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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 18:01

Compétitivité - Génie mécanique

Le Fonds national de l’emploi a organisé le jeudi 15 octobre 2009 une sectorielle pour plancher sur le thème : «La compétitivité des entreprises de génie mécanique à l’aube de la mise en œuvre des grands projets au Cameroun»

 

1- Les défis du secteur de génie mécanique

«Chaque fois que nous avions monté des projets pour le Cameroun, nous nous sommes rendus compte que le génie mécanique revenait quasiment comme un secteur incontournable», affirme Marie-Colette Bimaï. Car les entrepreneurs se retrouvent avec des taux de disponibilité des équipements inférieurs à 35%. Et cette indisponibilité des équipements est due pour 80% à des problèmes de maintenance des équipements et des ressources humaines. C’est pourquoi «En prélude aux grands chantiers industriels qui s’annoncent, il était opportun pour nous de savoir si les Pme camerounaises de ce secteur, sont capables de répondre au besoin du marché et aux exigences des normes internationales, car la mondialisation place les entreprises camerounaises dans une situation de rude concurrence. Le Fonds national de l’emploi dans ses missions régaliennes entend participer au relèvement des niveaux de compétences des ressources humaines du secteur du génie mécanique», souligne Marie-Colette Bimaï, chargé d’étude de l’intermédiation, situant l’intérêt de ce forum des professionnels du secteur du génie mécanique, dans la filière de la maintenance industrielle, organisé le 15 octobre 2009 à Douala par l’Agence Littoral du Fonds national de l’emploi (Fne).

A l’occasion, les professionnels du secteur du génie mécanique dans la filière de la maintenance industrielle ont dans le diagnostic effectué, fait le point sur les problèmes organisationnels et structurels de la filière ; les facteurs de développement envisageables ; et la mise à niveau des ouvriers, techniciens et managers des entreprises concernés, et du personnel à recruter pour les projets futurs. Ils sont arrivés au constat que les entreprises du secteur se déploient dans très peu de disciplines. Le niveau faible de l’industrialisation du Cameroun a amené les opérateurs économiques à ne s’intéressent qu’à la maintenance industrielle avec ses disciplines connexes et à la construction métallique à petite échelle. La qualité des équipements faisant défaut. Sur les 43 entreprises généralistes : 27 disposent d’équipements et outillages de plus de 20ans acquis à l’occasion ; 11 disposent d’équipements et outillages de moins de 10ans acquis à l’occasion; 5 disposent d’équipements et outillages de moins de 5ans acquis à l’occasion. Sur les  21 spécialistes du 1er groupe : 12 disposent d’équipements et outillages d’occasion de plus de 20ans; 7  disposent d’équipements et outillages d’occasion de moins de 10ans; 2  disposent d’équipements acquis à l’état neuf, de moins de 5 ans.  Sur les 4 spécialistes du 2e groupe : 1  dispose d’équipements et outillage d’occasion de moins de 10ans, 2 disposent d’équipements et outillage d’occasion de moins de 5ans, 1 a démarré ses activités il y a moins de 5ans, avec du matériel neuf.

Plusieurs facteurs qualifier d’exogènes pour certaines et d’endogènes, ont été relevés comme blocage au développement des entreprises camerounaises de ce secteur en particulier et des Pme en général. Sur le plan de l’environnement institutionnel, Pierre Abanda Kpama constate que «les anciennes structures d’encadrement et d’accompagnement des Pme ont disparu, par la volonté du Fmi et de la Banque Mondiale. Le Fogape, le Capme, le Fonader, la Bcd ont été sacrifiés sur l’autel des programmes d’ajustement structurel. Celles qui ont résisté agonisent ; c’est le cas de Matgénie et du Cenema » avant d’indiquer que «Le débat sur la gouvernance de ces structures doit avoir lieu. Et l’impérieuse nécessité de leur réhabilitation ne fait pas débat.» Pour compléter le tableau institutionnel, il ajoute pour le déplorer, qu’il n’existe pas d’institution financière spécialisée dans le financement des Pme…les banques commerciales n’accordent pratiquement pas de crédit aux Pme, au motif que les Pme ne présentent pas les garanties suffisantes pour bénéficier des prêts.

 

2- Une exigence de compétitivité.

Il y a même les bases de création d’une entreprise qui ne sont pas respectées dans la majeure des cas. Notamment l’élaboration d’une étude de projet comportant une description claire du projet qu’on veut mettre en route : une étude de marché, une étude technique, une étude financière et une étude prospective ? «La vérité est que très peu de nos entreprises ont suivi ce schéma. Nous agissons par mimétisme et par flair», reconnaît Abanda Kpama. Il y a aussi la faible capacité managériale. On doit à la vérité de dire que nombre de dirigeants de Pme n’ont pas toujours les compétences et l’expérience suffisantes pour gérer les entreprises dont ils sont les promoteurs. Plus inquiétante est la tendance observée à ne pas s’entourer de personnes qualifiées. Conséquence : «Il est surprenant de constater que plus de 90% des marchés publics sont attribués à des structures illégales appelées Etablissements», révèle Abanda Kpama. Quant à la fiscalité, on constate que les Pme sont soumises à la même fiscalité que les grandes et très grandes entreprises. Pour prendre le seul exemple de l’impôt sur les sociétés, y compris dans les pays les plus développés, le taux applicable pour les Pme est généralement de l’ordre de 50% inférieur à celui appliqué aux grandes entreprises. «Au Cameroun, il est de 38,5% pour les grandes entreprises et de 38,5% pour les Pme ! C’est une situation pour le moins insolite», dénonce Abanda Kpama. Il y a aussi le retard observé dans les paiements des prestations où les grandes entreprises publiques, parapubliques et privées, bloquent le paiement des prestations dûment réalisées et réceptionnées des Pme pendant 3, 6, 9, voire 12 mois. De même que le faible transfert de technologie. Tous les grands projets industriels qui ont été exécutés au Cameroun jusqu’alors ont vu écarter de la sous-traitance les Pme camerounaises, et éviter à tout prix le moindre transfert de technologie.

D’autant plus que le problème de fond qui se pose pour nos entreprises c’est bien celui de la compétitivité. «Il ne fait aucun doute que la compétitivité de nos entreprises par rapport à l’extérieur est d’abord et avant tout une capacité à satisfaire les exigences dictées par les standards internationaux, particulièrement en matière de qualité», affirme Jean Bosco Kilama. Le minimum exigé est la norme Iso 9001. Pour cela, il faut faire face à la faible offre en ressources humaines qualifiées. Lorsqu’elles doivent réaliser des chantiers d’une certaine envergure, les Pme du secteur du génie mécanique dans la filière maintenance sont très souvent confrontées au manque de techniciens qualifiés. On peut citer : les tuyauteurs sanitaires encore appelés plombiers, des échafaudeurs, des scaphandriers professionnels, des soudeurs en milieu marin, des techniciens de maintenance offshore, des techniciens en qualité et sécurité, des techniciens de levage, des techniciens anticorrosifs. «Il est alors urgent qu’un partenariat gagnant-gagnant soit mis en place entre les établissements et les opérateurs économiques pour mettre en place un programme de formation et de qualification de la main d’œuvre du génie mécanique», propose le Directeur de l’Uit de Douala. «En espérant que nous disposons encore du temps pour le faire et éviter ainsi d’être absorbés pendant la réalisation des grands projets, par les entreprises venues d’Asie et de l’Occident», s’inquiète Jean Bosco Kilama situant la menace. L’expérience du pipeline Tchad – Cameroun, est évocatrice. Les pouvoirs publics n’avaient pas pu empêcher Wilbross d’écarter les entreprises camerounaises de ce projet. Au regard des grands chantiers à venir, les promoteurs des Pme du secteur du génie mécanique ont mis sur pied l’Association pour le développement de la sous-traitance au Cameroun (Adescam) pour servir de structure de pression et de lobbying qui soit en mesure de défendre plus efficacement les intérêts de nos entreprises. Mieux, qui soit le conseiller de l’Etat et de ses démembrements dans la mise en œuvre de sa politique de promotion des Pme.

 

3- Offre d’emplois des grands  projets industriels à venir

Pendant les quatre dernières décennies, Le génie mécanique s’est révélé être un secteur en pleine expansion. Aujourd’hui, malgré des difficultés conjoncturelles, l’ Adescam compte 122 entreprises  inscrites dans le Génie mécanique, le Génie civil, le Génie électrique et les services à l’Industrie. Mais dans l’ensemble, ces entreprises sont confrontées à un problème de spécialisation des filières. «Plus les contraintes de compétitivité sont fortes, et plus elles ont tendance à se moderniser et la spécialisation constitue un des  leviers pour la Compétitivité», affirme Christian Essawe Eyobo, secrétaire permanent  d’Adescam. L’offre structurellement actuelle est dispersée et sous-équipée. Une enquête de l’Adescam faite sur 68 approchées indique que : 43 sont généralistes de toutes les filières du Génie mécanique, soit 64% ; 21 sont spécialisées dans au maximum deux filières du Génie mécanique, soit 31% ; 4, seulement sont spécialisées dans une seule filière du Génie mécanique, soit 5%. Et Essawe Eyobo de conclure que «plus les entreprises de Génie mécanique sont  généralistes, moins elles disposent d’équipements récents.»

Cette préoccupation se pose avec acuité à l’orée du démarrage des grands chantiers à venir. On cite l’extension de la Sonara qu’on prévoit pour début mars 2010 et celui de l’extension du Port en eau profonde de Kribi qui va nécessiter une main d’œuvre de 1000 personnes dans les secteurs d’activités diverses.  Pour Bourdin, le directeur technique d’Alucam, il a fallu attendre la signature du contrat d’électricité pour que Rio Tinto ressort des tiroirs  les grands dossiers d’investissement pour le Cameroun. Il s’agit de l’extension de l’usine d’Alucam d’Edéa et la construction d’une nouvelle usine à Kribi d’une capacité d’un million de tonne qui pourra démarrer d’ici 2013 pour une durée respective de 4 ans. Avec une création respective de 2500 et 1000 d’emplois. L’Adescam de manière plus précise évalue pour le secteur du génie mécanique de  207 emplois dans la charpente métallique, 197 emplois dans la chaudronnerie soudure –    tuyauterie, 83 emplois dans le montage mécanique.

Il y a aussi, la construction du barrage de Nachtigal qui aura une durée de 3 ans avec une opportunité d’emploi en génie mécanique de : 67 emplois dans la charpente métallique, 47 emplois dans la chaudronnerie soudure – tuyauterie, 102  emplois dans l’hydromécanique. La construction du barrage de Lom Pangar dont on ne connaît toujours pas la date de démarrage aura une durée de 3 ans et offrira une opportunité de : 78 emplois dans la charpente métallique, 59 emplois dans la chaudronnerie soudure – tuyauterie,   dans l’hydromécanique (non déterminé).  ©Et à long terme, le barrage de Songmbengue. Mais les entreprises de génie mécanique sont confrontées à beaucoup de difficultés d’accès aux Commandes.

Mathieu Nathanaël NJOG

Par Njognath - Publié dans : Economie
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:48

Interview - Me Pensy Emmanuel

A la lumière du plumitif de l’arrêt du 11juin 2009 de la Cour d’appel sur l’affaire opposant le ministère public et le Port autonome de Douala à Siyam Siwe, Etondè Ekoto et Compagnie, nous revenons sur le verdict avec un avocat de la défense. D’autant plus que les avocats avaient refusé de suivre le prononcé du verdict pour marquer leur protestation sur l’issu du procès.

Me Pensy la décision de la collégialité de la Cour d’appel du Littoral du 11 juin 2009 dans l’affaire opposant le  Port autonome de Douala  à Siyam Siwe, Etondè Ekoto et autres, a suscité un tolet des avocats de la défense. Qu’est-ce qui avait justifié cette réaction.

Evidemment nous n’avions pas été satisfaits de cette décision, non seulement parce que nos clients ont été tous condamnés, mais également parce que cette décision viole des dispositions légales et réglementaires, je ne vais pas les citer toutes. Tout d’abord, je voudrais dire que le juge n’a pas répondu à toutes les exceptions soulevées par les avocats de la défense et conformément aux dispositions de l’article 382 alinéa 4 du code de procédure pénale, le juge avait l’obligation de rendre une décision séparée. Je peux citer les exceptions d’incompétence en ce que la juridiction du Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri statuant en matière criminelle ne pouvait pas juger d’une affaire d’escroquerie foncière qui est un délit. Le délit doit être jugé par le juge correctionnel, c’est ce que dit la loi du 29 décembre 2006. Par conséquence, le juge devrait se déclarer incompétent. Nous avons alors soulevé une exception préjudicielle, demandant qu’on renvoie d’abord le dossier pour que la Cour commune de justice et d’arbitrage d’Abidjan statue, le juge n’en a pas parlé dans l’arrêt du 11 juin 2009. Nous avons soulevé par ailleurs une exception qui nous paraissait grave d’autant plus qu’elle concernait la composition du Tgi. Parce que le Procureur de la République du tribunal de première instance de Ndokoti, magistrat d’une juridiction d’arrondissement et qui ne fait pas partie du Tgi du Wouri a fait partie du collège du parquet. De ce fait, la composition est irrégulière et entraîne de fait la nullité d’ordre absolu du jugement des 12 et 13 décembre 2007. La Cour a évité d’en parler, ce qui est une faute grave et une violation de la loi et de la jurisprudence. Notez que nous avons également soulevé de multiples autres exceptions. La Cour d’appel n’a pas répondu à toutes nos exceptions et je dis que, la non réponse aux conclusions déposées est un élément de cassation que la Cour suprême du Cameroun a toujours sanctionné. Sur ce point là, cet arrêt de la Cour d’Appel de Douala ne peut pas me satisfaire. Je rappelle également que le procès n’a pas été équitable et c’est une violation de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui a été ratifiée par le parlement camerounais. Les décisions ont été rendues à l’emporte pièce par des magistrats qui n’ont pas fait leur travail. Plus qu’une déception, c’est une indignation que nous exprimons ici.

 

A vous entendre, la procédure était frappée de nullité depuis le départ.

Voyez-vous, même si on s’en tient uniquement sur l’ordonnance de soit informé du 21 février 2006 qui cadre la saisine du juge, elle est basée sur un texte abrogé. En l’occurrence le décret du 27 novembre 1947 qui a été abrogé par le décret du 15 octobre 1966. C’est sur cette base que le Procureur de la République a cadré sa saisine. Toute la procédure dans l’affaire du Port Autonome de Douala n’est donc nulle et de nullité absolue. Il y a une violation des droits à la défense. On ne va pas faire une expertise sur votre dos. On ne peut pas fermer votre bureau et vous poursuivre.

Et ce qui me semble encore grave avec le nouveau code de procédure c’est de savoir combien de personne sera encore capable de payer un avocat. Sur des procès comme le notre où nous avons 700 Kilogrammes de dossiers, et nous avons rien qu’au tribunal payé plus de 4 millions de Fcfa pour entrer en possession des photocopies certifiées des différentes pièces, je me demande quel est le Camerounais qui peut le faire. La procédure actuelle pose problème à l’Etat qui a déjà dépensé plusieurs centaines de millions Fcfa et n’a rien eu. Et je doute fort que l’on puisse procéder à l’exécution de cette décision un jour à l’étranger.

 

Parlant des sommes pour lesquelles Etondè Ekoto a été inculpé, vous parlez de caisses de missions et primes de missions forfaitaires, mais on note qu’il a été acquitté sur deux de ces  accusations et sur plusieurs autres, il a été condamné, notamment de 3 800 000 Fcfa et 85 700 000 Fcfa à titre de dommages intérêts.

Pour être plus clair, ces sommes sont liées aux frais forfaitaires de missions reconnus par l’Acte uniforme de l’Ohada. Toutes ces dépenses ont été comptabilisées et reconnues par les administrations fiscales, les représentants de l’Etat qui siègent au Conseil d’Administration et approuvées en 2007 par l’Assemblée Générale du Port. Par ailleurs, les sommes reçues comme primes, à l’instar des 3 800 000 Fcfa distribués lors du premier Conseil d’administration qu’il a présidé en 1999, et dans lesquelles il a perçu 500 000 Fcfa comme Pca et

300 000 Fcfa pour chacun des administrateurs, lui ont été imputés, or ils ont tous reconnus l’avoir perçus, la fiche d’émargement a été remise à la Cour d’appel. Malgré tout, cette prime a fait l’objet d’un acquittement au niveau du Tgi, mais à la Cour d’appel, on a globalisé la somme perçue par tout le monde et on a condamné solidairement Siyam Siwe et Etondè Ekoto, ce qui avait soulevé un tollé général même au sein du public. Et pour cause, elle a fait l’objet d’une mauvaise dénomination. Elle a été appelée prime de naissance du Pad, or nous avons indiqué que c’était une prime de fin d’année. Cela n’a pas de sens et cela ne tient pas parce que les autres administrateurs l’ont perçues et Siyam Siwe ne l’a pas touchées parce qu’il était Dg et pas administrateur. C’est une première incongruité.

Parlant  des 85 700 000 Fcfa, lorsque nous sommes arrivés devant le premier juge, on a demandé aux experts d’apporter la preuve des originaux des prétendus détournements. Le Code de procédure pénale dit que la preuve soit rapportée par les originaux de documents qui sont qualifiés de preuve primaire. Il faut des documents certifiés conformes aux originaux. Sur la totalité de cette somme là, les experts n’ont pu remettre que des pièces justificatives portant sur 33 millions Fcfa de frais de missions perçus en six ans. Dans lesquels il y a les frais dont les missions ont fait l’objet de félicitation du ministre de l’économie et des finances et celui des transports qui sont la tutelle du Pad, notamment des missions effectuées à Seattle, à Rouen et au Japon sur lesquelles il y a eu des retombées de plusieurs milliards Fcfa obtenus pour le compte des projets de réaménagement du Pad. Preuve a été rapportée que ces missions ont été effectuées, comptabilisées et acceptées par l’Assemblée Générale, c’est-à-dire par l’Etat du Cameroun. C’est pourquoi je suis étonné qu’on ait condamné le Pca à la Cour d’appel sur la base des frais de mission de 3,7 million Fcfa remis à l’occasion du 40è anniversaire de l’Armée française où il avait été invité par le Président de la République, es qualité pour représenter le Pad au Ciad à Ngaoundéré et comprenant les frais de transport de son véhicule par Camrail. On a été acquitté chez le premier juge, mais pas à la Cour d’appel parce qu’on dit qu’on n’a pas apporté les factures justificatives sur un évènement d’il y a cinq ou six ans, pourtant comptabilisées au Pad. Les originaux qui ont été apportés étaient de 33 millions Fcfa et cela a fait l’objet des explications. Certains frais faisaient partie des dépenses imprévues dont des cadeaux offerts aux hôtes, et pour des dépenses imprévues telles que la location des salles de conférences, etc. Il y a même Wensitcheu Mouga à qui le Colonel a payé des frais de billet d’avion supplémentaire au Japon, toutes ces sommes ont été comptabilisées dans les livres comptables du Pad et approuvées par le fisc. Bref tout le monde a validé et approuvé ces dépenses, les commissaires aux comptes, le conseil d’administration et même l’Assemblée générale. Nous sommes étonnés que devant la Cour d’Appel alors que les experts du Parquet devant le Tgi n’ont fourni que des pièces portant sur 33 millions Fcfa relatifs aux caisses de mission, dons et libéralités, que la Cour d’appel puisse condamner  le Colonel Etondè Ekoto et Siyam Siwé à payer  pour détournements de deniers publics 85 700 000 Fcfa. Néanmoins, ni le Tgi, ni la Cour d’appel n’ont eu des pièces portant sur un tel montant puisque les experts étaient absents à la Cour. Ce n’est pas sérieux, elle dénote d’une méconnaissance terrible par les juges du dossier et de la vie de l’entreprise. Ils ont repris les accusations de l’ordonnance de renvoi  qui parle de 85 700 000 Fcfa sans lire le dossier, ni les déclarations de l’accusation devant le premier juge contenues dans l’extrait du plumitif du Tgi.

 

Que dire des 400 millions Fcfa de l’ordonnance 159 pour lesquelles Etondè Ekoto a été condamné ?

Le tribunal n’a pas été en mesure de démontrer que les sommes ont effectivement été détournées. Sur la dernière somme représentant la résolution 159 qui concernait les 400 millions Fcfa pour lesquels le Colonel Etondè Ekoto a été condamné, les administrateurs ont une fois de plus admis avoir touché ses sommes. Ces 400 millions ont été encaissés en espèces de la Bicec par un collaborateur et remis au Chef de cabinet Babila Tita qui les a remis au Dg Siyam Siwé. Il l’a reconnu lors des audiences. Les 20 millions encaissés par M. Ebelle, le Chef du secrétariat du Pca ont été remis au Rdpc dans le cadre du soutien à la campagne présidentielle de septembre 2004. Etondè Ekoto n’a même pas touché, ni vu cette somme d’argent, c’est son secrétaire particulier et son chef de cabinet qui ont acheminé cet argent au parti. Seuls les justificatifs de 75 millions Fcfa ont été produits devant les juridictions par le Dg et il a dit pour le reste qu’il ne pouvait rien dire pour des raisons d’Etat.

Il est toutefois établi que tous les destinataires des différentes sommes ont perçu de l’argent dans le cadre de la résolution 159 du Conseil d’administration. Le problème s’est compliqué parce qu’entre temps Siyam Siwé, Dg du Pad a été nommé ministre et que c’est Etoundi Oyono nommé Dg du Pad qui a rédigé le procès-verbal du 12e Conseil d’administration dont il n’avait pas assisté puisqu’il était encore Dg de la Src à l’époque des faits. Ce qui a entraîné une confusion. Ce procès-verbal précité a été rejeté par le Conseil d’administration. Les 5 millions Fcfa qui ont été touchés par plusieurs membres du Conseil d’administration, qui au départ avaient nié l’existence de cette résolution, a fini par être admise par un autre membre du conseil d’administration. M. De Coster puisqu’il s’agit de lui a admis devant le juge d’instruction que la prime de bonne fin de la résolution 159 a été discutée.

Mais la Cour d’appel dit le contraire alors que les preuves d’émargement que des membres du conseil d’administration qui le niaient existent sauf que l’original a été distrait par les services de l’ancien Dg du Pad Etoundi Oyono. Il ne fait pas de doute qu’il y a eu dans l’appréciation de cette accusation deux poids deux mesures. Le Pad qui est partie civile dans cette affaire n’a pas pu apporter l’original de ladite résolution sous le prétexte que l’original est perdu. Le tribunal a estimé que la photocopie présentée du procès verbal de cette résolution est fausse alors que ce document a été présenté par Etoundi Oyono. Je veux dire que vous ne pouvez pas porter plainte contre quelqu’un en présentant tout simplement une photocopie. Et que la Cour d’appel ne peut pas dire qu’une photocopie est un faux alors que c’est le plaignant qui l’a apporte. Tout ça est kafkaïen.

 

A vous écouter, et lorsqu’on fait une comparaison des décisions prises entre le premier juge et la Cour d’appel, il ressort que cette dernière a été très sévère. A quoi auront servi vos mémoires d’appel et vos conclusions ?

Il est regrettable qu’on n’ait pas eu un procès équitable. Si la Cour d’appel répondait à la totalité des exceptions soulevées et à nos conclusions, elle devait acquitter. Mais elle a refusé systématiquement en l’absence de bonne foi,  par peur de représailles de la Chancellerie parce que cette affaire avait été classée dans le cadre des affaires sensibles ce qui en fait une affaire politique suivie jour et nuit par le ministère de la justice qui voulait qu’il serve d’exemple… de nature à freiner les détournements des autres dirigeants et gestionnaires de crédits dans les entreprises publiques – Or, ceci a échoué lamentablement.

 

Au stade actuel où en êtes-vous dans les procédures ?

Non seulement nous nous sommes pourvus en cassation dans les délais légaux, mais après la décision, nous avons saisi la Cour commune de justice et d’arbitrage d’Abidjan pour qu’elle statue. Notamment, dans le cadre des dispositions des articles 14, 15 et 18 de l’Acte uniforme et sur les infractions qui sont prévues par les dispositions des articles 889 et suivants de l’Acte uniforme sur les droits des sociétés commerciales et des groupes d’intérêts économiques (Gie). Et son application en droit interne camerounais est la loi du 10 juillet 2003 précitée qui dit que les infractions des dirigeants des sociétés anonymes comme le Pad, société commerciale même ayant pour actionnaire unique l’Etat sont des infractions délictuelles. Et parce qu’elles sont délictuelles, cela a une incidence, car dans ce cas la peine maximale est de 5 ans d’emprisonnement ferme. Ça veut dire également que s’agissant d’un délit, la prescription est de 3 ans. C’est-à-dire que le point de départ par le juge des infractions reprochées à Etondè Ekoto doit être de 3 ans à partir du jour où il a été inculpé. On ne pouvait pas faire des investigations antérieures au 12 octobre 2003. Je voudrais expliquer en ce sens que ce sont ses éléments qui fragilisent aussi bien les poursuites contre l’ex Dg du Pad, Siyam Siwé. Certains aspects des problèmes qui concernaient les résolutions du conseil d’administration et autres qui sont les infractions cadrées. On devrait voir le mouvement d’ordre mondial qui est entrain d’aller vers la dépénalisation des infractions des dirigeants des entreprises commerciales. Ce n’est pas parce que le maximum de  la peine est de 5 ans qu’on ne peut pas condamner ceux qui sont coupables. Mais il faut encore démontrer leur culpabilité. Cela va permettre aux décisions de justice camerounaises d’être des décisions d’abord humaines et qui respectent les conventions internationales.

Malheureusement, nous sommes dans cette affaire dans le cadre des décisions politiques qui sont prises pour faire peur aux autres dirigeants en donnant des condamnations de 30, 50 ans et même à vie aux gens pour des infractions qui ne sont que délictuelles. L’on transforme ainsi le Cameroun en un Etat répressif, et attentatoire aux droits de l’Homme. Or, pour les camerounais, l’essentiel est qu’on récupère l’argent détourné par des personnes reconnues coupables. Le fait que ces décisions soient sévères, nous obligent à saisir toutes les instances internationales et fragilisent totalement l’accusation. C’est pour cela que le public parle de règlement de comptes. En somme, tout ceci va à l’opposé de l’option politique choisie.

 

Quels sont les aspects que vous portez devant à la Cour commune et d’arbitrage d’Abidjan

Sur Abidjan ce que nous avons rappelé, c’est que le Traité Ohada qui existe depuis 1997 et qui a été ratifié par le parlement camerounais, est supérieur à la constitution camerounaise et partant à la loi camerounaise. C’est un principe d’ordre constitutionnel. Il y a la Charte africaine des droits de l’Homme qui a été également ratifiée. Dans mes conclusions, j’ai parlé du procès inéquitable, du non respect de la règle de droit, de la présomption d’innocence, sur le fait d’être jugé dans un délai raisonnable, sur le respect des conventions internationales, de 12 alinéa 3 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. Tout ça ce sont des violations qui sont flagrantes. Donc, nous avions dit que le Cameroun ayant ratifié un certain nombre de traités, il doit les respecter. Ce qui est très dangereux pour nous, c’est que lorsqu’une décision a été prise politiquement, notamment sur instruction de la Chancellerie, les magistrats n’ont pas suffisamment de courage pour pouvoir dire le droit. D’ailleurs, votre journal, Le Messager dans un article récent indiquait que le chef de l’Etat a demandé que l’on puisse maintenant respecter les dispositions légales et règlementaires et les règles de procédures pour tous ceux qui sont accusés. Cette réflexion du Chef de l’Etat qui est un juriste est un grand pas en avant qui met les magistrats face à leur responsabilité et leur conscience. Il y a une fragilité très grave et une responsabilité immense des magistrats qui doivent faire respecter les règles de droit. On est à se demander si les magistrats ne veulent que soigner leur carrière sur le dos des justiciables dans des dossiers dits «sensibles». Et c’est cela que je déplore. Conséquence, les décisions des magistrats sont choquantes et dans certains cas sont un attentat au droit positif en vigueur. C’est pour cela que la justice camerounaise est si tant décriée et qu’elle a mauvaise presse alors qu’il y a et j’en connais des tas de magistrats compétents et intègres.

 

Est-ce que vous insinuez que cette opération d’assainissement des prévaricateurs des deniers publics n’est pas indiquée ?

L’essentiel ce n’est pas le nombre d’années de condamnation qui est important et les camerounais l’ont compris. Ce qui est important, c’est la démonstration que les sommes ont été détournées. Et après,  l’exécution effective des décisions de justice et le rapatriement des fonds qui ont été détournées. Il faudrait qu’on établisse que c’est à partir de ces sommes détournées que les  patrons des sociétés d’Etat ont  construit des maisons, transféré de l’argent dans les paradis fiscaux en occident de manière illégale. En ce moment, avec les décisions de ce type, vous ne pouvez pas faire rapatrier les fonds. Ce n’est pas en donnant 75 ans de prison ou des condamnations à vie qu’on va recouvrer l’argent détourné. L’essentiel est que les procès soient équitables et justes pour que les gens soient condamnés. Avec les contraintes par corps et les amendes fortes, les détenus ne peuvent pas sortir sans avoir restitué l’argent détourné. Et c’est cela qui intéresse plus les camerounais que des procès politiques qui sont des procès qui ternissent une opération d’assainissement et de salubrité publique que personnellement j’approuve. Je suis contre la dénomination «opération épervier», mais pour qu’on puisse faire rendre gorge à tous ceux qui ont été reconnus coupables de détournement de deniers publics. Pour cela, il faut des procès équitables, justes et respectueux des textes, lois, conventions internationales et règlements en vigueur. Pour le reste, le crime de détournement de deniers publics prévu par l’article 184 du Code Pénal est assorti des peines dépassant 20 ans de prison et même des condamnations à vie sont prévues par la loi.

 

C’est dire que les droits de l’homme ne sont pas respectés

Il y a une violation flagrante des droits de l’Homme. Les conditions par exemple d’incarcération sont inhumaines. Pour les affaires délictuelles on ne devrait pas mettre les hommes en prison. Pour le cas de mon client, que fait Etondè Ekoto en prison à 72 ans alors qu’il a tous les droits de représentation dans le cadre d’une affaire en réalité délictuelle. Il va fuir pour aller où ? Et dans les prisons surpeuplées comme celle de Douala, où il y a près de 4000 détenus pourtant prévue pour accueillir 600 personnes. Il y a les détenus qui dorment au sol à même le ciel même quand il pleut et ils ne peuvent pas se soigner. Le Cameroun n’a pas les moyens de soutenir une politique actuelle de l’emprisonnement systématique. Cela coûte cher à l’Etat. En France, on est entrain d’user de bracelets électroniques pour éviter les emprisonnements inutiles assortis de contrôle judiciaires. On peut être surveillé après une procédure judiciaire et être dehors. Le Cameroun n’a pas les moyens de sa politique pénitentiaire. Les juges d’instructions qui sont supposés être libres, reçoivent les instructions de la chancellerie dans les «affaires sensibles» comme celle du Pad, ce qui n’est pas légal. Et lorsque vous êtes conduit chez le juge d’instruction, il y a des formulaires où on coche tout simplement inculpé  et mandat de dépôt, puis vous pouvez passer un an et demi en prison avec deux passages de 5mns chacun chez le magistrat instructeur.

 

Dans ces affaires de détournements de deniers publics, peut-on encore dissocier la responsabilité des Pca et des gestionnaires d’entreprises ?

Bien sûr, le Pca n’est  pas gestionnaire ou ordonnateur des dépenses d’une entreprise publique comme le Pad. Dans le cas du Pad, les statuts donnent les compétences du Pca en son article 38-1. Il est dit que le Pca a pour mission de convoquer et de présider les réunions du conseil d’administration et veiller à l’application des décisions du conseil et des résolutions de l’assemblée générale. Il veille également à ce que le Conseil d’administration assure le contrôle du Pad placé sous la gestion du Directeur général. Les fonctions du Pca et du Directeur général sont différentes avec des responsabilités différentes. Le Pca ne s’occupe pas de la gestion du Pad. Les statuts le lui interdisent et aucun Directeur général que se soient Siyam Siwé, Etoundi Oyono ou Tchouta Moussa en leur temps ne l’ont admis. Et c’est bien ainsi.

 

Que pouvez-vous dire du cas des collaborateurs du Dg du Pad qui ont été condamnés parce qu’ils ont appliqué les instructions de leur patron…

Il y a eu dans plusieurs cas des personnes qui ont seulement été dans la chaîne de procédure de paiement. Il y a les responsables des services comptables qui ont seulement visés les demandes de paiements après vérification que les procédures ont été respectées. Le fait même de donner de l’argent pour une société ou de faire des actions sociales n’est pas une violation statutaire ou une infraction. Il y a des sociétés qui débloquent de l’argent sur le volet social pour soutenir les handicapés et personnes vulnérables et améliorer leurs conditions de vie. Ce sont des actions sociales acceptées par la loi. Même des actions de mécénat sont autorisées. Que vous soyez dans les services financiers et comptables  et que vous validiez ou débloquiez de l’argent dans de pareil cas sur instruction du Dg, le juge ne doit pas vous condamner.

Pour ces inculpés, il aurait fallu que l’argent sorte frauduleusement sans autorisation du Dg et sans respect des règles de procédures internes. Et les frais forfaitaires ne sont pas de l’argent sorti non plus frauduleusement. Même la qualification des infractions selon l’article 184 du code pénale ne tient pas pour eux. On a condamné des gens arbitrairement parce qu’il a été décidé ainsi au niveau de la Chancellerie qu’on ne devrait laisser aucun des accusés dans cette affaire du Pad libre. C’est pourquoi certains gens impliqués dans cette procédure ont fui après leur acquittement par le 1er Juge.

Il faut préciser que 100% des demandes de paiement dans le cas du Pad étaient faites avec l’assentiment du Dg. Quant au ministre des transports, lorsqu’il voulait aller en mission ou envoyer un de ses collaborateurs en mission dans ou hors du pays, même s’il ne s’agissait pas des affaires du Pad, il les faisait payer par le Pad. Les montants allaient de 500.000 Fcfa, voire dépassaient 200 millions Fcfa. Cet amalgame a existé de tout temps et il y a les preuves. Même le Préfet et le Gouverneur de l’époque ont émargé lorsqu’ils allaient en mission, on ne aurait aussi omettre les frais logistiques affectés à l’armée, au Rdpc, à l’église et d’autres institutions. C’était la pratique hors de l’orthodoxie d’une gestion moderne. Et ça se passait ainsi partout, à la Sonel, Camair,… et dans toutes les entreprises publiques et para-publiques. C’était des actes posés avec l’assentiment de tout le monde, l’assemblée générale, le conseil d’administration, les commissaires aux comptes, du fisc et avec approbation de l'Etat. Au Port par exemple, feu Tchouta Moussa, a fait l’objet d’une procédure judiciaire  qui a débouchée sur un non lieu ; à la Sonel, Niat Njifenji, n’a pas été inculpé, la liste est loin d’être exhaustive, car c’était une pratique généralisée. C’est une pratique aujourd’hui révolue.

 

Entretien mené par Mathieu Nathanaël NJOG

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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:46

Société – Justice

Un commissaire et un inspecteur de police vont comparaître pour répondre du chef d’accusation de tentative d’assassinat sur la personne de Lambo Sandjo Pierre Roger. L’affaire sera enrôlée ce jeudi 8 octobre 2009 par le Tribunal de première instance de Mbanga.

Le Chef du quartier 12 de Mbanga, Sa majesté Lambo Sandjo Pierre Roger de son nom d’artiste, Lapiro de Mbanga va comparaître ce jeudi 8 octobre 2009 au Tribunal de première instance (Tpi) de Mbanga. Cette fois en qualité de plaignant. Il poursuit en effet le commissaire de police principal (Cpp), Martin Essoua Essoua et l’inspecteur de police (Ip), Victor Tchokwi pour le chef d’accusation de tentative d’assassinat. Infraction qualifiée de crime et réprimée par le code pénal.

En effet, en début du mois de mars 2008, le car de la police du commissariat de sécurité publique de la ville de Mbanga en patrouille, avec à son bord le patron de l’unité, le Cpp Martin Essoua Essoua et quatre de ses éléments. Après avoir reconnu la voiture de Lapiro de Mbanga, le car de police va s’immobiliser et ses occupants vont rejoindre l’artiste dans un maquis en compagnie des amis. A en croire, les proches de Lapiro de Mbanga, c’est alors que l’inspecteur de police exige à la tenancière de lui donner une bière. Après l’avoir ingurgité, il demande une seconde bière en précisant de les mettre au compte du chef de quartier 12, mais ce dernier décline sa responsabilité et l’Ip Victor Tchokwi se met dans tous ses états sous le regard indifférent et complice du Cpp Martin Essoua Essoua. Dans son élan de colère, il sort son arme, le braque sur Lapiro et passe la balle dans le chargeur, mais lorsqu’il dégaine, la mécanique se bloque «miraculeusement». C’est alors que Sa majesté Lambo Sandjo Pierre Roger précipitamment joint le commissaire divisionnaire Victor Ndocki, secrétaire général à la Délégation générale de la sûreté nationale (Dgsn). Ce dernier demande de passer le chef de l’unité. Après un échange téléphonique, le Cpp rebrousse chemin avec ses éléments. Mais l’Ip Tchokwi va proférer des menaces de mort à l’encontre de Lapiro de Mbanga, tout en promettant de l’abattre.

C’est par la suite que l’artiste musicien réalisant que  le commissaire avait conduit ses éléments en mission commandée pour attenter à sa vie, va décider de d’engager une procédure judiciaire. L’artiste-musicien, qui porte fièrement le nom de cette ville et dont il est l’ambassadeur «plénipotentiaire» va déposer une plainte auprès du Procureur de la république du Tpi de Mbanga pour le chef d’accusation de «tentative d’assassinat», avec constitution de partie civile. Après plus de 19 mois d’information judiciaire, le juge d’instruction a inculpé les accusés pour les faits de l’accusation et les a renvoyé devant le tribunal. L’affaire est enrôlée pour sa première audience le jeudi 8 octobre 2009. Lambo Sandjo Pierre Roger a été notifié lundi 5 octobre de sa convocation à comparaître. Malgré son état convalescent, car apprend-on, à la suite de notre article du journal Le Messager n°2949 du lundi 28 septembre 2009, avec à la Une : «Lapiro de Mbanga en danger de mort», Dr Guy Sandjon de la clinique de l’aéroport a dépêché un de ses collègues à son chevet. Après avoir été mis sous perfusion, il se porte plus mieux et compte comparaître personnellement  apprend-on, de son avocat.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

Focal

Trop de coïncidences

Deux semaines plus tôt, les éléments du bataillon d’intervention rapide (Bir), dépêchés à Mbanga pour restaurer l’ordre pendant les émeutes de la faim de fin février 2008, ont tenté de franchir le portail du domicile de S.M. Lambo Sandjo. Ce sentant en danger, ce dernier a joint le général de brigade Douala Massango, commandant de la 2è région de gendarmerie au téléphone pour lui signaler la menace que représentait la présence de cette unité spéciale devant son domicile. Quelques minutes après, ils quittaient son domicile. Et deux semaines plus tard, Lapiro de Mbanga était interpellé et mis aux arrêts parce que, accusé d’être chef de file des groupes de jeunes survoltés qui avaient mis l’ordre public en mal et commis des destructions et pillage en bande. Ce qui lui aura valu la confirmation de la condamnation à la Cour d’appel du Littoral le 24 juin 2009 du jugement du tribunal de grande instance du Moungo de septembre 2008 : «3 ans d’emprisonnement ferme ; et en dommages et intérêts 200 millions Fcfa à la Société des plantations de Mbanga  (Spm) et 80 millions Fcfa au ministère des finances (Minfi)», pour le crime de «complicité de pillage en bande, de destruction de biens, d’attroupement sur la voie publique» dont il a été déclaré coupable dans des parodies de justice. Pour les proches de Lapiro de Mbanga, il ne fait aucun doute que cela faisait déjà trop de coïncidence. Et ils concluent que faute de pouvoir l’abattre, le rouleau compresseur du régime a déployé l’une de ses machines répressives qu’est la justice pour l’anéantir.

M.N. NJOG 

Par Njognath - Publié dans : Société
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:39

Foire - Douala

Il y aura désormais à Douala le Marché de noël qui bénéficie du parrainage de la communauté urbaine de Douala comme pendant du Yaoundé en fête.


Le «Marché de noël» est un nouveau concept qu’un groupe de jeunes filles souhaitent implémenter dans la capitale économique sous le parrainage de la Communauté urbaine de Douala (Cud). «L’idée part du constat que les habitants de la ville de Douala sont certes, habitués à faire des courses pendant les fêtes de fin d’année et à offrir des cadeaux tout au long de cette période, mais jamais dans un endroit festif », déclare Léonie Kwekam, commissaire général de cette foire culturelle. Il est question pour les organisatrices de créer un environnement où les populations vont pour rêver, acheter, flâner ou s’inspirer tout en rencontrant des entreprises, des artisans, des producteurs pour échanger sur les produits et leur savoir-faire. « Le Marché de noël a l’ambition de devenir un de ces rares évènements qui rassemblent toutes les populations. Et au fil des années devenir le rendez-vous féérique du mois de décembre, reconnu et attendu par tous», affirme avec conviction Léonie Kwekam.

Mercredi 13 octobre 2009, une conférence de presse  présidée par Mme Armande Din Bell, Adjoint au délégué du gouvernement, a été donnée par les organisatrices. Une présence qui a réaffirmé l’engagement de la Communauté urbaine de Douala dans l’accompagnement de cette initiative. Pendant l’échange, les journalistes et les responsables des entreprises, présents, ont pu apprécier dans les interventions de Mme Din Bell, la grande idée que la Cud a de voire le «Marché de noël» devenir une foire identitaire et pérenne de la Ville de Douala. Mais aussi, un environnement accessible à tous pour garantir la convivialité et surtout en faire un lieu estival pour toutes les populations de la ville de Douala et même celles des personnes qui seront de passage dans la capitale économique tout long de cette période. C’est ainsi que pour veiller au succès populaire, Mme Din Bell a demandé aux organisatrices de revoir à la baisse les prix d’accès et les prix des stands.

 

Attentes et défis

Si très vite les observateurs ont tôt de fait d’y voir au « Marché de noël » de Douala le pendant de «Yaoundé en fête (Yafe)», les organisatrices qui sont un groupe de jeunes dames, disent vouloir y proposer un concept avec plus d’originalité et de nouveautés pour en faire un rendez-vous de tous les âges afin d’émerveiller les petits et les grands. A cet effet, des excursions pour les écoles primaires sont prévues. «Le but est de contribuer à l’animation de la ville de Douala et à l’épanouissement de ses habitants», affirme Léonie Kwekam. Seulement, les observateurs se veulent encore sceptiques quant à la capacité des organisateurs de tenir le pari de la bonne organisation de cet ambitieux et vaste projet. A cet effet, elles rappellent que la réalisation de ce projet a été mise en route depuis janvier 2009 après qu’elles aient organisé en décembre 2008 une mini-foire pour enfants au rond point Maképé. C’est alors qu’elles disent avoir ressenti le besoin que les populations de la ville de Douala éprouvaient de voir cet évènement prendre plus d’ampleur et être organisé dans un cadre spacieux. «Dans cette optique, l’objectif visé pour cette première édition est, non pas la rentabilité, mais établir la notoriété de l’évènement», affirme Florence Ngompé, commissaire du Marché. Toutefois, les prévisions sont passées de 25 000 à 500 000 visiteurs pendant la durée du Marché.

Pour garantir, cet accueille, l’esplanade de la Maison du parti de Bonanjo a été retenue pour abriter ce « Marché de noël » qui se déroulera sur 20 jours, soit du 8 au 28 décembre 2009. La vidéo projection a permis d’apprécier l’occupation du site d’une superficie de 4000m2 sur lequel seront disposés 110 chapiteaux pour servir de stands marché pour les exposants, un espace de jeu pour enfants et adultes baptisé « Fun city » sur 800m2 et une reproduction du village de Bethléem où est né l’enfant Jésus-Christ assorti d’une crèche vivante et grandeur nature avec tout autour des personnages (charpentiers, boulangers, fermières) de cette époque feront l’originalité de ce marché. De même qu’il y aura quatre podiums d’animations

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Culture
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:37

Association – Ecologie

L’association Mieux-être a  organisé un séminaire de formation  en pratiques environnementales les 14, 15 et 21 octobre 2009 en prélude au concours «Ecoles Net° Ozone».

 

Après deux jours de travaux en salle, les 14 et 15 octobre 2009, la vingtaine d’enseignements et responsable administratif des établissements secondaires de Douala  vont ce mercredi 21 octobre, pendant une journée à la pratique des enseignements reçus. Il sera question de la présentation des activités d’élevage des cailles, hérissons et poissons ; des espèces en vulgarisation ; la gestion d’un espace culture, du compostage, de l’entretien ; les astuces de décoration à moindre coût et de manière durable de sa salle de classe ; la fabrication du savon en poudre. «L’ambition de ce séminaire est de faire acquérir au élèves et enseignants de la ville de Douala la culture environnementale », affirme Olive Blandine Tchamou, la président du projet Mieux-être. Les personnes cibles sont les personnels enseignants et administratifs des enseignements secondaires de la ville de Douala.

Ce séminaire entre dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième édition du concours Ecole Net Ozone, qui consiste à récompenser les meilleurs établissements à avoir mis en pratique la culture environnementale dans l’amélioration de leur cadre scolaire. A l’instar de la gestion écologique des salles de classe, des toilettes, d la cour, des alentour et de l’espace culture. A cet effet, les établissements inscrits recevront au courant de l’année scolaire des visites inopinées. Et la remise des prix est prévue lors de la journée mondiale de la biodiversité le samedi 22 mai 2010. «Nous ne nous arrêtons pas à ce séminaire qui est un maillon de tout un processus qui dure à l’année scolaire et qui permettra de voir ce qu’ils auront fait en termes d’amélioration de leur cadre scolaire», déclare Olive Blandine Tchamou. Avant d’ajouter que «Après ce séminaire, la véritable pratique va se passer pendant les six mois que nous allons passer à leur accompagner pour faire ce qu’il faut pour améliorer l’environnement de leur cadre scolaire.»

C’est pourquoi, les modules de formations, dix huit au total, les missions d’un encadreur en pratique environnementales que les séminaristes doivent être, les problèmes environnementaux auxquels font fasses les établissements, la gestion des déchets, la valorisation des déchets qui est un passage obligé sur le plan d la pérennisation, le recyclage et le développement durable, la responsabilité citoyenne de chaque personne dans la protection de l’environnement. «Lorsqu’on parle d’environnement et citoyenneté, on passe d’abord au recyclage par les individus. La démarche est de commencer ce soi de manière individuelle et personnelle  à poser des actes qui permettent de moins polluer, de moins recycler, c’est-à dire d’utiliser avec parcimonie des produits susceptibles de poser des problèmes à l’environnement», souligne Dr Léopold Lehman.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

 

Par Njognath - Publié dans : Environnement
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:33

Culture – Dessin

A l’occasion du démarrage de la semaine du dessin de presse, organisée par le Cercle Kapsiki avec le soutien du centre culturel français de Douala, une conférence a été donnée le mardi 13 octobre 2009 par Pahé, dessinateur gabonais avec à ses côtés des dessinateurs camerounais.

Les dessinateurs camerounais, Abou, caricaturiste du quotidien La nouvelle Expression, El Pacho, du journal satirique Le popoli et Malick freelance, ont fait l’état des lieux du dessin de presse au Cameroun.  Sans concession, ni fioriture, les dessinateurs camerounais ont au cours de l’échange avec la presse avoué sous le regard médusé de leur confrère gabonais, Pahé, que le dessin de presse est menacé de disparition et les dessinateurs de presse abandonnent progressivement la profession. Un aveu qui a sonné comme un cri d’alarme pour un métier où le Cameroun passe pour être le creuset en Afrique centrale et même  en Afrique Subsaharienne.

Tout d’abord, ils ont fait le constat selon lequel, les rédactions de la presse camerounaise dans son ensemble que ce soit la presse écrite, pionnière en la matière, où les médias digitaux tels que les chaînes de télévision, n’y accordent plus une place prépondérante. «Ce qui est inquiétant est la disparition de la caricature dans la presse écrite. C’est le cas des journaux comme Le Messager où il n’existe même plus, de Mutations, où il est intermittent, en somme les espaces de presse ne sont plus des chroniques où on prenait rendez-vous avec les lecteurs», affirme El Pacho. Pour sa part Abou déclare péremptoire qu’«il y a une perte d’intérêt manifeste pour la caricature dans les rédactions de la presse écrite.» Contrairement à plusieurs autres journaux, il a encore la chance qu’on lui réserve une portion congrue. Elle est passée de la demi-page à un quart de page.

 

Crise économique et de contenue

Seul le journal Le Popoli essaie encore de tenir le cap, malgré une réelle menace économique auquel il fait fasse tout comme l’ensemble du microcosme médiatique camerounais. «Il faut chercher les causses dans la crise économique qui secoue toute la presse camerounaise», indique El Pacho. Ce que ne semble pas partager les journalistes Suzanne Kalla Lobe et Stéphane Tchakam qui se demandent s’il ne faudrait pas aller chercher dans les causes de cette déperdition, «dans la qualité du contenu des dessins proposés.» Conséquence, il faut y remettre de la rigueur et le sérieux qui ont fait la crédibilité du dessin de presse les deux décennies précédentes. Notamment, en réduisant le décalage souvent énorme qu’on y observe entre le dessin et l’actualité, l’absence de l’humour et même d’une créativité aride.

Conséquence, la propension est à l’abandon. De plus en plus, les dessinateurs de presse migrent vers d’autres  métiers. A l’instar de la peinture, le graphisme, l’infographie, le montage vidéo, la réalisation pour lesquels, les dessinateurs sont plus prédisposés. «Parce que le dessin ne nourrit pas son homme. Il est difficile de se consacrer aujourd’hui à ce métier pour nourrir sa famille», soutient Malick. Pourtant dans les années 90, l’association «Coup de crayon»  a été mise sur pied pour le renforcement des liens et la défense des intérêts dessinateurs. Ce qui avait abouti, à la rédaction d’une pseudo convention collective de dessinateurs de presse qui a œuvré à l’amélioration des conditions de travail des caricaturistes dans la presse, notamment en définissant une grille salariale et même de paiement des piges. Malheureusement, cette dynamique syndicale s’est estompée parce que ces acteurs d’hier sont passés du statut d’employés à celui de patron.

Pour Pahé, dessinateur gabonais de presse reconverti dans la Bande dessinée et les dessins animés, propose d’explorer d’autres horizons à l’instar de la télévision, en faisant les dessins pour les Jt et les émissions, et même de faire dans  le dessin animé made in Cameroun. Ce n’est pas nouveau, car les expériences antérieures avec Jacques Logmo à la Crtv, El Pacho à Canal presse et même les dessins animés de Nyemb Popoli pour le compte des publicités pour ne citer que ceux-là n’ont pas prospérées. El Pacho de reconnaître que ni les patrons des chaînes, ni les dessinateurs, n’ont pas forcé les habitudes. Dont acte ! On apprendra d’ailleurs que Nyemb Popoli est entrain de mettre en place un laboratoire pour la réalisation des dessins animés.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Culture
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:31

Musique - Spectacle

Jeudi 15 octobre 2009, un trio énergique a électrisé le Centre culturel français Blaise Cendra de Douala de son style afro musical qu’on qualifie déjà de rythme du futur.

Le Centre culturel français de Douala (Ccfd) a reçu en spectacle le jeudi 15 octobre 2009 en tête d’affiche musicale le groupe «No name crew» ou le groupe «sans identité». La salle de spectacle avait fait le plein d’œuf. Pourtant, le groupe n’a pas encore de galette musicale sur le marché. Mais, il est très connu et très adulé par les mélomanes qui ont fredonné chacun des titres interprétés dans une communication et une communion endiablées. Pendant deux heures, ils ont fait craquer le public avec leur répertoire riche, varié et très connu. Un répertoire amélioré et savamment cuisiné en dix ans d’existence où en attendant un meilleur producteur, le groupe «No name crew» s’est attelé a participé aux spectacles et tournées divers pour se faire un nom et donner à leur spécificité musicale une identité.  

Les trois compères : Jiji Almady, l’initiateur du groupe ; Djado Mensi, le rappeur et Mawata, le traditionnaliste doublé d’une boule d’énergie, au propre comme au figuré, étaient accompagnés pour la circonstance de leur Dj André Mix. Ils ont illuminé la salle de spectacle du Ccf de Douala qu’ils ont transformé en discothèque d’un soir. Leur maitrise de la scène faite de figures chorégraphiques très mouvantes, démontre que le groupe «sans identité» a une solide maturité dans la gestion des spectacles. Et lorsqu’il faut ajouter à cela la profondeur de leurs textes revendicateurs et dénonciateurs, interprétés dans un mélange de sonorités urbaines (hip hop, reggae, rn’b…) et traditionnelles de l’Ouest du Cameroun (bend skin, tchamassi,…), au finale, donne une coloration toute particulière à leur style afro musical.

Cette fusion de rythmes s’entremêlent et s’entrechoquent pour en faire leur spécificité, mieux donner une identité, à ce groupe «sans identité». Ils disent suivre la voie des patriarches qui ont œuvré à la conservation de l’identité de notre Afrique. «C’est la musique des ancêtres pour vous ce soir », lance-t-il au public. Dans les textes on peut retenir des bouts de phrases poignantes et hilarantes : « Suivez le message des ancêtres africain qui vous demandent de rester fier » ; «L’Afrique pleure, l’Afrique meurt, oui les enfants battus pleurent, nous on veut la paix, on veut la justice » ; «Il y a des gens qui ne savent pas donner, même la salutation, ils ne savent pas donner, ils savent seulement répondre : ça va bière… » Et de conclure que : «ce n’est pas celui qui donne qui souffre…»

Après être entré en scène avec une chanson sur l’histoire d’un camerounais rapatrié en situation irrégulière (sans visa), ils vont sortir avec une interprétation de la chanson Nomtema d’André Marie Talla, mais en modifiant les paroles et gardant le beat. « Il s’agit pour nous dans cette reprise de rendre hommage à un aîné qui leur a toujours donné envie de faire la musique.»

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Culture
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:28

Choc de couleurs et de formes

La 6è édition de « The Last picture show » a été marquée par sa diversité et l’influence des peintres venus du Nigeria.

L’exposition internationale de peinture, sculpture et poterie dénommée «The last picture Show» s’est achevée le lundi 12 octobre 2009 à la maison du parti de Bonanjo – Douala, pour sa première phase. Après une semaine de riches et intenses moments d’échanges, de partage, d’émotions et de découvertes, amateurs, professionnels et collectionneurs des arts plastiques ont du 6 au 12 octobre 2009 pu apprécier la créativité, le talent et la diversité des peintres, sculpteurs et potiers camerounais, nigérians, béninois et congolais… Les amoureux des arts ont eu une fois de plus une belle occasion d’assouvir leur passion pour l’art en général et l’art africain en particulier. Et comme à chaque édition, le Gondwana, label sous lequel est organisé «The last picture show», a offert une exceptionnelle vitrine aux plasticiens (autodidactes et professionnels) pétris de talents pour se faire une notoriété ou étendre leur reconnaissance. La centaine des plasticiens va enrichir leur autoportrait avec cette opportunité qui leur est offerte d’exposer du 19 au 23 novembre 2009 dans le cadre de la deuxième phase de cette 6é édition au prestigieux Civic center de Lagos au Nigeria.

Pour la promotrice, Cathérine Pittet, en se tenant aussi bien au Cameroun qu’au Nigeria cette année, comme c’était déjà le cas au Cameroun et en France en 2006, il s’agit de démontrer que : «l'art n'a pas de frontières et l'exposition prend ici une autre dimension.» Parce que l’exposition annuelle «The last picture show» offre aux artistes africains, et grâce au soutien d’entreprises privées, ce qui manque à tous : «visibilité et reconnaissance». C’est au total un peu plus de 130 tableaux  exposés représentant des personnages et des univers réels et irréels, évoquant des sujets allant chercher dans la misère quotidienne et au bonheur qu’on aspire. Le tout dans une créativité qui met en exergue des scènes de vie et paysages du village sous des formes géométriques et des images alambiquées.

 

L’art africain valorisé

Dans l’ensemble, les tableaux exposés reproduisent la nature par le choc des formes, des couleurs, des volumes, réalisés sur les toiles, le papier, la peau d’animal, les écorces d’arbres, avec de l’huile, l’acrylique, l’amidon, la sciure de bois, la ferraille et l’encre, la liste est loin d’être exhaustive. «C’est une grande qualité d’exposition, le cadre est aéré, les tableaux sont distants, ce qui  permet une meilleure appréciation. Au final, les peintures sont de très grandes qualités», affirme De La Vega. En revanche, Gabriel Kouéni est plus nuancé. «L’année dernière, cette exposition était plus servie et plus enrichie. Toutefois, cette année, il y a beaucoup d’évolution. Il y a eu beaucoup de nouvelles choses, mais les tableaux présentes beaucoup de violence, de force et une réelle volonté d’exprimer certaines choses.»

Les œuvres exposés aussi bien en peinture qu’en sculpture et en poterie ont des valeurs anthropologie et contemporaine. Elles sont faites de mythes et légendes, de surnaturels et rites initiatiques, de mystères et ésotérismes, de cosmogonies et sorcelleries, de cubistes et d’aquarelle, de graphismes et de décorations.  En somme, les tableaux exposés sont autant attractifs, incisifs, pathétiques que mélancoliques. Comme ce tableau d’une femme noire en larme avec le drapeau des Etats-Unis à la main, certainement à l’investiture de Barak Obama, premier président noir de l’histoire. «The last picture show vivifie notre identité, révèle nos désirs, soutient nos rêves et souligne nos talents », dira Jean Michel Latute, Dg de Orange Cameroun, sponsor majeur, en ouverture de la plaquette de présentation de cette plaquette. Gondwana est un rassemblement pour les arts et la culture, dans le but d’unir les plasticiens  et de créer un cadre de fusion et d’échanges des expériences d’ici et d’ailleurs.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

 

 

Par Njognath - Publié dans : Culture
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:24

Accident tragique - Port Autonome de Douala

Dans la matinée de samedi 10 octobre 2009, le chauffeur d’un tracteur est tué par un container qu’il transportait.

 

Le Port autonome de Douala (Pad) est loin d’être un lieu où on peut aspirer à l’objectif : «zéro accident» comme le recommande les normes de sécurité «Safety» appliquées là-bas. Malgré, les efforts mis en œuvre pour appliquer les dispositions sécuritaires maximales, il ne se passe pas de jour où on n’enregistre pas un accident. Les uns plus graves que les autres.  Dans la mi-journée de samedi 10 novembre 2009, le site du Terminal à container (Dit) dans la zone portuaire de Douala a connu une ambiance effervescente. Le décès dans les circonstances tragiques d’un chauffeur de tracteur en pleine activité va interrompre le travail pendant près de trois heures, dans cette zone portuaire, au détriment des usagers et transitaires venus retirer leurs marchandises. C’était la consternation générale qui se dessinait sur le visage tous ceux qui ont accouru au lieu de l’accident. Gendarmes, policiers, et pompiers du Port autonomes de Douala (Pad) ont été mobilisés pour extraire le macchabée coincé dans cette ferraille et pour les formalités de constat et d’enquête d’usage.

Aux environs de 11h35mns, Idrissou Njoya, chauffeur d’un tracteur agricole spécialisé dans le transport des containers va se faire écraser par le container qu’il transportait. En effet, le tracteur agricole est relié à un remorqueur qui permet de transporter deux containers qu’on entrepose de manière horizontale. «Il venait de se faire charger le premier container à la suite de ses multiples chargements et tours qu’il effectue pendant ses heures de travail. Il allait se faire remorquer le second container au travée E qui est l’un des labyrinthes aménagés entre les containers entreposés sur le site de la Dit et dans lesquels circulent les tracteurs, lorsqu’il va effectuer une manœuvre brusque au point que le tracteur et la remorque ont effectué la forme V au lieu d’une forme circulaire devant lui permettre de négocier aisément le virage souhaité.  C’est alors que l’arrière de la remorque va basculer et dans l’impulsion de ce mouvement, le container va dans sa chute s’écraser sur le tracteur qu’il va aplatir », raconte un témoin. Malgré l’alerte des pointeurs qui le dirigeaient, il n’a pas eu le temps de voir le danger pour s’échapper. L’enchainement des actions est allé très vite.

Pour retirer son cadavre de cette carlingue, il a fallu  près de trois heures aux pompiers du Pad sous le regard des commandants entrant et sortant de la brigade de gendarmerie du Port Sud qui ont été perturbés dans leur cérémonie de passation de service, et des éléments du commissariat de police du Pad. Lorsqu’à 13h35mns, la dépouille a été extraite en présence des membres de sa famille, un plus de 200 000 Fcfa a été retrouvé dans ses poches. Pas négligent pour négocier si la mort n’était pas lâcheté et était négociable. Le cadavre a été aussitôt conduit à la morgue de l’hôpital de district de New-Bell à la demande de sa famille pour la mise en bière, conformément aux usages de la religion musulmane. Dans la nuit, la dépouille a aussitôt été conduite dans son Noun natale pour inhumation. A 42 ans, il laisse une épouse et trois enfants. La police d’assurance que l’association professionnelle des aconiers acconiers du Cameroun a signé avec une société d’assurance il y a moins de deux moins est mise à l’épreuve.

Mathieu Nathanaël NJOG

Par Njognath - Publié dans : Société
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:18

Fecafoot - Assemblée générale élective

 

L'article du journaliste Mathieu Nathanaël Njog, membre de l’Ajsc (Association des journalistes sportifs du Cameroun) paru dans le Messager n° 2865 du 01 juin dernier, m'a inspiré et suscité des commentaires de nature à éclairer l'opinion sur un certain nombre de points notamment le choix du premier Vice-président de la Fecafoot.

Le choix des membres du Comité exécutif au cours de l'Assemblée générale élective tenue à l'hôtel Mont Fébé de Yaoundé le 24 mai dernier, a obéi à des critères subjectifs. En 1996, alors que je représentai Océan club de Kribi au congrès national de la Fecafoot en ma qualité de Vice-Président général en lieu et place de M. Samuel Minko, Président général empêché, les représentants des clubs (et non les présidents) membres de la jeune Association des clubs de première division (Acpd) fondée en 1994 à l’hôtel Mansel de Yaoundé, décidèrent que faute d'intégrer tous les 16 équipes de D1 au Comité central, le poste de 1er Vice-président reviendrait d'office à l'Acpd. Nous portâmes notre choix sur M. Iya Mohammed, Président de Coton sport de Garoua qui assuma de fait, quelques temps après, l'intérim du Président élu de la Fecafoot Vincent Onana empêtré au cours de son mandat dans mille et un problèmes avec le Ministre de la jeunesse et des sports Joseph Owona.  Ainsi donc, la place de 1er Vice-président revient d'office et logiquement à l'Acpd compte tenu de son poids. Son candidat originel est l'actuel Président de la Fecafoot. M. Iya Mohammed qui a réussi récemment à l’épreuve électorale. Il était normal de désigner au poste de 1er Vice-Président un représentant d'un corps de métier et non un leader de région. J'en profite pour dénoncer un vice de forme relevé dans les textes de la Fecafoot. Comment peut-on expliquer qu'un Président de ligue régionale ne soit pas un membre du Comité exécutif ? Le cas du Président de la ligue régionale du Littoral Charles Léa Eyoum, ancien coéquipier de l'Ivoirien Laurent Pokou dans le club professionnel Rennes FC de France en est une illustration flagrante. C’est une entorse grave au bon fonctionnement de la Fecafoot. Je veux bien consentir qu'un sportif quelconque soit membre du Comité d'urgence sur la base de ses qualités, de son expertise et de son expérience. Tel n'est d'ailleurs pas le cas. A preuve et toute proportion gardée, exception faite de M. David Mayébi (détesté ou aimé) et dans une certaine mesure MM. Charles Emedec et Antoine de Padoue Essomba Eyenga, autrefois respectivement Président de l'Unisport de Bafang et de Tonnerre Kalara club (Tkc) de Yaoundé, les autres personnalités désignées ne paraissent pas avoir le profil de l’emploi. Etaient-ils avec nous dans les grands chantiers du football au Cameroun ? Je n’en ai pas souvenance. Il faut avoir fait du chemin pour endosser des responsabilités aussi importantes. C'est le lieu d'envisager, de penser et de définir le profil du dirigeant fédéral.  Le dirigeant doit être formé tout comme le joueur, l'entraîneur. Les choses sérieuses sont annoncées avec l'avènement du professionnalisme.

 

Refonte des textes de la Fecafoot

A l'analyse de l'actualité, la refonte des textes de la Fecafoot doit s’inscrire en bonne place dans le programme du Président élu. Sa priorité, confie-t-on, porte sur un vaste chantier de développement du football. Il faut cependant louer les efforts consentis par son équipe. Tout n'est certes pas beau sous le soleil. Aussi, faut-il baliser le chemin pour un avenir radieux. Les étapes franchies à ce jour sont importantes même si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Des partenariats en terme d'échange de services ou de cession d'espaces publicitaires sont à négocier avec des clubs étrangers, fédérations, transporteurs, hôteliers, producteurs d'eau, de pâtes alimentaires par exemple, pour optimiser les charges. S’inspirer des initiatives porteuses à l’exemple des tournois interclubs organisés en Afrique occidentale avec la présence des managers des clubs professionnels. L'amélioration de la qualité du spectacle est le passage obligé pour ramener les spectateurs dans les gradins. Promouvoir auprès de ses membres les club-houses pour fidéliser les supporters (vente des gadgets, des billets de matchs, etc.).

Pour réussir ce pari, la Fecafoot gagnerait à programmer les matchs exclusivement le week-end. Une formule qui permette aux encadreurs techniques de disposer de temps entre deux journées de compétition pour organiser des séances d'autocritique, élaborer le programme des entraînements et encadrer les joueurs. Le ficelage du planning annuel doit tenir absolument compte du statut du footballeur recruter pour la plupart dans le monde estudiantin. Le Président doit s'entourer des hommes expérimentés dont le seul objectif est de servir le sport par la maîtrise parfaite des textes, règlements et tous les rouages. L'Acpd elle, doit jouer les premiers rôles et ne pas rester à la traîne. En tant que initiateur de cette association dans la province du Littoral, appuyé et encouragé par M. Paul Longo Sosso alors Président de Stade FC de Bonabéri, puis membre fondateur en D1 en 1994, j'ai l'impression que l'Acpd ne réagit plus comme un contrepoids au Bureau exécutif de la Fecafoot.

Devrais-je rappeler que la Fecafoot est une émanation des associations sportives? Certains de ses responsables ont intérêt à soigner leur langage chaque fois qu'ils s'adressent à un dirigeant d'association. Il faut dénoncer, pour le reprocher, le traitement réservé à M. Nkou Mvondo, responsable de l'association Ngaoundéré FC qui a péché par son inexpérience et son ignorance du milieu lors de l’Assemblée générale élective. Au cours de son passage dans l'émission Sport Altitude de Canal2 international, quelle n'a pas été ma surprise de constater qu'un épée de Damoclès (Code disciplinaire) planait en permanence sur sa tête. Sauf erreur, au même titre que M. Iya Mohammed, M. Nkou Mvondo n'est-il pas un membre de l'Acpd ?

L'Acpd doit faire entendre sa voix et prendre position chaque fois qu’un membre est «inquiété». Ne plus se taire comme se fut le cas dans l'affaire Bamboutos FC reléguée en ligue départementale.

 

Fernant Nenkam

Praticien massage assis

Dirigeant de sport (Ecole itinérante du Cio session 1989)

Ancien membre des commissions techniques/Fecafoot

Ancien membre de clubs (D1, D2, D3)

Ancien membre comité central Fecaathletisme

Ancien trésorier de l’Union africaine de la presse sportive privée (Uapsp)

fnenkam@yahoo.fr

                                                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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