Conseil national de la jeunesse
Le délégué régional de la Jeunesse du Littoral a fait interpeller un postulant à Douala.
Depuis mardi 27 octobre 2007, Rodrigue Tchabet, 21 ans, est en garde à vue au commissariat d’arrondissement de Douala 1er à Bonanjo. Président à la base de la Synergie d’interaction pour la promotion des loisirs et des activités scolaires dans les établissements modernes (Siplasem) et président de la Fédération des mouvements et associations de jeunes pour la révolution de la renaissance du Cameroun (Femajerrc) qui regroupe une cinquantaine d’associations de jeunes, sur laquelle il fonde son soutien pour briguer la présidence communale du Conseil national de la jeunesse (Cnj) de Douala Vè, il ne cache pas ses ambitions pour la présidence nationale du Cnj dont les élections à la base débutent les 7 et 8 novembre au niveau communal et pour lesquelles il est régulièrement inscrit comme candidat dans les fichiers de la délégation régionale de la Jeunesse du Littoral, selon ses partisans.
Le lendemain de son arrestation, mercredi, son domicile a été perquisitionné par les éléments des forces du maintien de l’ordre qui ont défoncé la porte de sa chambre en son absence et en l’absence de tout témoin. Sa copine et ses camarades déclarent que les policiers ont mis tout sens dessous-dessus et emporté tous les documents (diplômes, cours, récépissés et paperasses divers). Tchabet dit avoir été entendu sur procès verbal (Pv) en l’absence d’un avocat malgré son insistance d’être assisté, et dit avoir signé le Pv sous contrainte et sans en avoir pris connaissance. C’est à la suite de cette procédure qu’il a été déféré devant le procureur de la République jeudi 29 octobre, pour le chef d’accusation de « faux et usage de faux, propos mensongers et incitation à la rébellion». Le procureur l’a renvoyé en fin de soirée auprès de ses enquêteurs pour insuffisance et complément d’éléments d’inculpation. Il y est toujours gardé à vue et deux avocats se sont déjà constitués pour défendre sa cause.
Vers l’appel au boycott
A Bépanda son fief, les jeunes sont sur le qui-vive. Ils disent préparer une marche de protestation pour réclamer sa libération et appeler au boycott des élections dans le Littoral et sur l’ensemble du territoire national s’il était placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Douala. Selon certaines indiscrétions, cette arrestation fait des vagues aussi bien au ministère de la Jeunesse que dans les services du gouverneur qui ont demandé que la lumière soit faite sur cette scabreuse affaire. Tout est parti, samedi 24 octobre, à la suite d’une conférence de presse donnée par Rodrigue Tchabet et ses camarades à Bépanda Casmando au cours de laquelle, il a dressé l’état des lieux des problèmes qui minent la jeunesse camerounaise et qu’il entend aller défendre dans les différentes instances du Cnj. Il n’a pas manqué de dénoncer les tripatouillages qui ont cours pour fausser le processus électoral. Il a cité le cas de Mme Jacqueline Koyock, délégué régional de la Jeunesse du Littoral qui est juge et partie en sa qualité de présidente du comité électoral et promotrice de l’association Jeunesse sans Frontières. A ce titre, les jeunes la soupçonnent de vouloir faire passer son protégé à la présidence régionale du Cnj. Le ministre Adoum Garoua n’a pas été en reste dans ce chapelet de récriminations.
Ces propos relayés par les chaînes de radios et télévisions privées de la capitale économique ont suscité un tollé dans les sphères de l’Etat. Puisque cela va lui valoir, à en croire ses proches, une convocation téléphonique du secrétaire général du Minjeun et de la direction générale des recherches extérieures (Dgre) pour le mardi 27 octobre. C’est alors qu’il s’apprêtait à prendre à la route, qu’il sera interpellé à son domicile aux premières heures de la matinée sur l’initiative d’une dénonciation de Mme Koyock qui l’accuse de détenir des documents faux, d’avoir fait des déclarations mensongères et inciter à la rébellion. Aux dernières nouvelles, on apprend de l’un des ses avocats que la police aurait modifié le chef d’accusation en trafic d’ossements. Joint au téléphone, Tchabet dit n’être pas encore officiellement notifié de ce nouveau chef d’accusation. Et sa famille dit qu’on leur demande d’acheter sa libération.
Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le
Messager
N.B : Au moment où nous mettions en ligne cet aricle, le mercerdi 4 novembre 2009, le jeune Tchabet Rodrigue avait été déféré devant le procureur de la République et son avocat disait être
entrain de négocier une liberté sous caution.

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