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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 20:20

Lions indomptables

Le Village Malmiang par Mandoumba dans l’arrondissement de Matomb a été le samedi 5 juin 2010, le théâtre d’une importante cérémonie des rites traditionnels des Mbombog. L’objectif permettre aux Lions indomptables d’aller le plus loin possible lors de la Coupe du Monde en terre africaine.

 

En grappe et à l’unisson, les patriarches Bassa’a-Mpo’o-Bati se dirigent aux premières heures de la matinée dans un coin du domaine de Jérôme Minlend, élite du village Malmiang et hôte de la cérémonie qui se veut essentiellement discrète. Chacun est dans la tenue traditionnelle d’apparat avec leurs attributs. Une chéchia sur lequel perle des cauris et une plume de perdrix de couleur rouge. A la main, un chasse-mouche et en plus pour certains une canne. Sur le lieu du rituel, un tronc d’arbre, une brebis, des feuilles des arbres de la forêt et des bidons contenant des potions. Après quelques heures de rituel, les patriarches sont repartis du lieu du rituel, satisfait, avec la brebis immolée, les chasse-mouches levés à l’unisson, le regard ragaillardi pour une photo de famille et un repas partagé en toute convivialité. «Nous sommes venus au village Milmiang, pour une cérémonie traditionnelle de bénédiction des Lions indomptables. A cette occasion, nous avons demandé unanimement que les Lions gagnent, au nom du seigneur et au nom de nos ancêtres »,  affirme le doyen des patriarches, Mbombog Ndje Bileg Moïse, 96 ans. Des indiscrétions font état de ce qu’ils dans ce rituelle en plus d’implorer les ancêtres et leur Dieu de voir Eto’o et ses camarades ramener le trophée de la Coupe du Monde au Cameroun, ils ont demandé aux ancêtres de taire les querelles et restaurer la sérénité qui n’est pas ce qui règne le mieux ces derniers temps au sein de l’équipe nationale. En outre, ils ont décidé de taire le différent qui les opposait à Rigobert Song. Dit-on n’était plus en odeur de sainteté avec ces patriarches depuis le « Hemlé Njé », cérémonie de célébration en novembre 2009 de ses dix ans de capitanat à l’équipe nationale. Motif un manque de respect à ses patriarches qu’il avait ignorés. Pour marquer leur pardon. Ils ont rouvert les voies du succès à Song Bahanag et lui ont accordé l’éventualité de retrouver ses jambes et sa vigueur de15 ans.

Cet acte témoigne de la grande mobilisation, mais de la frénésie qui a gagné tous les camerounais à la proche de cette compétition majeure, la plus prisée du monde. Avec cette particularité que l’Afrique l’abrite pour la première fois, 70 ans après sa création. Et déjà, tout le continent rêve à l’occasion de faire d’un coup d’essai un coup de mettre. En espérant qu’au soir du 11 juillet, l’un de ses six représentants soulève pour la première le trophée le plus prestigieux de la planète  foot. En revanche, il y a aussi cette grande peur du bide. Celui de voir tous ses plénipotentiaires africains faire une piètre performance. C’est pourquoi, au Cameroun, les Mbombog ont répondu à l’appel du peuple comme l’avoue l’un d’eux Mbombog Minkeng II Pierre. «Nous avons un devoir de solidarité nationale. C’est ce devoir qui nous a interpellé au moment où nos enfants s’apprêtent à aller défendre les couleurs du pays dans la plus grande compétition sportive du monde. Et ce devoir, comme tous ceux que nous accomplissons pour le bien de notre pays ne nécessitait pas de bruit. Et le conclave qui a eu lieu n’avait pour seul but que celui d’apporter notre modeste contribution à notre pays. »

 

Action patriotique

A ce titre, chaque camerounais y met du sien pour voir l’équipe nationale aller le plus loin possible dans cette compétition. Les initiatives individuelles et collectives sont légions. Pour mieux situer le contexte de cette cérémonie, Jérôme Minlend, le Pdg du Cabinet d’Audit Conseil international (CAC), la seule entreprise camerounaise à faire partir du très sélectif groupuscule des tops sponsors officiels des Lions, dira qu’il s’agit comme le dit les us et coutumes locales d’aller tirer sa force d’où elle se trouve. A l’exemple des animaux qui tirent leur force de leur queue. «Dans cet élan, il est question de faire jouer la tradition la plus pure. Et comme nous venons tous de quelque part, le fait de réunir ainsi tous les patriarches Bassa-Mpo’o-Bati- marque bien cette volonté de rentrer aux sources. Car, on est dans une ambiance de Coupe du Monde qui va au-delà de valeur des 23 Lions.» On espère que cela va porter les fruits escomptés. Sans pour autant être péremptoire Mbombog Minkeng II Pierre rassure. « Nous avons fait les choses dans les règles de l’art, suivant les enseignements ancestraux que nous avions reçus. C’est dire que nous avons fait le travail comme il le fallait. » En la matière, les patriarches Bassa n’étaient pas à leur première action similaire. On met à leur compte les meilleures performances des Lions indomptables et bien d’autres faits d’armes que le Cameroun a réalisé dans plusieurs autres domaines.

Il a trois ans déjà, à la veille de la Coupe d’Afrique des nations, Ghana 2008, des jeunes camerounais originaires de la région Bassa, partis du constat que le Cameroun ne possédait pas une sélection rassurante, ont eu l’ingénieuse idée de solliciter une fois de plus les patriarches de cette région pour accompagner dans les rituelles traditionnels les Lions qui devaient défendre les couleurs du Cameroun. Simplement pour répondre à cet appel, il avait fallu, quelqu’un qui pourrait parler au nom des Lions avec autorité. Les jeunes firent alors appel à Ghewa Ikouam, entraîneur national adjoint de l’équipe nationale. La suite, on la connaît. Finaliste de la Can Ghana 2008. En ce moment, on dit la situation presque identique, au regard des prestations produites par la sélection camerounaise tout long des matches de préparation. Le Cameroun frise même, une déculottée comme à la Coupe du Monde 94. D’autant qu’elle traverse la même période de transition. Avec une équipe en reconstruction et rajeunie à 85%.

Comme les fois précédentes, cette cérémonie a eu lieu en l’absence fois des principaux protagonistes que sont les joueurs. Mais comme particularité, elle a eu comme parrain, Jérôme Minlend, Pdg de CAC, sponsor des Lions. En outre, elle a rassemblé, pour la première fois la quasi-totalité, soit une centaine de patriarches Bassa’a-Mpo’o-Bati, qui sont volontairement partis de la Sanaga-Maritime, du Nkam, du Wouri, du Mbam et Inougou, et du Nyong et Kellé pour effectuer dans l’union des cœurs et en communions des rites traditionnels de bénédiction aux Lions indomptables en prélude à la Coupe du Monde 2010. « L’objectif étaient d’envoyer plus qu’un message aux Lions indomptables, sur la difficile mais exaltante mission qui est la leur dans cette expédition Sud-africaine, afin qu’ils aillent ramener le trophée au Cameroun », souligne Jérôme Minlend.

André Som

Par Njognath - Publié dans : Football
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 19:38

 

Cinquantenare de l'indépendance du Cameroun

 

 Comment avoir le sentiment que le régime au pouvoir dans cette célébration a marqué sa peur de restaurer l’histoire et d’honorer la mémoire des héros et martyrs de cette marche sanglante et laborieuse vers l’indépendance. Car cette histoire n’est pas connue et ce qui est grave, c’est qu’on observe qu’elle n’intéresse même pas ses propres enfants. Pourtant ailleurs, on en a profité de cette célébration du cinquantenaire pour restituer l’histoire. Ce qui n’est pas le cas au Cameroun. Puisque même le Chef de l’Etat n’a évoqué dans ses discours que la notion des martyrs, sans pour autant citer les noms. Et personne ne peut dire qui sont-t-ils et personne ne s’est chargé de nous rappeler de quoi parlait-il. Même pas la conférence « Africa 21 » organisé pour dit-on jeter un regard sur l’Afrique de demain, celui du 21è siècle. Curieusement, à l’occasion on a encore fait comme on sait bien le faire dans le régime de Paul Biya, ignoré les acquis. Sinon comment parler de l’Afrique de demain sans inviter les artisans du Nepad qui est un programme précurseur qui a des années d’avance sur la question. Ou encore, de faire participer la Libye qui est l’artisan du concept des Etats-Unis d’Afrique qui prend progressivement corps avec la mise en place de la commission de l’Union africaine.

 

Le Cameroun a une histoire qui n’est forcement pas écrite. Pourquoi ? Parce que l’histoire du Cameroun n’a jamais intéressé les différents régimes qui se sont succédés. Et pour cause, ses régimes successifs sont des régimes fantoches, qui n’ont rien nationalisme. Et pour cela ils préfèrent occultés l’histoire pour se faire prévaloir. Alors que c’est l’histoire du Cameroun c’est celle des Um Nyobe, celle des nationalistes. Quelques citoyens camerounais, des amis de notre peuple et quelques organisations, comme l’UPC et d’autres, font des efforts louables et méritoires pour que l’Histoire du Cameroun soit écrite, sue et connue. Il s’agit bien sûr, de la vraie Histoire du Cameroun, celle vécue par des Camerounais. Malheureusement, la volonté de France, a plutôt été d’occulter l’histoire du Cameroun. Il ne faut pas oublier que le régime camerounais est l’héritier direct du régime colonialiste français. Et le colonialisme français n’a jamais voulu et n’a accepté que malgré lui l’indépendance du Cameroun. Il ne pouvait pas souhaiter que l’histoire soit écrit, connue et su. Il s’est organisé qu’il en soit ainsi. A cause des charniers, des crimes contre l’humanité,  commis par la France et la troupe coloniale. Mais c’est un combat perdu d’avance. Personne n’a le pouvoir d’arrêter la roue de l’Histoire. Vous voyez, notre histoire est embarrassante, la preuve le président de la République n’a pas voulu préparer le cinquantenaire. Quand on veut préparer le cinquantenaire d’un évènement comme l’indépendance qui s’est déroulé un 1er janvier, on ne l’annonce pas dans la nuit du 31 décembre, ni quelques heures avant. On le prépare longtemps à l’avance. C’est ce qui s’est passé pour le Ghana en 2007, pour la Guinée Conakry en 2008, on met des années à l’avance en place une commission qui prépare l’évènement c’est ce que le Sénégal, le Togo ont fait, la Côte d’ivoire est entrain de préparer, bref les autres pays. Il ne fait pas de doute que notre indépendance gêne les gouvernants, parce que c’est le camp qui a combattu l’indépendance qui est arrivé au pouvoir. Car nulle part dans le monde ceux qui ont combattu pour l’indépendance ont été mis de côté. Exception au Cameroun.

 

Le cinquantenaire devrait être l’occasion pour nous de faire enfin une réconciliation nationale, dommage. Mais l’indépendance est là, ce sont les plaies et une occasion de revisiter notre histoire. De manière à intégrer dans les manuels au programmes scolaire l’histoire réelle du Cameroun. Afin d’enseigner aux jeunes camerounais tout le bouillonnement politique qui n’avait pas seulement pour acteurs les nationalistes mais aussi ceux qui se trouvaient de l’autre côté avec leurs arguments. De sorte qu’on ait dans une symbiose tous les arguments et témoignages qui permettent de faire la meilleure restitution de notre histoire. Car les deux décennies qui ont précédé l’indépendance ont été très riches en histoire politique pour nous.

 

Mais, il ne faut pas perdre espoir, un jour viendra où ces peuples comprendront qu’ils doivent prendre leur destin en main. Ensemble dans une révolte patriotique, on arrivera à construire l’Afrique. Une Afrique unie et indivisible, comme pensait Kwame Nkrumah. Ayons confiance en l’avenir, mais pour cela, il faudrait que les pouvoirs publics reconnaissent être dans l’erreur, car c’est des erreurs d’hier qu’on construit l’avenir.

 

André Som

 

 

 

 

 

Par Njognath - Publié dans : Politique
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 19:22

Cinquantenaire de l'indépendance

La notion d’indépendance du Cameroun dans un tel contexte est prise avec beaucoup de pincettes. Pour beaucoup de nationalistes et d’intellectuels, il est difficile d’affirmer que le Cameroun est indépendant. Certes, le Cameroun a un drapeau, un hymne, un président de la République et le Cameroun est membre de l’ONU. Malgré tout, cela ne suffit pas pour soutenir qu’il est un pays souverain. D’ailleurs, nous rappelle-t-on, notre constitution, depuis 1960, n’est  que l’adaptation conjoncturelle d’un décret du Gouvernement français, datant d’avril 1957. Et chaque camerounais est conscient du fait qu’aucune décision d’importance ne peut se prendre à Yaoundé, sans l’aval préalable du Gouvernement français. Récemment encore, la France a imposé une renégociation conditionnelle des accords de partenariats, seulement ce n’est jamais le plus faible qui tient l’égalité. L’égalité étant quelque qui se revendique, qui s’arrache. Si c’est celui qui est le fort qui vous propose qu’on soit égaux, c’est qu’il y a quelque chose de fausser. D’ailleurs nous rappellent les historiens, Il ne pouvait en être autrement. Sinon comment comprendre que le Cameroun qui était sous tutelle de l’ONU, n’a jamais pu organisé des élections libres sous la responsabilité de l’ONU, comme l’Union des populations du Cameroun (UPC) et plusieurs patriotes camerounais l’avaient demandées afin que seuls les vainqueurs soient ceux qui  accueilleront l’indépendance. A la surprise de tous, le gouvernement français s’opposa à cette proposition logique et fut soutenue par la majorité de l’ONU. « C’est ainsi que l’Indépendance fut réceptionnée par ceux que le Gouvernement français avaient choisis et mis en place, après s’être assuré qu’ils ne feraient que ce qui lui convenait.», soutient un nationaliste.

On peut dans cette lancée comprendre pourquoi, il y a cette dépendance à la France. Et cela se justifie avec le fait que Sarkozy exige la présence des chefs d’Etat des pays francophones au 14 juillet prochain. Une manière bien trempée de la France de démontrer qu’elle est demeure encore maître de ses quatorze pays. C’est dire si les traces de ce néocolonialisme sont encore très fortes. Sinon comment expliquer que, nous soyons un peuple qui pense l’indépendance à la tête, mais quant-il s’agit de l’économie du pays ce n’est pas encore tout à fait l’indépendance. En cela, il y a encore la monnaie qui n’est pas notre monnaie. Le fait même qu’on ait une monnaie qui s’appelle la communauté française d’Afrique (CFA) pose un réel problème idéologique. « Ce n’est pas possible. Aucune puissance colonisatrice n’a fait une décolonisation comme celle des français », clame les nationalistes. On peut faire référence à  la recolonisation du pays avec les privatisations et les cessions de notre patrimoine national à des investisseurs étrangers et notamment français. Ce qui fait que la forme d’économie camerounaise est restée néocoloniale, matérialisée par l’emprise des grands groupes français comme Bolloré sur la majorité des fleurons de l’économie camerounaise. Les organismes comme la Banque mondial, le Fmi et ne sont pas en reste dans cette recolonisation des pays africains. On comprend pourquoi les nationalistes ne cessent de citer les martyrs comme les Um Nyobé qui, parlant de cette indépendance, on prédit qu’elle était une coquille vide. Et de conclure que le Cameroun en particulier et les pays francophones en général sont encore dans la bataille de la conquête d’une seconde indépendance. « Car le peuple camerounais d’une manière générale se sent indépendant, les gouvernements eux ont signé des accords avec les puissances coloniales qui font en sorte que l’indépendance n’est pas totale », argue un historien.

Toutefois, il y a des patriotes qui pensent qu’on ne peut pas dire que nous sommes dans la même situation qu’il y a 50 ans. Même s’il y a un discours militant qui consiste à dire que tant que nous parlons français, nous avons la monnaie imposée par la France et par conséquent tant qu’on est dans le néocolonialisme nous ne sommes pas indépendants. Or soutiennent-ils, le peuple camerounais a pris la mesure de notre responsabilité dans la construction de notre destinée. Et de déplorer, que le discours tribunicien de dénonciation ne se soit pas émancipé des paradigmes des discours occidentaux. Parce que l’Occident a fait de nous une société figée, de mendicité, et si nous avons des difficultés c’est que les révolutionnaires ne l’ont pas compris. « C’est vrai que nous sommes dans une situation paradoxale et ambiguë, c’est que nous sommes dans l’universalisme du monde, mais où je considère que nous sommes dans une situation paradoxale que nous n’assumons pas », clame cette patriote.

Mathieu Nathanaël NJOG 

Par Njognath - Publié dans : Politique
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 19:04

Cinquantenaire de l'indépendance et de la réunification

Le Cameroun a célébré le 20 mai 2010, le cinquantième anniversaire de l’indépendance et de la Réunification. La quasi-totalité des camerounais a manifesté leur indifférence.

 

50 ans, ce n’est qu’un anniversaire, mais il ne faut pas que les gens d’aujourd’hui se comportent comme si on s’était un évènement extraordinaire. Car c’est qu’une date du calendrier. En ce moment à partir où, on décide de célébrer cet anniversaire de l’indépendance il faut qu’on sache qu’il y aura les 50 ans, les 75 ans, les 100 ans et plus tard les 200 ans d’indépendance. Conséquence, la vrai question c’est qu’est-ce que nous avons fait des 50 ans de notre indépendance ? Pour répondre à cette question, il faut faire le tour de cette interrogation sur le triple plan socio-économico-politique. Parce que ce n’est pas comme l’anniversaire que célèbre un citoyen lamda. D’autant plus l’anniversaire de ce dernier, est la résultante d’une hygiène de vie qui a fait qu’on en soit arrivé à cette date là. Et on peut remercier Dieu d’être resté en vie. Et là on a toutes les raisons de fêter cet anniversaire. En revanche, à l’échelle d’un pays comme le Cameroun, on devrait prendre les pays qui ont été indépendants un peu avant, en même temps ou un peu après et comparer. Ainsi, on ne serait pas resté simplement dans l’absolu, on peut voir ce que d’autres ont fait et à ce moment là on peut se juger. Sur un plan philosophique. On aurait pu voir et demander ce que les camerounais pensaient il y a 50 ans et comment réfléchissent-ils aujourd’hui et que feront-ils demain ?

Mais de l’avis de plusieurs personnes observées, la célébration des 50 ans d’indépendance et de la réunification est une déception. Car, pour la petite histoire, la réunification du Cameroun a été sabotée. Ce qui a conduit depuis des lustres et cela malgré nous, ce qu’on qualifie peut-être négligemment de « problème anglophone ». D’ailleurs, on se souvient que certains compatriotes de l’ex-Cameroun anglophone  estiment, à tort ou à raison, que la République du Cameroun actuelle, n’est pas leur patrie. Du fait que l’indépendance dont on célèbre le cinquantenaire a été biaisée. D’autant plus que plusieurs jeunes camerounais qui ont vécu cet avènement à l’indépendance, y voyaient la marche vers un avenir meilleur. Plusieurs courants, ont même milité pour que cela soit perçu comme le passage de témoin entre les anciens dirigeants et les jeunes intellectuels. « Pour nous l’indépendance était une grande victoire contre le colonialisme. Une victoire pour le peuple africain. C’est dire si c’était une fierté pour nous de sortir des jougs coloniaux, notamment nous qui étions pendant longtemps, proche des mouvement communistes », affirme un cinquantenaire. On comprend pourquoi pour la majorité des camerounais, la célèbre de ce cinquantenaire reste dans la manière où elle a été déroulée un folklore qui laisse un sentiment mitigée. «On se demande si nous avons été, si nous sommes et si nous serons indépendants au regard de la manière dont se comporte la plupart de nos gouvernements. Surtout du comportement malheureux de certaines de nos camarades et personnes de ma génération », sérine un septuagénaire.

On n’en a pou preuve le retard observé par le Cameroun dans son développement. Il n’en demeure pas moins que de part et d’autre, des efforts ont été faits. Mais des efforts insuffisants, mais alors très insuffisants. On souvient que lorsque les pays africains accédaient à l’indépendance et particulièrement le Cameroun, la Chine était en arrière, aujourd’hui la Chine est parmi les grandes puissances du monde. De même qu’à l’époque on ne parlait même pas de Corée du Sud. Pourquoi n’avoir pas connu la même évolution  que ces pays de l’Asie ? Il ne fait aucun doute que c’est la conséquence de ce que nos gouvernements n’ont rien fait pour donner la chance à notre pays de prospérer. Comment comprendre que notre pays en soit a contracté des dettes de plusieurs milliards francs CFA alors que nous avons des camerounais qui possèdent les mêmes montants dans leur compte et dont ils ne peuvent justifier l’origine de ces avoirs ? C’est ce qui fait que le progrès social qu’espéraient les peuples africains en général et camerounais en particulier n’arrive pas.

En outre, l’espoir porté dans la décision du régime au pouvoir de célébrer ce cinquantenaire de l’indépendance et de la réunification s’est mué à un sentiment de révolte et de désempare. La première des choses a été la décision du président de la République, Paul Biya de mettre en place la commission du cinquantenaire dans son discours de nouvel an, c’est-à-dire à quelques heures de ce cinquantenaire. Lorsqu’on sait que c’et le 1er janvier 1960 que le Cameroun a effectivement été proclamé indépendant. Dans un regard comparatif, on se rend compte qu’aucun pays africain n’a fait comme cela. Les autres pays ayant préparé minutieusement la célébration de leur cinquantenaire. Ce qui laisse le sentiment que le cinquantenaire du Cameroun a été réduit à un gadget qui est célébré à une date qui ne correspond à rien. C’est-à-dire ce fameux 20 mai. La deuxième chose, c’est qu’il n’est incontestable pour aucun camerounais et même pas pour le président de la république qui l’a insinué dans ses discours depuis le début de cette année 2010 que l’indépendance  que le Cameroun vient de célébrer comme l’aboutissement de plusieurs de luttes politiques que par les batailles politiques qui avaient vraiment irriguées toute la société politique. D’où naît le débat sur l’indépendance et les fruits potentiels récoltés. On comprend aisément que les camerounais aient pour les cinquante années qui ont suivi cette indépendance, un véritablement sentiment mitigé. Ce d’autant plus que nos parents nous rappellent qu’au défilé du 1er janvier 1960, date de l’indépendance, on avait dit que nous irions rapidement vers un développement économique et qu’il suffisait d’être indépendant pour y parvenir. Or, on peut constater que l’expression du décollage économique est restée lettre morte au cours des cinquante années dernières années qu’ont vient de célébrer. « C’est-à-dire que les réalités du néocolonialisme et de l’absence de démocratie, et par ricochet le débat sur la gouvernance et la démocratie du pays ont fait en sorte que nous atteignons les cinquante ans plus pauvre même qu’il y a cinquante ans, et c’est cela mon grand désespoir », souligne un retraité. D’ailleurs, tous les organismes internationaux s’accordent pour constater que le niveau de vie du camerounais moyen d’aujourd’hui (2010) est inférieur à celui qui était le sien en 1960 au moment de la proclamation de l’indépendance.

André Som

Par Njognath - Publié dans : Politique
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 17:53

Bakassi - Kidnapping

Les ravisseurs qui sévissent aux larges du littoral maritime, ont attaqué le lundi 17 mai 2010 un navire et enlevé des marins parmi lesquels des matelots de nationalité russe. Aux dernières nouvelles, les pirates exigent une rançon pour libérer leurs otages.

 

Cette autre attaque survient au moment où les éléments du Bir sont accusés par les services de renseignement de la gendarmerie de privilégier les arnaques des pêcheurs nigérians à la sécurisation des eaux territoriales du Cameroun. Dans notre édition N°1222 du 18 mai 2010, on faisait déjà allusion de la pagaille que le Bir entretient dans la péninsule de Bakassi. Et qu’en revanche, les mouvements de rebelles qui sévissaient dans ces lieux annonçaient une riposte après quelques temps d’accalmie survenu à la suite d’un pacte de non agression avec les Bakassi Freedom Fighters, des ex-rebelles du Delta du Niger. Au final, les pirates qui sévissent aux larges du littoral maritime, et qui ont attaqué à nouveau le lundi 16 mai 2010 un navire en haut mer, et enlevé deux marins de nationalité russe. L’attaque a eu lieu dans la zone de mouillage du port de Douala, à environ 70 km au large du Wouri. Aux dernières nouvelles, les pirates exigeraient une rançon pour libérer leurs otages. Selon une information rapportée par l’agence de presse russe Itar-Tass, un porte-parole du ministère russe des affaires étrangères a confirmé que le ministre en charge des affaires étrangères à Moscou travaillait sur la question en étroite collaboration avec les autorités camerounaises.

A en croire, une récente dépêche de l’Agence France Presse (Afp), les négociations étaient en cours. Les ravisseurs ont réclamé une rançon. Et ce serait sur cette exigence que portent les discussions affirme lit-on. A l’Ambassade de Russie à Yaoundé, la situation est certes préoccupante, mais aucun responsable n’entend se prononcer sur la question. Même pas une déclaration officielle n’a été faite. Une stratégie pour donner aux négociations une chance d’aboutir. Une indiscrétion nous a confié que l’Ambassade de Russie était incompétente pour en parler et que c’est son pendant du Nigeria qui a la charge de ce brûlot. Toutefois des informations qui nous parviennent font état de ce que les contacts ont été noués avec le Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (Mend). Ce dernier a dit n’être n’est pas impliqué dans l'enlèvement de ces marins. Toutefois, le porte-parole du Mend a affirmé que leur mouvement avait des nouvelles des marins enlevés, sans toutefois les localiser. Mais rassure-t-il, le mouvement est convaincu de la bonne santé des otages.

L’alerte a été donnée par le consulat russe Douala dans la journée du 18 mai 2010. Selon l’Agence de presse russe Interfax, l’information a été donnée par Konstantin Lobko, le consul de Russie à Douala. Mais une divergence est survenue sur la nationalité des marins kidnappés. Selon une certaine source, les marins seraient de nationalité russe et ukrainienne, en revanche, les autorités consulaires russes déclarent que les deux marins sont russes et occupaient respectivement, les postes de capitaine du navire et de mécanicien en chef. L’enlèvement a eu lieu à la suite de l’attaque du navire dénommé «North Spirit» qui comportait un équipage russe et ukrainien a affirmé les indiscrétions venant du consul. La même source ajoute que des informations à sa possession font état de ce que les pirates étaient au nombre de 20 pirates. Ils ont approché le navire à l’aide des « fly boat », qui sont des pirogues à moteur de très grande vitesse. Et qu’au cours de l’opération ils ont dépouillé l’équipage de plusieurs objets de valeurs. Depuis lors, apprend-on, de source proche des forces armées, les unités spécialisées sont mises sur la côte d’alerte.

 

André Som

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 17:41

Sommet Afrique-France

A Nice, pendant deux jours, tout semble avoir été fait pour empêcher les journalistes de faire leur travail. Une journaliste raconte.

 

Faut-il couvrir les sommets de chefs d'Etat ? La question est récurrente dans les rédactions, la  réponse souvent hésitante : crainte de se déplacer, et d'engager des dépenses, pour rien. D'y gâcher du temps de travail. Après deux jours passés au sommet Afrique-France à Nice, on comprend bien pourquoi. Tout semble y avoir été fait pour empêcher les journalistes de faire leur travail. Ça commence par la distillation au compte-goutte, mais dans un tuyau bouché, d'informations de base avant la tenue du sommet : il faut attendre le vendredi après-midi, avant veille de l'arrivée des chefs d'Etat, pour obtenir le programme du sommet, la liste des chefs d'Etat et de gouvernement présent, le nom des chefs de délégation. Pour connaître les entreprises présentes -leur invitation au sommet est pourtant mise en avant comme un progrès dans l'association de la société civile- il faut attendre... le début de la rencontre, lundi. Facile pour préparer les interviews et amorcer des rendez-vous.

Sur place, les journalistes sont parqués dans un hôtel. Les rencontres officielles se déroulent...dans un autre. Entre les deux, une grande place, barrée de barrières métalliques et interdite de circulation par les forces de l'ordre. Les écrans de télévision, nombreux majestueux, disposés un peu partout dans  le «media center» diffusent les images de...Roland- Garros, avec ou sans le son, ça dépend. Ou des plans fixes de l'entrée de l'hôtel des journalistes. Ou parfois le live d'i-télé. Cérémonie d'ouverture et de clôture sont diffusées en direct mais pour revoir les interventions, ça se complique. Pas de rediffusion -on dit « replay » au media center- sur les écrans placés dans la salle de rédaction. Il faut se rendre au « nodal », centre névralgique des télévisions venues y récupérer des images.  Et là, attendre, plusieurs heures parfois, que repasse autre chose que les longs plans, sous tous les angles, des arrivées des présidents. Les accolades que leur accorde Nicolas Sarkozy. Ou la « photo de famille » réunissant tous les participants.

 

Galère

Les discours ? Seuls les textes de l'intervention du chef de l'Etat français et du roi du Maroc son disponibles en français. Celui du président égyptien Hosni Moubarak, très demandé, n'est distribué qu'en arabe. Rien n'en sera traduit. Pour passer le temps, les journalistes peuvent s'empiffrer de petits fours fournis par l'épicerie de luxe Fauchon, offerts à volonté. Ainsi que le café, le thé, l'orange pressé, le jus de pamplemousse, l'eau plate, l'eau gazeuse avec ou sans glaçon... tout est servi par des hôtesses et des stewards au sourire parfait. Il y a quand même un dossier de presse qui traîne sur les tables, pour faire le point sur les enjeux du sommet, donner la parole à des chefs d'entreprises africains, et expliquer que l'aide publique au développement ne peut pas tout. Il a été rédigé pour le ministère des affaires étrangères par RFI, dans un étonnant exercice de pastiche d'articles et d'interviews. A la veille du sommet, l'Elysée distribuait aux medias le fac-similé d'un entretien accordé par Nicolas Sarkozy à l'hebdomadaire « Les Afriques ». Trois feuilles format A4 portant l'en-tête de la présidence de la république mais pas le logo du journal. Lundi 31 mai, le magazine Jeune Afrique dénonçait la proposition que lui aurait faite le services de communication du chef de l'Etat : publier une interview, mais avec les questions et les réponses déjà rédigées. Si l'ère de la Françafrique est révolue comme le clament certains, celle de l'ORTF semble encore vivace. 

A Nice, pour tenter de rencontrer des participants en chair et en os, on peut se rendre au forum des entreprises, rencontre parallèle de chefs d'entreprises pilotée par la branche internationale du Medef. Ça se passe dans un autre hôtel de luxe, en bord de mer. Là, problème : tout se déroule à huis clos, même les ateliers sur l'agriculture et l'urbanisme. Personne ne sait très bien pourquoi les journalistes n'ont pas le droit d'entrer, pas même le service de presse du Medef. Mais c'est comme ça, on fera peut-être différemment la prochaine fois. En attendant, une poignée de journalistes alpaguent les conférenciers dans les couloirs. J'entame une discussion avec la présidente du Medef sud africain quand... « Je vais devoir vous interrompre ». C'est Laurence Parisot qui veut saluer sa consoeur. Quelques minutes plus tard, le couloir s'est vidé. Une journaliste télé se plaint : «C'est n'importe quoi ce sommet. C'est pas comme en Afrique où on peut assister à tout ». Retour à la salle de presse. Des collègues s'auto interviewent.

 

Human Rights Watch interpelle Biya

Vient le moment de la conférence de presse finale. Cinq leaders nationaux réunis à la tribune pour une assemblée de plusieurs dizaines de journalistes : Jacob Zuma, président de l'Afrique du sud, Paul Biya du Cameroun, Bingu Wa Mutharika, du Malawi, Meles Zenawi, le premier ministre éthiopien et Nicolas Sarkozy. Après des propos liminaires expédiés par les orateurs, des mains se lèvent un peu partout dans la salle. Sauf que les trois premières questions ont été pré-attribuées par l'Elysée, qui a déjà briefé les hôtesses qui distribuent les micros : d'abord France Info, puis Vox Africa TV, et enfin RTL. C'est organisé avec la presse présidentielle, expliquera ensuite l'Elysée. Tant pis pour les autres. Dans l'amphithéâtre, tout s'enchaîne comme prévu. Deux autres questions sont prises à la volée (Al-Jezira, une radio italienne) et le chef de l'Etat français clôt la séance, avant de concéder un toute dernière prise de parole, gagnée par une radio allemande qui pose une question gênante sur les avoirs immobiliers de la famille d'Omar Bongo. Et se fait aussitôt renvoyer sur les roses. Une quarantaine de minutes en tout, emballé, c'est pesé. Nous baissons nos mains et ravalons nos questions.

En quittant ma place je parviens in extremis à arracher trois mots à Jean-Louis Borloo, présent dans l'assistance. Nicolas Sarkozy nous interrompt pour me serrer la main. « Bonjour madame ! ». Interloquée par l'absurdité de la situation, je le salue. Ça dure un quart de seconde. Je n'ai pas le temps de lui demander quand il compte vraiment verser l'argent du climat aux pays en développement, ni s'il pense toujours que l'homme africain n'est pas entré dans l'histoire. En un clin d'œil, le président de la République et son aréopage se sont faufilés par une porte interdite aux journalistes. Un militant de Human Rights Watch a le temps d'interpeller Paul Biya sur sa pratique de la démocratie. « Je n'ai rien à cacher, je n'ai rien à cacher » répond le président camerounais tout en tournant les talons. Rien à cacher ? Vraiment ? Aucun d'entre eux... mais pourquoi tout dissimuler, alors ? Cette question contradictoire et insoluble résume à elle toute seule l'intenable place faite aux journalistes pendant deux jours à Nice.

 

Par Jade Lindgaardb

http://www.mediapar t.fr/club/ blog/jade- lindgaard

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 17:30

Sommet France-Afrique

 

Le sommet s’est achevé le 1er Juin à Nice en France, Sarkozy annonce la naissance d’une nouvelle ère, mais l’Afrique en profitera-t-elle ? Bilan.

  

Pour la majorité des africains, à cet énième sommet France-Afrique, Il était question de faire le bilan de l’inféodation des pays africains au pays colonisateurs ou sous tutelle européens. Et de se demander : Est-ce qu’on continue dans la même voie ? Est-ce qu’on change de stratégie? Est-ce qu’on change de cap ? Et si on décide de changer de cap qu’est-ce qu’on devient ? C’est à ces questions qu’il faut répondre. Pour l’intelligentsia africaine, le changement de cap était inéluctable. Il signifiait simplement de matérialiser l’affranchissement des pays africains au joug des pays européens en général et français en particulier. Parce que le joug français, c’est quoi ? C’est que nous n’avons pas les moyens de notre destin, l’argent que nous utilisons n’est pas notre monnaie. C’est le principal problème camerounais aujourd’hui et que personne ne veut effectivement aborder. De manière de faire en sorte que le Cameroun soit en mesure d’exploiter en autonomie ses richesses naturelles du sol et du sous-sol, de mettre en mouvement ses hommes pour en faire des moteurs de développement, de croissance, de bonheur de notre peuple. Et au regard du bilan de cette coopération, il ne fait pas de doute que les pays africains ont brillé par une décadence systémique. Les pays africains sont passés d’un Etat apparemment autoritaire vers un Etat apparemment libéral, abritant les valeurs éthiques, démocratiques, humanitaires,… C’est donc une tristesse pour un continent qui est nanti de valeurs humaines et naturelles, mais qui n’arrive toujours pas à décoller. C’est un grand paradoxe.

Car les peuples africains d’une manière générale se sentent indépendants, mais les gouvernements eux ont signé des accords avec les puissances coloniales qui font en sorte que l’indépendance n’est pas totale. Pis encore, le sommet France-Afrique devrait résoudre le problème du rapport entre la France et les pays francophones africains. D’autant plus qu’aucune puissance colonisatrice n’a fait une décolonisation comme celle des français, qui consiste à dire que vous avez un drapeau vous avez un siège aux Nations Unies, mais le sort de votre économie et de votre gouvernance dépend de la France. La preuve quand un chef d’Etat ne leur plait pas on le chasse. Elle va même jusqu’à couvrir toutes les violations des droits de l’Homme, avec les assassinats, si elle ne les encourage. Parce que si un autre régime arrive au pouvoir il peut devenir une menace pour les intérêts colossaux de la France. Et si la France est riche c’est parce qu’il y a les colonies qui lui fournissent de la matière première. D’ailleurs notre argent, notre or est déposé à la caisse de consignation de dépôt en France. Il y a toute la forme d’économie néocoloniale qui est encore là. Ainsi qu’il y a encore les grands groupes comme Bolloré qui tient beaucoup de choses dans notre économie. Il y a en somme cette dépendance à la France. Lorsqu’on voit la recolonisation du pays avec les privatisations et les cessions de notre patrimoine national à des investisseurs étrangers, cela suscite des interrogations. Et puis, les organismes comme la Banque mondiale et le Fmi ne sont pas en reste dans cette recolonisation des pays africains. On est encore dans la bataille de la conquête d’une seconde indépendance.

 

Des promesses fallacieuses

Ce sommet marque une étape, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy à la fin du 25ème sommet France-Afrique, qui s’est déroulé du 31 mai au 1er juin à Nice en France. Il a aussi indiqué qu’il était heureux d’avoir supprimé le traditionnel dîner avec les pays francophones. Pour les observateurs ce n’est que de la paille aux yeux. Puisque, l’ensemble de ces chefs d’Etats seront présent le 14 juillet en France, pour défiler avec leurs troupes dans le cadre de la célébration du cinquantenaire des indépendances de ces pays. Contournant l’absence de déclaration claire sur le thème de la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. C’est la preuve que la France est encore maître de ses quatorze pays d’Afrique francophone. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a promis de travailler avec les pays africains sur les questions de maintien de la paix ou de lutte contre la piraterie et le terrorisme, estimant que l'Afrique ne pouvait pas s'en sortir seule. Sur toutes ces questions, nous allons travailler ensemble, a déclaré Nicolas Sarkozy. Nous avons décidé, nous la France, que sur 2010-2012, nous allons consacrer 300 millions d'euros pour former 12.000 soldats africains pour les forces de maintien de la paix en Afrique, a-t-il confirmé. Ça nous semble beaucoup plus intelligent, car la quasi-totalité des crises régionales et sous régionales seront mieux résolues si les Africains prennent en charge eux-mêmes ces questions plutôt que d'autres, a expliqué devant ses pairs le président français.

Les échanges économiques ont aussi été au cœur de ce 25e sommet Afrique-France de Nice, marquée par la présence de près de 300 chefs d’entreprises français et africains. Dans un élan visant à faire reconnaître ses avantages comparatifs, le patronat français a adopté à Nice, ainsi que plusieurs entreprises africaines, une charte définissant leur responsabilité sociétale et leur volonté de contribuer au progrès de l’Afrique, de ses entreprises, de ses habitants. Les signataires promettent notamment de refuser toute forme de pratique corruptive et toute pratique ayant pour objet ou pour effet de fausser la concurrence saine et loyale. Elles s’engagent aussi à recruter majoritairement de la main-d’œuvre locale et à privilégier le recours à des partenaires locaux. Cette démarche vise pour les patrons à mettre l’homme et le respect de l’homme, au cœur de leur projet d’entreprise, a affirmé Laurence Parisot, présidente du Medef, qui a noté un enthousiasme nouveau. La création d’une association des patronats d’Afrique et de France a été annoncée. L’un des reproches fait à la Françafrique d’avant était de privilégier les seuls intérêts des entreprises françaises.

 

Soutenir l’environnement

Sur le dossier de l’environnement, la France a promis lorsqu’elle exigera le G20 d'y associer l'Union Africaine. Quand on sait qu’au récent sommet de la terre à Copenhague, le président de la République française a parlé au nom des pays qui font partie des pays du bassin de Congo de la forêt équatoriale. C’est tout simplement ridicule. Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui représentera l'Afrique à la conférence de Cancun de décembre, avait même menacé mi-mai de bloquer tout traité sur le climat. Si les pays développés continuaient de ne pas respecter leurs engagements pris à Copenhague de fournir 30 milliards sur la période 2010-2012. Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Nice ont annoncé un accord de principe pour aller au-delà, en préparant un système de financement à long terme permettant de passer à un financement de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. 

Il s’agit d’impliquer davantage le secteur privé dans la lutte contre le changement climatique via le renforcement des marchés carbone, ajoute le texte. Qui avance aussi le principe d'une taxe sur les transactions financières internationales au profit du développement et de la lutte contre le changement climatique que Paris défendra. La création d'une Organisation mondiale de l'environnement a aussi être réclamée. Tout comme l'élaboration d'un plan électricité renouvelable et le lancement d'un plan solaire à travers le projet Africasol. Pour aider les entreprises en Afrique, la France s'engage aussi, toujours selon le projet de texte final, à soutenir un fonds européen de garantie des investissements. Elle entend soutenir l'agriculture africaine à travers un fonds d'investisseurs de 120 millions de dollars, financé par une taxe sur les transactions financières. Une initiative qui sera difficile de mener jusqu’au bout, compte tenu de l’échec de cette tentative à Copenhague.

 

Les sujets oubliés du sommet

Plusieurs grands dossiers ont été absents de ce 25é sommet France-afrique, tel que la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire. La France avait fait de ce dernier dossier l’une de ses priorités, après les émeutes de la faim du printemps 2008. S’il n’a pas vraiment été débattu, le sujet est toutefois évoqué dans la déclaration finale (au 20e point sur 24). La France appelle de ses vœux la constitution d’un fonds d’investisseurs - le Fonds pour l’Agriculture africaine - destiné à soutenir des projets agricoles en Afrique, qui mobilisera, à terme, 300 millions de dollars. Présentée comme innovant, ce projet est pourtant acté depuis longtemps. En avril 2009, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, et la Banque du continent africain avaient en effet annoncé la mise en place d’un Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique. Aussi occultée, la question des droits de l’Homme a peu été évoquée. Nicolas Sarkozy a estimé que le déficit de démocratie et les violations des droits de l’Homme alimentent les violences et l’instabilité. Mais aucun huis clos sur ce dossier n'a toutefois été organisé. De l’avis de Nicolas Sarkozy, c’est plutôt une bonne idée de faire des sommets qui ne parlent pas de tout, parce que sinon on ne discute de rien. Enfin l’indépendance monétaire de l’Afrique francophone surtout qui est revendiquée par de plus en plus d’intellectuels n’a non plus été évoquée.

 

André Som

 

Par Njognath - Publié dans : Politique
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 17:03

Manidem

La bande à Ekane Anicet a obtenu la destitution du président élu Banda Kani. La décision a été prise le 29 mai 2010 lors de la session ordinaire du Comité national de coordination du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie tenue à Yaoundé.

 

Réuni, le 7 mai, le bureau politique s’était déclaré incompétent pour statuer sur la crise qui lézarde le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Conséquence cette instance avait décidé de porter l’affaire à la session du Comité national de coordination qui s’est tenu ce Weed-end dernier à Yaoundé. Seule habilité à statuer sur les affaires ayant trait à des insuffisances graves ou fautes lourdes, à l’instar de la révocation des membres du bureau politique. Comme, il fallait s’y attendre, cette session a débouché à la destitution du président national, Banda Kani. Et à l’élection d’Abanda Kpama. Celui là même que Banda Kani avait battu aux élections de renouvellement des structures dirigeantes du parti un an plutôt.  Ce que l’opinion publique redoutait est finalement arrivé. Et beaucoup y voit, une bataille de contrôle du parti en prélude aux échéances électoral avenir sur l’échiquier politique national. Sentant alors le président Banda Kani, incontrôlable, les cadres du parti ont décidé de l’évincer un peu plutôt.

C’est dire que le Comité national de coordination qui s’est tenu ce week-end à Yaoundé a confirmé l’invalidation de la décision du président Banda Kani d’exclure six de ses camarades. Il s’agissait de : Fils Valentin Dongmo, vice-président chargé des élections et des relations avec les institutions de la République, Pierre Abanda Kpama, secrétaire à la formation, Richard Martin Ntondo, secrétaire à l’organisation, Jean Emmanuel Mpouma, secrétaire adjoint des affaires économiques, Bona Bepa, coordinateur du parti dans le département du Mfoundi, et Ghonda Nounga, simple membre du Bureau politique. Pour les membres du Comité national de coordination, le Bureau politique est l’instance qui gère le parti entre deux sessions du Comité national de coordination,  et le Comité national de coordination (Cnc) est l’organe de direction du parti entre deux congrès. Par conséquence, le Comité national de coordination est convoqué par le Bureau politique et surtout que la direction du parti est collégiale. C’est pourquoi les mêmes sources soulignent que « les décisions ne sauraient en aucun cas être l’émanation d’un seul membre du Bureau politique ou du secrétariat ».

Pour Banda Kani, le président déchu, cette destitution, est nulle et de nul effet. Et il demeure  le président du Manidem et par conséquence il est dépositaire de la souveraineté du parti. Il répond de la gestion du parti et ses décisions sont souveraines. Toutefois, il reste confiant sur le fait que cette page triste va connaître une issue qui va permettre au parti de décoller à nouveau. Mais aussi va également permettre de définir les responsabilités des uns et des autres. L’avenir nous en dira...

André Som

 

 

 

 

 

 

Par Njognath - Publié dans : Politique
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 17:22

Aes Sonel

Suite à l’augmentation du prix de l’électricité au Cameroun, une association de consommateurs propose l’opération «Guichet mort» dès le début du mois de juin. Ceci consiste au boycott annoncé du règlement des factures d’électricité.

 

Dans un communiqué transmis à la rédaction du site www.journalducameroun.com, le RACE (Réseau associatif des consommateurs d’électricité) invite les Camerounais à ne pas se présenter aux guichets de la firme Américaine AES-Sonel pour les règlements des factures d’électricité dues au mois de juin prochain. Cette fois, nous ne nous laisserons plus marcher dessus. A partir du 1er juin 2010, conjointement avec d’autres associations de consommateurs, le Race va lancer "une campagne guichets morts" sur toute l'étendue du territoire national, les usagers, ménages et entreprises, seront invités à refuser de payer les quittances dont les montants ne seront pas calculés sur la base tarifaire antérieure au mois d'avril 2010 indique le communiqué. Cet appel à manifestation passive fait suite à l’annonce par AES Sonel de l’augmentation des prix de l’électricité le 07 mai dernier. Selon le RACE les consommateurs devraient refuser de payer le prix d’une gestion calamiteuse de l’énergie au Cameroun. Pour ces associations l’Etat a clairement indiqué sa complicité. Il est évident qu'AES-SONEL bénéficie de la bienveillance des pouvoirs publics, pourtant garants des intérêts de toutes les parties prenantes dans le secteur peut-on lire dans le communiqué.

 

AES Sonel minimise l’impact de l’augmentation

Coté AES Sonel, on reconnaît l’augmentation mais minimise la portée. Un communiqué de l’entreprise précise les contours de l’augmentation. Elle prévoit 6 FCFA en moyenne par kilowatt/heure que pour les ménages dont la consommation est supérieure à 400 Kilowatts (KW). Selon l’opérateur, près de 84% des familles pour cette raison ne sont pas concernés par cette augmentation. Pour les Petites et moyennes entreprises (PME) et les grandes entreprises, la hausse varie entre 3 et 4% en moyenne et sera surtout perceptible dans les heures de pointe pour la moyenne tension. Ces nouveaux tarifs, explique-t-on à AES Sonel n’atteignent pas le niveau d’augmentation observé dans des pays semblables au Cameroun depuis 2005. Pour la direction générale de la Sonel, ces augmentations interviennent dans un contexte où la consommation d’électricité a doublé dans le pays au cours des 10 dernières années. Il y a urgence: si nos tarifs ne bougent pas, l’an prochain AES SONEL devra réduire ses investissements. Nous ne pouvions plus différer la révision des tarifs de l’électricité, tout en continuant de promettre à nos clients la qualité de service à laquelle ils aspirent, a expliqué le Directeur général de l’entreprise, Jean David Bilé, dans le cadre d’une communication à la presse.

 

Objectif: réunir près de 50 milliards d’ici 2011

Alors que la question était encore posée, les services de communication de la Sonel avaient rejeté l’hypothèse d’une augmentation. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a aucune augmentation en vue. Il n’est pas question pour nous de faire supporter aux consommateurs les grands travaux que nous avons engagés. Depuis trois ans, vous pouvez constater que les prix sont restés les mêmes. Ce n’est pas maintenant que ça va changer, sauf décision de la hiérarchie mais pour l’instant, je peux rassurer les consommateurs qu’ils n’ont rien à craindre. AES SONEL a une mission sociale qui est mise en application depuis la reprise, avait déclaré Raoul Mbenjo de la communication d’AES Sonel, d’après une information rapportée par le quotidien le messager. Il semble pourtant que les investissements engagés par l’opérateur soient la raison de l’augmentation. Selon le Directeur général la Sonel doit continuer ses efforts d’investissements pour soutenir l’amélio­ration en cours, et cette augmentation des prix va aider à poursuivre la modernisation des installations et du service. AES SONEL a fait part de sa volonté de poursuivre des investissements qui jusqu’en 2011 devraient s’élever à près de 100 milliards de francs CFA. Dans le même temps, elle a annoncé des pertes annuelles de 15 Milliards de francs CFA en raison de la fraude, soit 75 milliards en 5 ans.

 

Les observateurs s’interrogent

Pour certains experts qui rejoignent le point de vue du RACE, les arguments avancés par le Directeur de la Sonel ne répondent à aucune logique. Le gouvernement et la Sonel ont vanté les avantages de la station thermique de Yassa inaugurée et celle de Kribi en construction en affirmant qu’elles permettraient d’augmenter l’offre en électricité. Logiquement une augmentation de l’offre devrait conduire à une baisse des coûts. D’un autre coté, dans son discours de circonstance lors de la pose de la première pierre de la station thermique de Kribi les dirigeants d’AES Sonel ont fait part d’un investissement déjà réalisé de 200 milliards de Francs CFA. Un investissement que ne perçoit pas la population. De nombreuses localités du Cameroun ne sont toujours pas connectées au réseau électrique et pour celles qui le sont, les délestages sont une réalité constante. De même, la part d’augmentation qui concerne les habitations résidentielles risque de toucher une des classes les plus pauvres du Cameroun, la classe étudiante. De nombreux logements universitaires sont connectés à un seul compteur. Les consommations dans ces mini-cités excèdent généralement les 400 kilowatts par mois. Le portefeuille estudiantin déjà à la peine risque fort bien de subir cette augmentation. Malgré les investissements supposés être effectués par la Sonel, seulement 2 Camerounais sur 10 ont accès à une électricité de plus en plus chère, alors que le pays possède le 2ème potentiel hydroélectrique d’Afrique après la République Démocratique du Congo. Les éléments de constitution du prix du kilowatt hors taxes restent un mystère pour les consommateurs qui sont sans armes efficaces face à la Sonel.

 

Par Idriss Linge, Journalducameroun.com du 18/05/2010

 

Par Njognath - Publié dans : Economie
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 17:07

Athlétisme

La double championne Olympique du triple saut pourrait désormais remporter des médailles mais cette fois pour le compte de la France.

 

 

Adieu mon cher pays ! L’information nous a été confirmée par la fédération française d’athlétisme: Françoise Mbango Etone, l’icône camerounaise du triple saut a changé de nationalité pour devenir française. Aucune annonce officielle n’a été faite à ce sujet. Au comité sportif et olympique camerounais et à la fédération camerounaise d’athlétisme, on s’est dit surpris par l’information. J’ai appris par la radio que Françoise Mbango avait décidé de devenir française et je suis très surpris, je ne comprends pas ce qui a pu se passer, a annoncé Emmanuel Oyono, le secrétaire général du comité olympique et sportif camerounais dans l’émission matinale de la radio nationale camerounaise, la CRTV. Ce changement de nationalité explique aujourd’hui mieux, le dernier forfait de la championne camerounaise lors des derniers mondiaux d’athlétisme de Berlin qui se sont déroulés en Août 2009 dernier. On savait l’athlète très déçue du traitement à elle réservée par les autorités camerounaise qu’elle ne jugeait pas à la hauteur de la performance réalisée sous les couleurs du Cameroun. Mais la décision de l’athlète surprend tout le monde aujourd’hui. Surtout que le changement de nationalité lui permettra de participer aux prochains jeux olympiques et de compéter aux couleurs de la France. Selon les règles régissant l’athlétisme international, un athlète qui n’a pas participé à une compétition durant 4 ans pour son pays d’origine, peut sans problème le faire pour un autre pays.

 

Colère et compréhension de l’opinion publique

La défection de charlotte Mbango soulève déjà une vive polémique au Cameroun. La double championne olympique ne s’est pas prononcée sur le sujet. Mais au sein de l’opinion publique camerounaise, on critique déjà durement ce qu’on considère comme une honte. « le Cameroun ne vaut pas la peine, comment un athlète aussi forte que Mbango qui n’a rien demandé au départ et qui a tout donné au Cameroun dans sa discipline, n’a pas eu la juste récompense due à sa contribution dans la promotion de l’image du Cameroun » a déclaré un auditeur de la radio nationale camerounaise, visiblement en colère face à la situation. Les autorités camerounaises en charge du sport se sont refusées à commenter cette décision de l’athlète, se contentant de dire que l’athlète a fait librement son choix et que les règles internationales le permettaient. Pourtant on ressent un gène à l’évocation du sujet. En Avril 2006, elle avait révélé être en désaccord avec les autorités camerounaises, dans le cadre d’une interview accordée à la radio française RFI (radio France internationale). « J’avoue que j’ai fait beaucoup de sacrifices comme tous les Camerounais le savent pour arriver à donner au pays cette médaille dans une compétition de haut niveau tels que les Jeux olympiques. Je suis un peu désolée du comportement de certaines autorités, surtout des ministres » avait-elle déclaré. Françoise Mbango Etone, née le 14 avril 1976 à Yaoundé pratique le triple saut. Sous les couleurs du Cameroun, elle a été la première athlète à obtenir une médaille olympique en athlétisme.

 

Un parcours exceptionnel

Après avoir dans un premier temps pratiqué le saut en hauteur, discipline où elle est devenue championne du Cameroun, elle se consacre ensuite au triple saut avec une première médaille lors des jeux du Commonwealth 1998 à Kuala Lumpur. Puis lors de ses premiers Jeux olympiques à Sydney, elle se qualifie pour la finale où elle ne finit qu'à la 10e place. Dès l'année suivante, elle obtient sa première médaille en grand championnat lors des mondiaux 2001 d'Edmonton, terminant 2e derrière la russe Tatyana Lebedeva. Puis en 2002, elle gagne une nouvelle médaille d'argent aux jeux du Commonwealth qui se déroulent à Manchester. Elle est de nouveau devancée par sa rivale russe lors des mondiaux 2003 de Paris Saint-Denis avant enfin de prendre sa revanche lors des Jeux olympiques d'Athènes. Elle remporte le titre dans un concours où elle commence par franchir le cap des 15m30 au 2e essai, son record personnel. Ses 5 derniers sauts seront tous au-delà des 15 mètres, ce qui n'était pas encore arrivé dans un concours féminin. En 2005, elle décide au tout dernier moment de ne pas participer aux mondiaux d'Helsinki, les causes de son forfait n'étant pas réellement établies. Finalement son absence des sautoirs dure jusqu'au début 2008. En avril, elle effectue un début de concours à Yaoundé, dont un saut à 14,50 mètres. Son concours est toutefois interrompu par le président de la fédération camerounaise d'athlétisme, décision expliquée par une suspension pour sa non-participation aux jeux d'Afrique 2007. Après des débuts de réconciliation avec la fédération elle franchit 14,76 mètres aux championnats d'Afrique 2008 à Addis-Abeba, ce qui lui accorde une place pour aller défendre son titre lors des Jeux olympiques 2008 à Pékin. Cette participation est toutefois due à une intervention du CIO, le comité olympique international, sa fédération ne voulant pas l'inscrire aux jeux malgré ses performances. Lors du concours de Pékin, elle saute 15,39 mètres ce qui lui permet de remporter un deuxième titre olympique. A Londres en 2012, on risque de voir Mbango sauter et gagner pour la France

 

Idriss Linge, Journalducameroun.com, édition du 18 mai 2010

A savoir

2008: médaille d'or aux Jeux olympiques à Pékin avec 15,39 m

2008: médaille d'or aux championnats africains d'athlétisme en à Addis-Abeba

2004: médaille d'or aux Jeux olympiques à Athènes avec 15,30 m

2003: médaille d'argent aux Championnats du monde d'athlétisme de Paris Saint-Denis

2002: médaille d'or aux championnats africains d'athlétisme en à Radès

2002: médaille d'or du saut en longueur aux championnats africains d'athlétisme en à Radès

2002: médaille d'argent aux jeux du Commonwealth à Manchester

2001: médaille d'argent aux Championnats du monde d'athlétisme à Edmonton

1998: médaille d'argent aux championnats africains d'athlétisme en à Dakar

1998: médaille d'argent aux jeux du Commonwealth à Kuala Lumpur

1996: médaille de bronze aux championnats africains d'athlétisme en à Yaoundé

 

Par Njognath - Publié dans : Autres Sports
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