d’eau dans laquelle les élèves pataugent lorsqu’ils y rendent.

 

Les autres sont à la même enseigne

L’extérieur de la barrière, occupé par les laveries et vendeurs de planches qui occupent les emprises, qui la juchent ne permet pas de donner une fière allure. Les murs en matériaux définitifs sont parsemés de trous, soit pour servir d’échafaudage au hangar, soit de marchepieds pour escalader la barrière et aller   puiser de l’eau ou se soulager dans les toilettes pendant les heures de cours. Ce qui n’est pas pour garantir la sécurité de ces enceintes qui sont pour la plupart dépourvu de vigiles. «Et pour cause, avec la gratuité des frais de scolarité et le paiement facultatif des frais d’Ape, les parents refuse de s’acquitter des cotisations de l’association des parents d’élèves», affirme un des directeurs.

Dans les autres écoles du projet «Don japonais», notamment Cité berge, Ndogbong, Nkongmondo, Billongue, Bonassama, Bonabérie, New-town aéroport, le registre des dégradations révèle : des plafonds et tôles démontés par les intempéries, les tables bancs cassées par les riverains qui les utilisent pendant les vacances pour servir comme tribune lors des championnats de vacances et souvent par les ménagères dans les zones rurales pour les utiliser comme bois de chauffe. On y retrouve aussi des portes défoncées, et par endroit on note les monticules d'ordures dans l'enceinte et aux alentours, les eaux stagnantes le long des murs du fait de la défectuosité de la tuyauterie, ainsi que les caniveaux faute de cirage. Par ailleurs on notre l’absence de voies de canalisation des eaux de pluie.

 

Le cas de New-town aéroport

La situation de l’école publique de New-town aéroport qui est dépourvue de barrière est plus criarde. Les blocs de latrines ont été vandalisés par les riverains. Tout comme les portes des salles de classe du rez-de-chaussée. Affectées aux classes de la maternelle, Sil, Cp et Ce I. Les enseignants disent être régulièrement interpellés par leurs mioches lorsqu’ils ont retrouvé dans les des emballages de condoms et même des condoms utilisés. Lorsque ce ne sont pas les excréments humains qui sont parsemés entre les rangs et même badigeonnés sur les tableaux. «Les habitants en majorité de culture musulmane, disent ainsi protester contre les frais de l’association d’élèves dont ils s’acquittent», confie un enseignant.

Lundi 26 janvier 2009, Mme Essame, la délégué départemental a tenu une réunion d’urgence avec les directeurs d’écoles du projet «Don japonais» pour mettre en place des stratégies qui permettront aux écoles de sa circonscriptions de compétence de sauver la face. On attend les fruits.

M.N. NJOG

 

 

Contribution camerounaise

Le Cameroun est sensé débourser chaque année des centaines de millions dans le cadre de la maintenance et l’entretien des écoles du projet.

Un milliard de francs Cfa a tête chercheuse

 

Dans la coopération bilatérale nippo-camerounaise consacrée au volet construction des écoles, la partie japonaise a pris en charge le financement du projet tout en assurant l’assistance technique. C’est ainsi que de 1997 à 2006, 94 écoles publiques flambant neuves ont été reconstruites et équipées sur les anciens sites des écoles existantes. Des écoles dispersées sur 92 quartiers de sept régions sur les dix que compte le Cameroun. Ces infrastructures et équipements ont été financés par des dons du gouvernement japonais à hauteur de près de 47 milliards Fcfa. Pour accompagner ces investissements à fonds non remboursables, le gouvernement camerounais a pris les engagements de viabiliser les sites pour l’implantation et la viabilisation des chantiers, de prendre en charge les taxes et impôts dus par les entreprises japonaises retenues à la réalisation du projet. Des engagements que le Cameroun s’est acquitté sans coup férir. Par ailleurs, à la livraison des écoles du projet «Don japonais», le gouvernement avait aussi pris l’engagement de sécuriser les écoles par la constructions des clôtures et le recrutement des vigiles. A ce jour, il y a encore, 14 écoles de ce projet qui sont encore dépourvues de clôtures, même s’ils possèdent des vigiles qui disent être dans ces conditions impuissants. Certaines étant situé dans les zones criminogènes.

Par ailleurs, le gouvernement camerounais s’est aussi engagé de les maintenir en bon état  en allouant un budget annuel pour assurer leur entretien et garantir l’hygiène et salubrité. L’Etat camerounais a sur ce plan fait montre d’une grande défaillance. Ce qui est la conséquence de l’état de délabrement de ces joyaux cadeaux japonais. «Jusqu’ici le volet maintenance qui concerne aussi bien l’entretien des bâtiments et des équipements que l’hygiène dans l’enceinte et à l’extérieur des écoles n’a pas bénéficié d’une grande attention du gouvernement », reconnaît l’Unité d’exécution du projet « Don japonais » du ministère de l’éducation de base dans la fiche technique de justification la situation réelle sur le terrain. Toutefois, la même Unité d’exécution affirme que : «Ces opérations qui s’exécutent avec plus ou moins de bonheur au fil des années s’élèvent à près d’un milliard de francs chaque année ».  Pourtant la redistribution des subventions débloquées pour leur entretien et leur aménagement. Curieusement les directeurs d’écoles et les responsables chargés de la gestion de ses fonds dans les services centraux et décentralisés ne semblent pas s’entendre sur l’existence de ce fonds. Certains directeurs des écoles du projet de la ville de Douala que nous avons rencontré ont reconnus avoir reçu de la délégué départementale de l’éducation de base du Wouri, Mme Elise Essame en début d’année scolaire 2008-2009, une dotation de près de 300.000 Fcfa chacun pour l’entretien et l’aménagement des ses écoles, alors que d’autres disent ne pas être au courant d’une telle dotation.

C'est donc à juste titre que André Manga Ewolo, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education de base s'est montré virulent à l'ouverture du séminaire-atelier de Douala. «Le constat fait sur les nombreuses dégradations et destructions des infrastructures et des équipements dans les écoles, la négligence de certains personnels qui laissent les écoles devenir le dépôt de déchets de tous genres.»  Or, la partie japonaise attache du prix à la pérennisation desdites écoles. Ceci s’illustre par la régularité et le nombre toujours croissant des missions de la société civile japonaise dans les infrastructures du projet «Don japonais». «le gouvernement japonais est soucieux de l’utilisation qui en est faite. Plus encore le contribuable japonais accorde un intérêt particulier à l’entretien et l’hygiène dans ces éceoles, critère pouvant garantir selon l’Etat japonais, la durabilité ou mieux la consolidation de ce projet », affirmait Monique Constance Ndongo, coordonnatrice de ce projet à Douala.

Parce que pour le gouvernement japonais, les écoles de ce projet doivent assurer leur place d’écoles de référence dans l’environnement scolaire au Cameroun, susceptible de garantir la qualité de l’éducation de base, pour que Le Cameroun puisse préserver sa crédibilité auprès du partenaire japonais et consolider ainsi la coopération avec le Japon. «Et enfin pour que les efforts des contribuables camerounais et japonais ne paraissent pas vain », affirme-t-on à l’unité d’exécution de ce projet. C’est dire que s’il y a à quelque niveau que ce soit des pratiques s’apparentant aux détournements de deniers publics, les responsables devraient être établies et les coupables rendre gorge.

M. N. NJOG

 

Carte scolaire

Chronologie des constructions

Le partenariat qui lie le Camerounais et le Japon dans le volet construction de ces écoles s’est déroulé en trois phases reparties chacune en trois tranches. Et chacune des tranches est matérialisée par un échange de notes entre les deux parties. La phase I qui va de 1997 à 2000, démarre avec la première tranche le 21 août 1997 et permet de construire 14 écoles publiques dans la ville de Douala. La deuxième tranche est signé le 14 octobre 1998 et aboutit avec la construction de 16 écoles publiques dans les villes de Yaoundé et de Douala. La troisième tranche est signée le 6 août 1999 pour l’achèvement de la construction des 8 écoles publiques de cette phase I Pour un total de 38 écoles du projet « Don japonais ».

La phase II va de 2001 à 2004 et permet de construire 27 écoles publiques. La première tranche de cette phase est paraphée le 16 août 2001 et abouti à la construction de 10 écoles à la ville de Yaoundé. La deuxième tranche signée le 24 juin 2002 offre 9 écoles dans la ville de Yaoundé et dans les villes de la région du Sud. La troisième tranche matérialisée le 19 juin 2003 permet la construction de 8 écoles dans la région de l’Ouest.

La Phase III va s’étendre de 2004 à 2007 et est consacrée à la construction des 33 dernières écoles de ce projet. La première tranche de cette phase est signée le 24 août 2004 et permet d’offrir 11 écoles publiques dans les régions du Centre et du Sud. La deuxième tranche réservée à la construction de 12 écoles est paraphée le 16 juin 2005 dans les villes de Yaoundé, Buea, Limbé et Kumba. La troisième tranche et fin de ce projet est signé le 20 juin 2006  pour la construction de 10 écoles publiques dans les villes de Garoua et de Maroua.

Dans l’ensemble la région du Centre s’en tire avec 29 écoles pour 481 salles de classes et 43 blocs de latrines entre 2001 et 2006. la région du Littoral bénéficie de 20 écoles pour 195 salles de classes et 23 blocs de latrines entre 1999 et 2001. La région du Sud voit construire entre 2003 et 2005 11 écoles pour 112 salles de classes et 12 blocs latrines. La région de l’Ouest reçoit en 2004 dans ce partage 11 écoles pour 163 salles de classe et 13 blocs de latrines. La région du Sud-Ouest bénéficie de 12 écoles pour 112 salles de classe et 12 blocs latrines. La région de l’Extrême-Nord voit construire en 2007 6 écoles pour 74 salles de classe et 7 blocs latrines.  La région du Nord se contente en 2007 de 4 écoles pour 64 salles de classes et 7 blocs latrines

M.N.N

 

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Dimanche 15 mars 2009

Grève - Mouvement d’humeur

A la suite d'un ballon d'essai lancé mercredi 25 février 2009, le personnel de cet établissement secondaire a lancé la phase II depuis hier lundi 2 mars. Hier lundi 2 mars 2009, le collège Alfred Saker (Cas) a connu une ambiance inhabituelle.

Les enseignants, installés dans la salle des professeurs observent un débrayage général. Dans l'enceinte de l'établissement, le calme studieux a cédé la place à un bruit indescriptible. Dans les salles de classes, les élèves abandonnés à leur sort jacassent et multiplient des va-et-vient. D'autres ont préféré déserter les classes après la pause de midi. La Seconde GB est ainsi réduite à un effectif de 19 élèves sur la cinquantaine qu'elle compte. Dans la salle des professeurs, alors que certains enseignants s'occupent à corriger les feuilles d'évaluation, plusieurs autres sont en concertation.

Il est question pour ces derniers de rédiger un protocole d'accord qui pourrait conduire à une levée du mot de grève dès ce matin. "Pour cela, il faut tout simplement que le principal tienne parole et le signe comme il s'y est engagé ce matin [lundi 2 mars 2009]", affirme un des enseignants. Seule une minorité d'enseignants a prodigué des cours. "Seul le professeur de mathématique a fait cours depuis le matin", confirme un élève de classe de 3ème.

 

Vers un compromis

La journée de Louis Lucien Herard Mandengue, principal du collège Alfred Saker, a débuté très tôt. Affichant profil bas, il a dû négocier avec le personnel un sursis à exécution de la menace de grève, l'implorant de ne pas compromettre l'avenir des élèves qui n'y sont pour rien et dont les parents se sont acquittés de la totalité des frais de scolarité. Dans ses concessions, il a promis de procéder au reclassement du personnel ; de revaloriser de 25% le salaire de base après reclassement pour les quatre mois restant (mars à juin) ; de revaloriser les deux primes (transport et enseignement secondaire général et technique, Esgt) jusqu'ici payées mais différées pour la rentrée prochaine. Le personnel exige une revalorisation de 50% dès la rentrée prochaine, l'intégration de toutes les autres primes (salissure, risque, rendement, recherche scientifique, ancienneté) toujours pas prises en compte. Les deux parties ont convenu de soumettre cela au comité exécutif de l'église évangélique du Cameroun (Eec) en mai prochain.

"Il est évident qu'il y avait des aspects de leurs revendications à prendre en compte. Nous y pensions déjà. Seulement, ce mouvement d'humeur va nous amener à donner une suite plus rapide que nous ne le pensions ", reconnaît Josué Charré, directeur national des enseignements secondaires général et technique (Esgt) et président du conseil d'établissement (Pce). " Nous sommes confrontés à un problème de trésorerie. Car il ne faut pas faire des concessions qui vont déboucher sur une cessation de paiement dès janvier ou février ", poursuit-il. Selon lui, les concessions faites entraînent un surplus de près de 44 millions Fcfa non budgétisés qu'il faut trouver pour les quatre prochains mois. Par ailleurs, passer à 50% d'augmentation entraînerait pour les salaires une dépense de près de 270 millions Fcfa sur des recettes qui n'excèdent pas 300 millions Fcfa l'année.

"Pour cela il faut attendre de voir le visage de la rentrée. Si les effectifs le permettent, on pourra satisfaire ces exigences." Toutefois, il précise que "selon la loi, l'augmentation se fait sur la base d'une décision concertée de l'assemblée des fondateurs des établissements d'enseignements privés secondaires protestants, de peur que cela n'ait un effet d'entraînement néfaste."

 

Focal

Aux sources du malaise actuel

Tout commence lors du Conseil d'établissement (Ce) du 14 janvier 2009. Dans leur rapport sur la situation du personnel, les quatre représentants du personnel démontrent son incidence sur la baisse des performances scolaires, dénonçant la moyenne salariale (90.000 Fcfa).

Ils relèvent l'inadéquation entre ce traitement et les conditions de vie actuelles avec la flambée des prix sur le marché. Pour eux, dans le contexte économique actuel, il faut au moins 175.000 Fcfa, or le décret N° 82/099 du 3 mars 1982 fixant les salaires des professeurs de l'enseignement privé entré en application en 1985, est dépassé. Plus grave, au Cas, cette grille serait mal appliquée parce que ne prenant pas en compte les échelons prescrits.

Mais le Conseil classe le rapport du personnel sans suite qui le prend mal. Ce qui débouche sur l'assemblée générale du personnel du 22 janvier dernier. Le personnel réitère ses revendications dans une correspondance adressée au directeur national des Esgt. Il réclame une revalorisation salariale du simple au triple et la mise en place d'une commission paritaire qui devra siéger tous les deux ans pour statuer sur les échelonnements.

Une deuxième correspondance est envoyée avec un programme de débrayage si aucune suite n'est donnée. Un conseil d'établissement est alors convoqué pour le 28 février 2009, trois jours après la première phase du débrayage annoncé pour le 25 février 2009 par une demi journée de réflexion (protestation) qui a effectivement eu lieu. Le Conseil du 28 février s'étant achevé en queue de poisson après six heures de discussion, le personnel met en exécution la deuxième phase qui consiste à un débrayage qui ira du 2 au 4 mars 2009 dénommé "Journées de mécontentement".

Si jusque-là aucune solution n'est trouvée sera alors entamée pour une durée indéterminée un débrayage baptisé " journées des humeurs noires ". Au moment où nous allions sous presse, nous avons appris que la grève a été levée après la signature du protocole d'accord dans lequel le personnel a joint une clause sécuritaire. "Pas de rétorsion et de licenciement abusif pour une durée de dix ans."

Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 15 mars 2009

Tension sociale
Les anciens agents temporaires et ceux encore en poste promettent de lancer un mouvement de grève dans les prochains jours.

 

«Au regard de la filouterie de Camtel dont sont victimes certains d’entre nous, associée au fort désir de rentrer dans nos droits, nous vous informons de l’imminence d’une autre grève», lit-on dans une correspondance envoyé dans les rédactions. Les agents temporaires (Uer, Uir, Sul et distributeurs des factures de téléphone) de la direction régionale Camtel Littoral,  auteurs de cette menace de grève disent maintenir la revendication de la régularisation de leur intégration. Après une semaine (9 au 17 octobre 2008) de paralysie du fonctionnement de l’immeuble siège de la direction générale de Camtel Littoral à la suite d’un sit-in d’une trentaine de leaders d’agents temporaires, une rencontre tripartite d’urgence a réuni Mme Edjangue Ekambi, le Délégué provincial du travail et de la sécurité sociale du littoral, Charles Pedene, le Directeur des ressources humaines, Mme Judith Achidi Achu,  le Directeur Régional de Camtel pour le Littoral et les 200 agents temporaires employés. Au sortir de cette assise, il avait été décidé de l’arrêt de la grève et la garantie de ne pas sanctionner  les manifestant.

Curieusement le 22 octobre 2008, deux jours après avoir repris le travail, il a été mis fin à leur collaboration en violations des engagements. Lesquels engagements tenaient à l’insertion à Camtel de ceux qui le souhaitaient et le départ de ceux qui le désiraient. A cet effet, deux listes étaient ouvertes. Seuls 25 personnes se sont inscrites sur la liste des départs volontaires. Au moment de publier les noms, Mme Achidi Achu a grossi la liste «aux indésirables». Au final, 83 agents temporaires ont été mis à la porte. Les primes de séparations, aux montants dérisoires oscillaient entre 1.000.000Fcfa pour tous ceux qui justifiaient d’une ancienneté de 02 à 05 ans et de 1.500.000Fcfa  pour ceux de 06 à 10 ans. Depuis lors, ces agents temporaires qualifiés qui étaient les maillons principaux dans la bonne marche des différentes unités de Camtel font grandement défaut et est davantage dommageable pour cette entreprise. «Nous en voulons pour preuve les actuelles pitoyables recettes  de la Direction régionale du Littoral qui représente près de 70% des recettes financières globales de l’entreprise», déclare un agent temporaire en service.

La promesse de rappeler les plus méritants n’est toujours pas tenue. A la Direction des ressources humaines (Drh), on dit se donner le temps de faire l’évaluation des besoins en ressources humaines. D’autant plus qu’à la Drh, on reconnaissait que la Camtel est confrontée à un problème d’effectif pléthorique. «Nos effectifs sont largement au-dessus des normes prescrites par le Bit. Nous ne pouvons pas fonctionner sans temporaires. Mais il faut éviter les recrutements fantaisistes et pléthoriques».

En revanche, les temporaires dénoncent les recrutements sous fond tribal qui y ont cours. Pour redonner de l’impulsion à ses unités, Mme Judith Jah Sunday épouse Achidi Achu,  à depuis quelques temps fait appel à certains des temporaires remerciés. Lesquels sont rémunérés à concurrence de 3.000 Fcfa par journée de travail. Les réduisant au statut de tacherons. Pis encore, les agents temporaires se plaignent de subir une ponction arbitraire de 5.000 Fcfa dans leur rémunération mensuelle. Malgré toutes les requêtes et démarches, les raisons de cette retenue ne leur ont toujours pas été données. Pourtant, au lendemain de la grève des temporaires, le directeur des affaires administratives de Camtel Littoral avait été relevé de ses fonctions. Les agents temporaires affirment que c’était pour une faute similaire.

Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager

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