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Lundi 11 mai 2009

Opération Epervier

 

Les avocats de Forjindam dénoncent le diktat du tribunal

La première audience qui a eu lieu vendredi 8 mai 2009, a été entièrement consacrée à la lecture de l’ordonnance de non lieu partiel et de renvoi.

 

Statuant en matière criminelle spéciale, le tribunal de grande instance du Wouri a enrôlé l’affaire opposant le ministère public et le Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) à Zacchaeus Forjindam, Mme Massot épouse Njoh Moudio Rose Constance Angèle, Njiande Antoine, Youta Samuel, Ngumbi Jude Tedah, Nuvalla Julius Fotikali, Nguewou épouse Njiande Odette, Gounou Mathurin et Meugang Annette. Ces neuf prévenus sont poursuivis pour coaction de détournement de deniers publics et complicité de prise d’intérêts dans un acte, portant globalement sur la somme de 969 171 579 Fcfa couvrant les exercices 2003 à 2005.

La première audience qui s’est ouverte vendredi 8 mai 2009, a été exclusivement consacrée à la lecture de l’ordonnance de renvoi, un document de 48 pages. Par la suite, l’affaire a été renvoyée au 27 mai 2009 pour débat, a décidé la présidente de la collégialité. Refusant aux avocats de soulever les exceptions. Toutefois, Mes Nekuie Barnarbé et Bonu Innocent ont relevé que la partie civile n’a pas produit la liste de ses témoins cinq jours avant cette première audience comme l’exige la loi, précisant à cet effet qu’elle est forclose en la matière.

 

Les infractions incriminées

Il ressort de l’ordonnance de non lieu partiel et de renvoi que les coaccusés sont incriminés sur quatre volets distincts. Il s’agit de : 1- Règlements de chèques non justifiés d’un montant de 652 851 579 Fcfa frauduleusement obtenus par Forjindam, Njiande Youta, Gounou, Meugang et Nuvalla ; 2 - Décaissement insuffisamment justifié d’un montant de 84 320 000 Fcfa frauduleusement émis et bénéficié par Forjindam, Njiande, Youta, Mme Massot ; 3 - Retraits de fonds de caisse sans produire les justificatifs d’un montant de 232 000 000 Fcfa concernant Forjindam, Njiande, Mme Massot, Youta, Ngeuwou, Ngumbi ; 4 - Complicités de prise d’intérêts dans un acte mis à la charge de Forjindam, Njiande et Youta. Une copie conforme des accusations de mauvaise gestion contenues dans le rapport de dénonciation du commissaire aux comptes du Cnic, Charles Kooh II.

Pour ce préjudice financier causé à l’Etat, le Cnic et son directeur général (Antoine Bikoro Alo’o) réclament provisoirement, en guise de dommages et intérêts 971 969 963Fcfa. Des neuf personnes impliquées dans cette mauvaise gestion dénoncée par le commissaire aux comptes Charles Kooh II, seuls Zacchaeus Mungwe Forjindam, ex-directeur général du Cnic et Mme Massot épouse Njoh Moudio Rose, directeur des ressources humaines, placés sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de New-Bell depuis le 8 mai 2007, ont été entendus lors de l’information judiciaire. Ce qui leur a permis de donner des explications sur les accusations portées contre eux.

 

Sept coaccusés en fuite

Forjindam a relevé le caractère contradictoire des chiffres avancés par le commissaire aux comptes et son incapacité à produire les preuves de ses accusations. L’ex-Dg réfute par conséquent toutes ces accusations et plaide non coupable dans les quatre volets. Mme Massot épouse Njoh Moudio quant à elle s’est appuyée sur la dérogation que lui avait donnée l’ex-directeur général pour signer des dépenses par ordre à son absence et souvent après avoir recueilli son aval par e-mails ou communications téléphoniques pour justifier les retraits de comptes d’un montant de 84 320 000 Fcfa pour décliner son entière responsabilité et plaider non coupable.

Les sept autres coaccusés, Njiande Antoine, Youta Samuel, Ngumbi Jude Tedah, Nuvalla Julius Fotikali, Nguewou épouse Njiande Odette, Gounou Mathurin et Meugang Annette ont profité des lenteurs de procédures pour fondre dans la nature. Et le juge d’instruction de conclure que cette fuite est un aveu de leur implication dans les malversations financières qui leur sont reprochées. Ce qui justifie leur inculpation par voie de mandats d’arrêt internationaux. Lesdits mandats d’arrêt n’ont pas pu être exécutés au cours de l’information judiciaire.

 

 

 

Accusés de l’affaire Cnic : liste des biens saisis

 

I- ) Saisies opérées chez Zacchaeus Mungwe Forjindam

Une photocopie du titre foncier n°1111/Mezam ; (1 171 à 1 173)

- Un immeuble bâti sis à Bonanjo, rue Ivy, ainsi que les meubles meublants en dehors de la batterie de cuisine ; (1 138 à 1 163) ;

- Un véhicule automobile de marque Mercedes 500 immatriculé sous le n° LT – 7749 – P ; (1 152 ; 1 183 à 1 189) ;

- Un véhicule automobile de marque Mercedes ML 320 immatriculé sous le n° LT – 8853 – O ; (1 160)

- Un immeuble non bâti à Menteh, objet du titre foncier n° 5756, volume –9, folio 91 (1 583 ; 1 547)

- Un immeuble non bâti sis à Ntaafi, objet du titre foncier n° 6277, volume --, folio 16, enregistré aux noms de Zacchaeus Mungwe Forjindam et Rita Ngenwi Amajong Forjindam (1 583 ; 1546) ;

- Un immeuble non bâti sis à Bastos, objet du titre foncier n° 3296/Mfoundi (1 619 à 1 620) ;

- Un immeuble non bâti sis à Djoungolo 1, objet du titre foncier n° 35686 appartenant à monsieur et madame Forjindam (1 621 à 1 622) ;

- Un immeuble non bâti sis à Barrack, objet du titre foncier n°7143 (1579 ; 1 545)

- Un immeuble non bâti sis à New Lay-out Santa, objet du titre foncier n° 5572 morcellement du titre foncier n°3154 (1 579) ;

- Un véhicule automobile de marque Toyota Hilux genre camionnette immatriculée sous le n° NW-782-AA (1 569 à 1 573)

- Un immeuble bâti ( objet du titre foncier n° 1111, volume 06 ; folio 117) situé à Gra Up Station (Bamenda) ainsi que les meubles meublants à l’exception de la batterie cuisine (1 548 à 1 562) ;

 

II-) Saisies opérées chez Massot épouse Njoh Moudio Rose constance Angèle

- Quatre extincteurs appartenant au Cnic ( 1 143 à 1 146)

- Un véhicule automobile de marque Mazda immatriculé sous le numéro LT-2546 -P(1 175 à 1 182) ;

- Un immeuble bâti sis à Makepe ainsi que les meubles meublants en dehors de la batterie de cuisine (1 141 à 1 148) ;

- Deux immeubles en construction à Logpom ( 1 138 à 1 140) ;

Une somme de un million cinq cent trente mille trois cent vingt (1.530.320 ) (…)

 

II-Bis) En ce qui concerne Massot épouse Njoh Moudio Rose Constance Angèle :

- Compte n° 02811737927-08 domicilié à la Sgbc-Douala-Bonanjo, au solde créditeur de 1.076.111 F cfa (R 927 in fine) ;

- Compte n° 3100041171-94 domicilié à la Sgbc-Douala-Bonanjo, au solde créditeur de 157.494 F cfa (R 927 in fine)

- Compte n° 30 009483 6305 100 domicilié au Ca-Scb-Douala, au solde créditeur de 157.494 F cfa (R 935) ;

- Compte n° 30 0094383 6305000 domicilié au Ca-Scb-Douala, au solde créditeur de 210.335 F cfa (R 935 bis) ;

- Compte n° 30 009483 6300 000 domicilié au Ca-Scb-Douala, au solde créditeur de 265.591 F cfa (R 935 ter) ;

 

III-) En ce qui concerne Ngumbi Jude Tedah :

- Compte n° 2210014794 domicilié à First Trust Bank, au solde créditeur de 32.717 F Cfa ( R 847) ;

 

IV-) En ce qui concerne Youta Samuel:

- Compte n°37220030101-71 ouvert dans les livres de la Cbc, au solde créditeur de 558.724 F cfa (1 928 in fine) ;

- Compte n°00519221101-27 ouvert dans les livres de Afriland First Bank-Bonanjo au solde créditeur de 1.180.531 F cfa (R 925 bis) ;

 

V-) En ce qui concerne Gounou Mathurin:

- Compte n°02000066825-31 ouvert dans les livres de la Sgbc-Douala-Bali, au solde créditeur de 203 ?769 F cfa (R 926 in fine) ;

 

VI-) En ce qui concerne Njiande Antoine:

- Compte n°00194411101-52 domicilié à Afriland First Bank-Hippodrome, au solde créditeur de 71.037 F cfa (R 925 ) ;

 

VII-) En ce qui concerne Ngewou épouse Njiande Antoine:

- Compte n° 2001021209027 ouvert dans les livres de Ecobank, au solde créditeur de 971.155 F cfa (R 929) ;

Attendu que tous ces comptes ont été bloqués ; 

 

 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le 11-05-2009

Par Njognath - Publié dans : Société
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Lundi 11 mai 2009

Litige foncier

L’affaire opposant la succession de Misse Alexis à Nzeullie Gabriel est devant les tribunaux depuis le 1er octobre 1983 pour une transaction immobilière contestée d’un montant de 26 millions Fcfa.

 

C’est dans un élan de colère que Gabriel Nzeuli sort de l’audience criminelle de la Cour d’appel du Littoral, le mardi 28 avril 2009. La cour venait de décider de renvoyer l’affaire au 30 juin 2009, à la demande de la partie civile, appelante. Ainsi, les parties n’auront mis qu’une dizaine de minutes devant la barre. « 26 ans devant les tribunaux…Toute une vie, c’est trop. Va-t-on en finir un jour ? » Une réaction qui sonne à la fois comme une exaspération face aux lenteurs judiciaires, mais aussi comme une interpellation de ses avocats, Mes Teulawo Jean Paul et Tchamo Mafetgo Clémence. Cette audience n’aura alors servi qu’à la mise en état du dossier avec la remise de l’acte de décès de Mpacko Missé. D’autant plus que cette affaire revient à nouveau devant la Cour d’appel du Littoral après que la partie civile déboutée, se soit pourvue en cassation à la Cour suprême.

Tout part d’un prêt d’argent d’un montant d 26 millions Fcfa que feu Priso Missé Alexis  contracte le 1er octobre 1983 à la Société immobilière Socacic dont le promoteur est Nzeullie Gabriel. La transaction se fait par devant notaire. En contre partie, il hypothèque le titre foncier  N° 461/W sis au quartier Bali et sur lequel est bâtit un immeuble. A la suite du décès de leur père, la succession Priso Missé non content de la transaction effectuée par leur défunt père, engage une procédure pénale contre Nzeullie Gabriel pour « faux et usage de faux en écriture publique et authentique ». Pour la succession, l’acte de reconnaissance dont se prévaut sieur Nzeullie est un faux dans la mesure où, d’une part, leur défunt père Priso Missé Alexis n’avait jamais reconnu avoir traité avec Nzeullie Gabriel et, d’autre part, à la date du 1er octobre 1983 telle qu’indiquée. Pourtant, la convention liant Priso Missé Alexis à la Socacic était en cours et le titre foncier détenu par cette société. Mais avec l’appuie de leurs conseils, Mes Kom et Metsoukson, les aynat-droits soutiennent que Nzeullie s’est servi d’un faux document pour s’approprier avec la complicité de leur neveu Mpacko Ndema, l’immeuble litigieux.

 

La Cour suprême annule les décisions précédentes

En revanche, les avocats de Nzeullie Gabriel affirment que le défunt Priso Missé Alexis était au courant de l’existence de cet acte de reconnaissance. Ils en veulent pour preuve l’acte d’assignation fait au decujus le 28 février 1985 par l’accusé aux fins de réalisation de la vente et qu’il n’a jamais contesté. «Sur ce, sa succession ne peut prétendre à une action successorale dont l’auteur n’avait jamais contesté, car les enfants n’héritent que des actions qu’ils trouvent dans l’assiette successorale », argumente l’un des avocats. Avant d’ajouter que «d’ailleurs, le decujus a volontairement limité sa succession au patrimoine qu’il a laissé.»  Surtout que feu Priso Missé Alexis avait demandé en son temps, dans les conclusions devant le juge des référés à l’audience du 14 août 1985, le bénéficie d l’article 1244 du Code civil relatif au délai de grâce de trois ans qu’il sollicitait pour le remboursement de l’intégralité de la somme de 26 millions Fcfa portée dans le fameux acte de reconnaissance.

C’est fort de ces arguments contradictoires que la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri avait décidé de l’acquittement de l’accusé Nzeullie Gabriel. Non content, les ayant-droits  de feu Priso Missé Alexis ont fait appel de la décision. Enrôlée à la Chambre criminelle de la Cour d’appel du Littoral, les deux parties vont être confrontées au cours de plusieurs audiences. A l’issue desquelles, la cour délibère en date du 30 juillet 2002, en rendant le verdict suivant : «En la forme, constate la recevabilité de l’appel et ; au fond, évoquant et statuant à nouveau, constate que les faits reprochés à l’accusé ne sont pas établis, déboute la partie civile de sa demande comme non fondée et le condamne aux dépens.» C’est alors que tenace dans sa position, Priso Missé Manfred, représentant la succession de Priso Missé Alexis se pourvoi à la cour suprême qui casse la décision et renvoi à nouveau ladite cause devant la Cour d’appel du Littoral.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Société
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Lundi 11 mai 2009

Litige foncier

L’affaire opposant la succession de Misse Alexis à Nzeullie Gabriel est devant les tribunaux depuis le 1er octobre 1983 pour une transaction immobilière contestée d’un montant de 26 millions Fcfa.

 

C’est dans un élan de colère que Gabriel Nzeuli sort de l’audience criminelle de la Cour d’appel du Littoral, le mardi 28 avril 2009. La cour venait de décider de renvoyer l’affaire au 30 juin 2009, à la demande de la partie civile, appelante. Ainsi, les parties n’auront mis qu’une dizaine de minutes devant la barre. « 26 ans devant les tribunaux…Toute une vie, c’est trop. Va-t-on en finir un jour ? » Une réaction qui sonne à la fois comme une exaspération face aux lenteurs judiciaires, mais aussi comme une interpellation de ses avocats, Mes Teulawo Jean Paul et Tchamo Mafetgo Clémence. Cette audience n’aura alors servi qu’à la mise en état du dossier avec la remise de l’acte de décès de Mpacko Missé. D’autant plus que cette affaire revient à nouveau devant la Cour d’appel du Littoral après que la partie civile déboutée, se soit pourvue en cassation à la Cour suprême.

Tout part d’un prêt d’argent d’un montant d 26 millions Fcfa que feu Priso Missé Alexis  contracte le 1er octobre 1983 à la Société immobilière Socacic dont le promoteur est Nzeullie Gabriel. La transaction se fait par devant notaire. En contre partie, il hypothèque le titre foncier  N° 461/W sis au quartier Bali et sur lequel est bâtit un immeuble. A la suite du décès de leur père, la succession Priso Missé non content de la transaction effectuée par leur défunt père, engage une procédure pénale contre Nzeullie Gabriel pour « faux et usage de faux en écriture publique et authentique ». Pour la succession, l’acte de reconnaissance dont se prévaut sieur Nzeullie est un faux dans la mesure où, d’une part, leur défunt père Priso Missé Alexis n’avait jamais reconnu avoir traité avec Nzeullie Gabriel et, d’autre part, à la date du 1er octobre 1983 telle qu’indiquée. Pourtant, la convention liant Priso Missé Alexis à la Socacic était en cours et le titre foncier détenu par cette société. Mais avec l’appuie de leurs conseils, Mes Kom et Metsoukson, les aynat-droits soutiennent que Nzeullie s’est servi d’un faux document pour s’approprier avec la complicité de leur neveu Mpacko Ndema, l’immeuble litigieux.

 

La Cour suprême annule les décisions précédentes

En revanche, les avocats de Nzeullie Gabriel affirment que le défunt Priso Missé Alexis était au courant de l’existence de cet acte de reconnaissance. Ils en veulent pour preuve l’acte d’assignation fait au decujus le 28 février 1985 par l’accusé aux fins de réalisation de la vente et qu’il n’a jamais contesté. «Sur ce, sa succession ne peut prétendre à une action successorale dont l’auteur n’avait jamais contesté, car les enfants n’héritent que des actions qu’ils trouvent dans l’assiette successorale », argumente l’un des avocats. Avant d’ajouter que «d’ailleurs, le decujus a volontairement limité sa succession au patrimoine qu’il a laissé.»  Surtout que feu Priso Missé Alexis avait demandé en son temps, dans les conclusions devant le juge des référés à l’audience du 14 août 1985, le bénéficie d l’article 1244 du Code civil relatif au délai de grâce de trois ans qu’il sollicitait pour le remboursement de l’intégralité de la somme de 26 millions Fcfa portée dans le fameux acte de reconnaissance.

C’est fort de ces arguments contradictoires que la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri avait décidé de l’acquittement de l’accusé Nzeullie Gabriel. Non content, les ayant-droits  de feu Priso Missé Alexis ont fait appel de la décision. Enrôlée à la Chambre criminelle de la Cour d’appel du Littoral, les deux parties vont être confrontées au cours de plusieurs audiences. A l’issue desquelles, la cour délibère en date du 30 juillet 2002, en rendant le verdict suivant : «En la forme, constate la recevabilité de l’appel et ; au fond, évoquant et statuant à nouveau, constate que les faits reprochés à l’accusé ne sont pas établis, déboute la partie civile de sa demande comme non fondée et le condamne aux dépens.» C’est alors que tenace dans sa position, Priso Missé Manfred, représentant la succession de Priso Missé Alexis se pourvoi à la cour suprême qui casse la décision et renvoi à nouveau ladite cause devant la Cour d’appel du Littoral.

Mathieu Nathanaël NJOG, Article publié dans Le Mesager

Par Njognath - Publié dans : Société
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Lundi 11 mai 2009

Entretien - Biyiti Bi Essam

Le ministre de la Communication, Jean Pierre Biyiti Bi Essam est au devant de l’actualité depuis la récente visite du Pape Benoît XVI au Cameroun du 17 au 20 mars dernier. Après plusieurs articles parus dans la presse dévoilant une gestion peu orthodoxe des fonds alloués par la présidence de la République pour la couverture médiatique de ce grand événement, il a été entendu jeudi dernier chez le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Yaoundé. Il déférait ainsi à une convocation de la police judiciaire. Son audition aurait duré trois bonnes heures d’horloge. Il était appelé à répondre de la gestion de ces fonds, dont une partie, 130 millions Fcfa, a été virée dans son compte personnel à la Société générale des Banques du Cameroun. Ce qui est interdit par la loi. Du coup, des soupçons de détournement pèsent sur le Mincom, et certains de ses collaborateurs qui sont intervenus dans cette opération. Beaucoup parmi eux ont également été entendus à la police judiciaire, où ils ont été appelés à expliquer cet acte qualifié de délictuel. Mais pour Jean Pierre Biyiti Bi Essam, que nous avons rencontré hier, à sa résidence du Camp Sic Mendong, il s’agit juste d’une faute de gestion. Il attribue la cabale actuelle à ses détracteurs qui seraient opposés à sa gestion par trop rigoureuse des activités du ministère. Il évoque le climat actuel au Mincom, lève un pan de voile sur sa personne. De même qu’il résume sa feuille de route pour 2009, qu’il entend réaliser si le chef de l’Etat lui renouvelle sa haute confiance, en dépit du mauvais vent qui souffle autour de lui actuellement.  

 

Monsieur le ministre, vous habitez le camp Sic Mendong, dans un cadre étroit et modeste. Est-ce digne d’une République ?

Il n’y a pas de mal à cela. Je suis arrivé ici il y’a une vingtaine d’années. Et je me plais toujours à dire que lorsqu’il y’aura un maire à Mendong, je serai le premier à l’être. Je suis arrivé ici en 1990. Il y’avait pas encore grand monde dans ce quartier. Dans le grand immeuble d’en face, il n’y avait même pas un chat. Votre question se pose effectivement par d’autres personnes. Deux semaines après mon entrée au gouvernement, on a dit à mon épouse à la sortie du culte qu’on a appris que nous habitons déjà Bastos. Mon épouse a rassuré son interlocuteur, en lui disant que nous sommes toujours à Mendong. Je n’ai pas voulu que ma fonction de ministre me change. J’ai gardé tous mes numéros de téléphone. Je ne peux pas fuir le peuple. Au contraire, je dois rester parmi ce peuple pour le sentir. Parce que je suis à son service.

 

Vous êtes au devant de la scène à cause d’une affaire de gestion des fonds alloués par la présidence de la République pour la couverture médiatique de la récente visite du Pape au Cameroun. Il y’a eu beaucoup de contradictions et de polémique  sur le montant total de ces fonds. Quelle était la somme  exacte de l’enveloppe reçue par vos services et quel usage en avez-vous fait ?

Je ne sais pas pourquoi on tient compte de tous ces montants que des gens non qualifiés balancent dans la presse depuis si longtemps. La première fois que la question m’a été posée, c’était au cours d’une émission à Canal 2, lorsque j’étais en tournée à Douala. J’ai dit et je le répète, que le chef de l’Etat a ordonné le déblocage de 770 (sept cent soixante dix) millions Fcfa pour la préparation de la couverture de la visite du Pape au Cameroun. Cet argent est parvenu en quatre tranches au ministre de la Communication que je suis, et qui devait le répartir. La première tranche est arrivée jeudi 26 février 2009 en milieu d’après-midi. C’était 250 millions Fcfa, qui me sont arrivés dans un sac porté par deux ou trois gaillards. La deuxième tranche, toujours de 250 millions Fcfa, est arrivée le lendemain. La troisième tranche, 200 millions Fcfa, est arrivée le 4 mars 2009. La quatrième et dernière tranche, exclusivement consacrée à la location des écrans géants, est arrivée une semaine avant l’arrivée du Pape. C’est-à-dire le 10 mars. Elle était de 70 millions. Lorsqu’on fait le total, on est à 770 millions.

 

Comment avez-vous réparti cet argent ?

La Crtv a reçu 450 millions Fcfa. La Camtel qui devait nous aider au niveau de l’apport de la fibre optique a reçu 140 millions Fcfa. La Sopecam, société éditrice de Cameroon Tribune, a reçu 40 millions Fcfa. Le ministère de la Communication a reçu 140 millions Fcfa dont les 70 millions Fcfa que je signalais tout à l’heure, et qui constitue la cagnotte réservée à la location des écrans géants. Voilà, il n’y a pas d’autre vérité. La vérité de ce chiffre ne peut sortir que de ma bouche. Je l’ai déjà sortie mille et une fois, mais on revient toujours sur la même question.

 

On constate que la presse dite privée n’a rien reçu de ces fonds pourtant destinés à la couverture médiatique de la visite papale. Doit-on comprendre que cette presse n’est pas prise en considération par  celui qui a ordonné le déblocage de cette allocation spéciale, et par vous-même, ministre de la Communication ?

Ce qui a été fait avec ces fonds a servi aussi bien à la presse à capitaux privés qu’à la presse à capitaux publics. Le centre de presse public n’était pas interdit à la presse privée. Au contraire ! Le dîner de presse était ouvert à tous les médias. Je dirai même que le Cameroun tout entier en a profité. J’entends certaines langues dire que la visite du Pape nous a coûté trop cher. Quand vous recevez quelqu’un, vous faîtes quand même attention. Vous voyez si vous n’avez pas des verres dépareillés, etc. Et quand vous achetez ces verres, votre invité ne va pas les emporter avec lui à la fin de la visite. Ça reste votre patrimoine.

 

Revenons en aux médias à capitaux privés qui ont été lésés dans votre répartition. Pourquoi n’ont-ils pas aussi bénéficié de l’argent en espèce, au même titre que les médias à capitaux publics, pour assurer une couverture optimale de cet événement d’envergure ? Pensez-vous qu’ils n’en avaient pas besoin ?

Ce que je dois vous dire, c’est que à cette époque, nous avions beaucoup de mal déjà…Vous vous rendez compte que c’est le 26 février que la première tranche est arrivée. Cela se passe un mois de février d’une année qui n’est pas bissextile. C’est-à-dire que ce mois n’a que 28 jours. Donc, on était très en retard. Cela dit, j’ai déjà fait mon mea culpa à la presse à capitaux privés, en lui expliquant que dans quelques jours, nous allons  encore distribuer l’aide à la presse privée. J’ai mis la pression sur mes collaborateurs pour mettre en route ce dossier là.

 

On aimerait quand même savoir si vous avez tenu compte des besoins de cette presse privée dans le budget de couverture que vous avez soumis à la présidence de la République et qui a abouti au déblocage des fonds querellés.

Absolument. Mais ce que j’ai demandé, je ne l’ai pas obtenu. En plus, ce que j’ai reçu est arrivé, au compte goutte, à la dernière minute.

 

Si ce n’est pas indiscret, peut-on savoir combien vous avez demandé pour la couverture médiatique de la visite papale, et cette proportion que vous entendiez réserver aux médias à capitaux privés ?

J’ai demandé un milliard Fcfa. S’agissant de la part de la presse privée, je dirai que ce débat est derrière nous et il serait inutile d’en reparler. Nous en tirons toutes les leçons possibles. Regardons devant nous. Mais je dis à la presse publique et privée, que je suis votre tuteur. J’ai aussi des griefs vis-à-vis de vous. La façon dont vous me traitez ne montre pas que vous me considérez comme votre tuteur. Vous me traitez avec une brutalité inimaginable. Jamais dans ce pays, je n’ai vu une campagne de presse de cette nature contre un ministre en exercice. Et c’est votre ministre que vous jetez en pâture comme ça, pour des faits non avérés.

 

Il se trouve pourtant que vous avez fait déposer 130 millions des 140 millions Fcfa que vous avez réservés au ministère de la Communication dans votre compte personnel à la Sgbc.  Ce qui est condamné par la loi. D’où le soupçon de  détournement de fonds publics qui pèse sur vous. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Je vous refais le film de l’opération. Nous sommes le 26 février 2009. Dans la matinée, je participe à un Conseil de cabinet présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement. Le principal sujet à l’ordre du jour, c’est l’insécurité dans les édifices publics. A cette époque, on venait d’assister au cambriolage opéré à la délégation générale à la sûreté nationale, qui est un édifice gardé par la police. On venait aussi d’assister à un cambriolage au ministère de la Défense. Et le gouvernement s’est donc réuni autour de ces problèmes d’insécurité dans les édifices publics. Dans l’après-midi de ce jour-là, moi qui attendais un chéquier du trésor, avec lequel je devais tirer des chèques à remettre aux différents acteurs, les médias publics, Camtel et autres. Au lieu de ce chéquier du trésor, c’est un sac d’argent contenant 250 millions Fcfa, que trois gaillards font entrer dans mon bureau. Nous sommes en fin d’après midi du jeudi, 26 février 2009. Qu’est-ce que je fais ? J’appelle ceux qui ont une part dans cet argent, c’est-à-dire, la Crtv, la Camtel et la Sopecam, de venir rapidement. Cet argent n’a pas séjourné plus de 30 minutes dans mon bureau. J’ai d’ailleurs demandé à mes collaborateurs qui me l’ont apporté, si on les a vus entrer dans mon bureau avec un sac aussi gros. A titre anecdotique, le ministre délégué aux Finances m’a passé un coup de fil pour s’assurer que cet argent m’est parvenu. Puis il m’a dit : « Tu vois donc que, quand les gens disent qu’on a mis un milliard dans la malle arrière d’une voiture, ce n’est pas tout à fait ça ». Ça dit ce que ça dit. Mais moi, je suis paniqué, dans le contexte que je vous ai décrit, par tant d’argent dans mon bureau. Ma volonté est de faire sortir cet argent rapidement, et de le sécuriser. Pour la partie de cet argent qui doit être géré par le ministère de la Communication, je me demande où je dois la garder. J’appelle mon banquier, qui s’appelle M. Hamidou. C’est le responsable adjoint de la Sgbc Marché. Chacun peut aller le voir pour vérifier mes déclarations. Je lui ai dit de me trouver un coffre-fort avec deux clés, dont l’une pour mon Dag, et l’autre pour eux là-bas à la banque. Ainsi, on pourra sécuriser les 70 millions qu’on venait de m’apporter. Il me répond que la Sgbc n’offre pas ce service-là. Cette banque a l’avantage de se situer non loin de mon cabinet ministériel. Il me propose de mettre cet argent dans mon compte bancaire, à condition que je lui en dise l’origine et la destination. Là, il est question d’en apporter les justificatifs.

 

En dehors de votre compte personnel, n’y avait-il pas possibilité de virer cet argent dans un compte neutre, à défaut de celui du ministère de la Communication?

J’en profite pour rappeler aux Camerounais que depuis 2005, il est interdit aux départements ministériels d’ouvrir des comptes dans les banques commerciales. Je suis bien placé pour le savoir parce que j’étais secrétaire général de ministère à cette époque là. Alors, où diable voulait-on que j’aille mettre cet argent là ? Si je voulais le détourner, je serais allé cacher cet argent chez moi  au village. Est-ce que la seule façon de détourner de l’argent, c’est d’aller le mettre à la banque ? Et, ce n’est même pas moi qui ai effectué cette opération. J’ai envoyé mon directeur des affaires générales, madame Ndzié Chantal qui s’occupe des affaires financières. A ce moment-là, la difficulté que j’ai est la suivante : la lettre qui accompagne cet argent n’est pas encore dans mes services. Je le fais savoir au banquier qui me répond que je justifierai plus tard. Je lui dis, je te donne ma parole d’honneur, que c’est de l’argent qui va servir au Pape. La mention qui est mise sur le bordereau de versement, c’est « versement par lui-même ». Pourquoi ? Parce qu’il sait que je vais justifier, mais je ne l’ai pas encore fait.  Le seul patron du banquier, c’est Thomas. Il veut voir de ses yeux les justificatifs avant de mettre autre chose. Et quand vous voyez le deuxième versement [60 000 millions de Cfa, Ndlr] qui intervient le 10 mars, il est mentionné « versement  pour arrivée du Pape ». C’est écrit. Je vais le publier. D’ailleurs, j’ai décidé de publier mes relevés bancaires. Les gens cassent la tête aux Camerounais pour une affaire qui n’en est pas une.

 

Ce qui suscite tous ces commentaires, c’est déjà le fait de mettre de l’argent public dans un compte privé. C’est un délit !

J’ai mis de l’argent public dans un compte privé ? Oui ! Mais cet argent public dans mon compte privé porte la marque péremptoire que c’est de l’argent public, parce que c’est écrit, « versement pour l’arrivée du Pape ». Ça veut dire quoi ? S’il arrivait que je meure ce jour là, mes ayants droit n’auraient pas pu récupérer cet argent. Ils auraient eu à en expliquer la provenance.

 

Cet argument n’est pas valable pour la première partie du versement qui portait provisoirement la mention « versement par moi-même » !

Pas du tout ! Parce que j’avais promis les justificatifs au banquier qui les attendait. Depuis un certain nombre d’années, il est impossible de mettre plus de 5 millions Fcfa à la banque sans en justifier l’origine. Donc, le banquier savait que je venais avec les justificatifs. Et, verbalement, je lui avais déjà dit d’où venait cet argent et à quoi cela allait servir.

 

Peut-on savoir comment vous avez utilisé ces 130 millions Fcfa virés dans votre compte ?

J’ai le compte d’emploi que vous pouvez consulter si vous le voulez.

 

Avec pratiquement la moitié de cet argent, vous aurez accordé un marché de livraison des écrans géants à une société gabonaise. Mais pour beaucoup, il s’agirait d’une société fictive. Car, dans le même temps, une société camerounaise affirme avoir gagné ce marché, pour un montant dérisoire ; très en deçà de la somme qui est avancée par vos collaborateurs, qui auraient fait de la surfacturation, avec votre complicité. Qui a finalement gagné le marché des écrans géants et pour quel montant ?

J’ai lu dans un journal la photocopie d’une facture, d’une certaine société de droit camerounais [Gic Afric Images, dirigé par un Camerounais du nom de Joël Ewonde, Ndlr]. Cela n’a rien à y voir. Là également, je vais publier mes correspondances avec ma hiérarchie, relatives à ces écrans géants. Vous verrez que le 7 mars 2009, j’écris à ma hiérarchie pour lui faire part des négociations avec la firme allemande CI Vidéo Rental Gmbh, qui est prête à nous placer deux écrans géants contre 350 912 000 Fcfa. Je trouve le chiffre assez fort. Mais, c’est la dernière proposition des Allemands. Quelques jours après, par l’entremise de l’une de mes connaissances, l’artiste Seba Georges (maintenant, je suis prêt à me dévêtir, parce que les gens disent trop de bêtises sur Biyiti), me dit qu’à Libreville, il y’a une société qui fait dans la location de la sonorisation et des écrans géants. Je vais t’aider à entrer en contact avec eux. Et il appelle effectivement un monsieur Manyanga avec qui j’entre en contact. Et ce monsieur Manyanga me dit qu’il peut me fournir 4 écrans géants à 70 millions Fcfa tout compris, et même le transport par avion. Nous sommes à une semaine de l’arrivée du Pape. Il faut faire vite. Les gens ne se représentent pas le contexte dans l’obligation de résultat. C’est la guerre. Je dois la gagner. J’écris donc à ma hiérarchie le 9 mars pour lui présenter cette proposition qui vient du Gabon, et qui est très abordable. D’autant plus que le Gabon n’est pas très loin, par rapport aux écrans qui viendraient d’Allemagne.  Et Monsieur Manyanga exige 50% de son dû pour s’engager. L’argent est disponible dans mon compte. Je consulte mon banquier pour lui faire un transfert d’argent. Il me présente les formalités à remplir et je constate que je ne peux pas y arriver. Monsieur Manyanga est disposé à venir chercher son argent ici au Cameroun. Mais les 50% qu’il exige, représentent 35 millions Fcfa, c’est beaucoup d’argent. J’appelle l’ambassadeur du Cameroun au Gabon, qui me déconseille cette démarche consistant à donner de l’argent à quelqu’un dont je ne connais pas la société. Il me demande de mettre un de mes collaborateurs en mission au Gabon pour voir surplace ce que fait cette société. J’envisage donc une opération kamikaze. C’est-à-dire, on prend de l’argent dans un sac, on apporte ça chez ces gens là ; ils nous mettent les écrans géants dans l’avion et on en finit.

 

Le collaborateur que vous choisissez pour cette mission n’aurait pas le profil, selon certains cadres de votre ministère, qui estiment que vous avez fait confiance à quelqu’un que vous pouvez facilement manipuler et embarquer dans des transactions pas transparentes. Qu’en dites-vous ?

Quand l’ambassadeur me demande de lui donner le nom de mon collaborateur qui arrive au Gabon pour cette mission là, je pense d’abord à Monsieur Kaptché Simo, qui est le chef de service du budget, et donc, habitué aux affaires d’argent. Mais celui-ci n’a pas de passeport. J’ai un autre collaborateur, un gars très sérieux, Coco Simo à qui je confie cette mission, puisqu’il a un passeport valide. Pour faire vite, l’ambassadeur du Cameroun au Gabon lui achète un billet d’avion en prépaid. Quant à moi, je vais prendre 35 millions Fcfa à la banque. On peut suivre ça à la trace sur mon compte bancaire. Etant donné que ce voyage n’était pas prévu dans le budget, je demande à mon directeur des affaires générales de prendre sur une caisse d’avance, je crois de la médiascopie, 500 mille francs Fcfa et de les donner à M. Coco comme frais de mission ; de lui remettre ensuite 240 mille Fcfa pour le remboursement du billet d’avion à l’ambassadeur du Cameroun à Libreville ; de donner 100 mille Fcfa à mon chauffeur parce que j’ai mis ma propre voiture en route ; de donner 100 mille Fcfa à mon garde corps. Tout cela constitue les frais de missions et j’y ajoute les frais de risques. Je lui demande aussi de débloquer 60 mille Fcfa comme forfait carburant. C’est ainsi que dans la soirée, la voiture prend la route de Douala où le départ du vol était prévu. Et quelques jours après, les écrans géants étaient débarqués à l’aéroport. Ensuite, j’ai délivré 14 accréditations aux techniciens gabonais conduits par M. Manyanga lui-même. J’ai demandé ces accréditations le 14 mars 2009 à ma hiérarchie, pour qu’ils puissent faire sereinement leur travail qui s’est achevé le 20 mars 2009. Ce jour là, M. Manyanga a perçu son reliquat de 35 millions Fcffa. Lors de la décharge, j’exige qu’il me laisse la photocopie de son passeport. Ce qu’il fait. Voilà donc comment j’ai géré cet argent. Mais à écouter ce qu’on raconte à propos, je n’en crois pas mes oreilles.

 

Vous avez été auditionné par le directeur de la police judiciaire à Yaoundé et par le procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Que vous reproche-t-on ?

On me demande pourquoi j’ai mis de l’argent public dans un compte privé. Et j’explique. C’est la principale question jusque là. Mais je voudrais retourner cette question à mes accusateurs, dites-moi où je devais mettre cet argent ? Vous vouliez que je mette cet argent chez moi à Mendong, qui n’est pas suffisamment gardé, pour qu’on vienne trucider mes enfants avant de le voler ? Dans ce cas, on aurait même dit que j’ai détourné de l’argent en simulant un coup de vol. Au ministère où je n’ai pas de coffre-fort, ce n’était pas prudent non plus, dans un contexte d’insécurité généralisée des édifices publics. Moi je suis ministre. C’est-à-dire, je prends mes responsabilités. Et si le chef de l’Etat avait pensé que j’étais une mauviette, il ne m’aurait pas mis là. J’ai pris ma décision. Je pense que c’est celle que je devais prendre à ce moment-là. La seule question qui vaille aujourd’hui la peine d’être posée, c’est de savoir, qu’est-ce que Biyiti a fait de cet argent ?

 

Pouvez-vous parier que le solde de votre compte avant le virement des fonds publics est resté le même après le départ du Pape ? N’y avez-vous pas retenu une somme pour vous-même. Autrement dit, pouvez-vous affirmer que vous n’avez pas porté le doigt à la bouche en gérant ces fonds ?

Cet argent est entré dans mon compte et en est ressorti dans un intervalle de trois semaines. J’ai 4 comptes bancaires. J’en publie les numéros demain (ce lundi 27 avril 2009). Dans les quatre comptes bancaires, il y’avait dix millions cent trente deux mille six cent vingt cinq (10 132 625) Fcfa. Après le départ du pape, il y’avait dans ces comptes 10 306 020 francs Cfa (dix millions trois cent six mille vingt). Le Pape ne m’a pas enrichi. Il n’y a aucun argent que j’ai distrait. Je vais même vous faire une confidence. Seuls ma femme, mon garde corps et mon chauffeur savent que du 14 au 18 mars 2009, j’ai pris une chambre au Hilton à mes frais pour être plus prêt des théâtres où j’avais à travailler, du centre de presse au Bois Sainte Anastasie en passant par mon bureau. J’ai demandé au Hilton de me produire la facture. Elle est de six cent trente quatre mille (634 000) Fcfa. Je l’ai et je vais la publier. Le jour où j’ai constaté que la sonorisation de la Crtv qu’on est allée acheter en Italie est déjà là, j’étais tellement content que j’ai donné 70 000 Fcfa aux techniciens qui essayaient ces équipements à la Crtv. C’était un samedi. Dois-je mettre cet argent dans les dépenses publiques liées à la couverture de la visite du pape ? Je suis le ministre de la Communication. Je peux faire des choses. Je n’attends pas l’argent du Pape pour agir. Le chef de l’Etat me donne un budget de six milliards Fcfa que je gère rigoureusement. Est-ce compréhensible que j’attende l’argent du Pape pour me remplir les poches comme certains le prétendent ? Les gens sont entrain de monter de toutes pièces une machination grossière.

 

Certains de vos collaborateurs que nous avons rencontrés avant cet entretien disent que vous êtes très zélés et que vous les traitez avec du mépris. Est-ce un jugement trop dur ? Vous  y reconnaissez-vous ?

Dans le zèle oui ! Mais, le mépris, non ! Trois fois non !!! Je suis un homme qui respecte les autres. Vous avez sélectionné les personnes vers qui vous diriger. Je crois qu’il y’en a d’autres aussi qui apprécient ce que je fais à sa juste valeur. Ils sont contents de la décision que j’ai prise [les récentes nominations au Mincom, Ndlr]. Mais devant leurs chefs, ils n’osent pas se prononcer. J’aime que les choses avancent. Je suis aussi pour l’équité, la justice.

 

Il se dit que vous avez tiré un ancien cadre du ministère de sa retraite pour venir gérer ces fonds destinés à la couverture médiatique de la visite du Pape, alors qu’au ministère il y’a bien des personnes compétentes pour cela. Qu’en est-il exactement ?

Voilà un exemple patent de la désinformation qui sévit au ministère. Avant que je n’arrive au ministère de la Communication, il avait été nommé par mes prédécesseurs, directeur des médias privés et de la publicité. L’année dernière, il a été atteint par la limite d’âge. Il n’est pas seul dans ce cas. D’autres directeurs dans les services centraux et dans les centres de presse sont atteints par la limite d’âge. J’ai fait des propositions pour le remplacement de tous les collaborateurs atteints par la limite d’âge. Ces propositions de nomination ont été transmises le 5 janvier 2009 dans les services du Premier ministre pour visa. Je peux vous dire que, s’agissant des décrets, c’est le Premier ministre qui les signe. Avant de le faire, il les envoie pour visa à la Présidence. En ce qui concerne les textes que je suis habileté à signer, les services du Premier ministre mettent un visa et me les renvoient. C’est le cas pas exemple des arrêtés de nomination des directeurs et des chefs de service. Et ces arrêtés qui ont déjà reçu le visa des services du Premier ministre ont été publiés, dans l’attente de la signature des autres textes. Vous vous rappelez qu’il y’a quelques semaines, votre journal a titré à la Une : « Les nominations de Biyiti Bi Essam rejetées à la Présidence de la République ». Je ne le savais pas. Je sais que c’est encore à l’étude là-bas. Je n’ai donc pas ressuscité Mvotto Obonou. Mais je voudrais que l’on retienne qu’il n’est pas le seul directeur des services centraux atteint par la limite d’âge. Seulement, le décret présidentiel devant le remplacer est encore attendu. On a d’ailleurs dit que c’est lui qui a géré les fonds du Pape. Lorsque vous regardez la répartition qui en a été faite, où apparaît le nom de ce monsieur ?

 

Comment appréciez-vous la procédure judiciaire en cours contre vous ?

Elle est prématurée. Voilà ce que je dirais tout simplement. D’ailleurs, la procédure judiciaire n’est pas encore déclenchée. Actuellement, on est encore dans les auditions et les enquêtes préliminaires au niveau de la police judiciaire.

 

Vous étiez déjà devant le procureur. A votre avis, qu’est-ce qui a manqué jusqu’ici dans la mise en place de ce feuilleton. Croyez-vous qu’il s’agit d’une judiciarisation précoce d’une affaire qui aurait due être d’abord administrative ?

Je ne suis pas juriste. Mais en toute logique, j’aurais imaginé que mes patrons me servent une demande d’explications, en me demandant pourquoi j’ai mis de l’argent public dans un compte privé. Je leur aurai expliqué ce qui s’est passé, comme je viens de le faire avec vous, et ils auraient décidé de la suite à donner à cette affaire, qui, de mon point de vue, est une faute administrative. C’est une faute de gestion qui, en aucun cas, ne peut être assimilé à un délit ou à une intention délictuelle. Si la loi dit qu’il ne faille pas mettre de l’argent public dans un compte privé, vous savez qu’il y’a la loi, mais il y’a aussi l’esprit de cette loi. Et là, l’esprit de cette loi, c’est que cet argent doit être conservé pour servir l’intérêt public. Et je démontre que c’est ce que j’ai fait. On se croirait dans une comédie de Molière où on se trouve à expliquer une histoire où on a mis que sa bonne volonté.

 

Vous parlez d’une machination. Selon vous, que vous reprocheraient vos détracteurs, si vous en avez, tels que vous le laissez croire ?

On me reproche beaucoup de choses. D’aucuns trouvent que je suis trop rigoureux. Je vais vous raconter une anecdote. Quand je suis arrivé au ministère de la Communication en septembre 2007, nous étions en fin d’exercice budgétaire. J’ai pris la décision de responsabiliser tous mes directeurs. J’ai donné la signature comme on dit, à tous mes directeurs. En général, on n’a pas le souci du résultat dans les services publics. Or, je suis quelqu’un qui a le souci du résultat. A la fin de l’année, je les ai appelés, pour leur demander ce qu’ils ont fait de la signature que je leur ai déléguée. Il n’y avait pas de résultats. Je m’en fous de la gloire. J’ai été nommé par décret du chef de l’Etat. Je leur ai retiré cette signature. Ce qui n’a pas été du goût de beaucoup.

 

Quel est votre état d’esprit après votre audition durant plus de 3 heures de temps à la direction de la police judiciaire, et ensuite, chez le procureur ?

Je suis toujours à rechercher le crime que j’ai commis. Si le chef de l’Etat conserve la haute confiance qu’il a placée en moi, je serai encore là, et présent à mon bureau aux mêmes jours et heures que d’habitude.

 

Vous êtes visiblement ébranlé par cette affaire. Pourtant nous avons lu dans un journal de la place que vous étiez serein, malgré tout. Le journaliste reprenait vos propos !

Tout à fait, je suis serein. Je n’ai tué personne. J’ai peut-être commis une faute de gestion en allant mettre de l’argent public dans un compte privé. Mais j’ai expliqué ce que j’ai fait de cet argent, et les gens ont vu les résultats. Je suis serein. Maintenant, il faut reconnaître que je suis justiciable. Et si la Justice de mon pays estime que j’ai commis un délit, je suis là. Je suis un citoyen ordinaire.

 

Pas tout à fait, monsieur le ministre. Vous avez une dizaine de téléphones portables pour vous tout seul. C’est assez extraordinaire ça ! Est-ce un signe extérieur de richesse ?

J’ai été secrétaire général du ministère des Postes et télécommunications, et de temps en temps, les opérateurs de téléphonie m’en offraient. Ce n’est pas un signe extérieur de richesse. C’est simplement que j’aime ça.

 

Vous aurez pu en offrir à votre tour, pour éviter d’être encombré de la sorte. Au fait, comment utilisez-vous tout ça ?

J’en ai offert. Mais laissez  moi aussi faire ce qui me plaît. Je ne sais pas qui ça dérange que j’ai trois, quatre, cinq téléphones et même plus, comme c’est le cas en ce moment. 

 

Ça ne vous perturbe pas dans votre travail quotidien ?

Ils ne sonnent pas tous au même moment. Depuis que vous êtes là, ça a sonné combien de fois ?

 

Plus d’une dizaine de fois en moins d’une heure. Ce n’est pas beaucoup ?

Ah non ! (Rire). Le téléphone est un outil de travail et de distraction. Parmi mes téléphones, il y’en a un qui a sa télévision. Je dois vous avouez que je suis très amoureux des nouvelles technologies. Je voudrais être quelqu’un qui vit pleinement la société de l’information. Et je peux vous dire que la première décision que j’ai prise en arrivant au ministère de la Communication, c’était d’y mettre la fibre optique. Et j’ai déjà demandé à la direction générale de Camtel de mettre la fibre optique à la maison de la communication que je vous invite à visiter.

 

Quelle est l’attitude de vos proches depuis le déclenchement de cette affaire de fonds destinés à la visite papale ?

Je reçois d’eux beaucoup d’encouragements. Mon e-mail est plein de messages. Je reçois aussi beaucoup de Sms. C’est un réconfort. Je peux vous en lire un. « Bonjour ! Je t’envois ce Sms pour un soutien moral. Je sais que tout de même, tu es aussi intelligent que Pythagore. (…) Tiens bon. ».

 

Que disent vos collègues du gouvernement ? 

Il y’en a qui me demandent ce qui se passe. Puis, ils sourient. Vous savez, chacun se retrouve chez le coiffeur. (Rires)

 

Quelle est votre feuille de route pour les mois à venir ?

Je vais vous la faire tenir. Déjà, je peux dire en résumé que nous allons inaugurer très prochainement le centre de presse qui est un bijou architectural. Nous allons également accélérer le déblocage de l’aide publique à la communication privée.

 

Le montant de cette aide est jugé minable par certains patrons de presse qui l’ont toujours boudée. Ils se plaignent aussi de la répartition complaisante de cette modeste enveloppe qui fait la part belle à ces titres qui apparaissent de façon sporadique dans les kiosques, et surtout, à l’approche du partage de cet argent.

C’est vrai que l’aide publique à la presse fait l’objet de critiques diverses. C’est très important que vous voyiez un peu ma feuille de route, qui prévoit la révision à la hausse de cette enveloppe pour l’année 2009. Nous entendons aussi être plus rigoureux dans la sélection des bénéficiaires. Je discute beaucoup avec la presse privée pour qui j’ai de la considération. D’où ma récente tournée auprès de ces entreprises à Douala. Je pense très sérieusement à d’autres formes de financement des activités médiatiques, notamment la mise sur pied d’un fonds de développement des activités médiatiques. J’en ai discuté avec ces patrons de presse privée lors de ma tournée. La publicité et bien d’autres activités génèrent beaucoup de revenus. Nous pensons qu’au lieu que tous ces revenus y compris les taxes qui sont générées, soient totalement mis dans la caisse unique de l’Etat, il convient qu’on ait une partie pour aider à soutenir le développement de ces médias.

 

Un vœu ou dernier mot pour conclure cette interview, monsieur le Ministre ?

Je souhaite que cette campagne, ce lynchage, qui a été déclenché pour une raison que je ne connais pas, prenne fin. Et que nous nous remettions au travail. Nous sommes là pour apporter notre contribution à l’œuvre de redressement du Cameroun. Nous sommes entrain de sortir d’une crise qui a duré près de vingt ans. Il y’en a  une autre qui est là en ce moment. Nous devons perdre le moins de temps possible à faire de fausses querelles. Ce qui m’inquiète, c’est que parfois, certains Camerounais pensent qu’on peut développer le pays sans travailler. Et cette frange de la population, qui pense qu’on peut se développer en dormant, est assez importante. C’est ce qui nous vaut aujourd’hui d’attendre que les Thaïlandais nous envoient le riz alors que nous avons des terres, des marécages. Je dis trêve de balivernes. Remettons nous au travail !

 

Entretien avec

Marie-Noëlle Guichi , publié dans Le Messager

 

Par Njognath - Publié dans : Politique
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Lundi 11 mai 2009

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Rétro

Inédite trouvaille de l’épave

 

 Le Bœing 737-800 de la compagnie Kenya Airways est parti de l’aéroport international de Douala Samedi 05 mai 2007 à minuit 05 minutes sous une pluie battante. Cinq minutes après le décollage de l’avion, la tour perd tout contact avec l’équipage. C’est le début d’une recherche d’une aiguille dans une botte foin. Le signal de détresse de l’avion est capté à plusieurs endroits. Libreville, Kribi, Mvengue, Lolodorf,… Mais l’épave de l’avion reste introuvable. Du coté de l’Asecna, on se mobilise à l’aide des technologies de l’aviation aéronautique pour retrouver l’aéronef en vain. Avec l’aide du centre de détection de Toulouse. La tour de contrôle de Libreville ne signale aucun contact avec l’appareil. Dakole Daissala, ministre camerounais des transports au moment du drame est informé avec plusieurs heures de retard et reste indifférent depuis sa résidence dans la région d l’Extrême-Nord. Le directeur général de Kenya Airways, arrive précipitamment au Cameroun où il organise une conférence de presse le samedi 5 mai 2007 en mi journée au cours de laquelle il reste sceptique sur les circonstances de la disparition de l’avion « Nous ne savons pas pour l’instant ce qui s’est passé avec notre avion ».

Un centre de crise est mis en place à Nairobi. L’alerte est généralisée et la battue pour retrouver l’avion devient une affaire nationale. De son coté, le gouverneur de la région du Littoral d’alors Gounoko Haounaye a aussi ouvert une cellule de crise dans son cabinet présidé par son secrétaire général Nguele Nguele. Les faux signalements sont donnés et les battus sont menés à Kribi, Mvengue et à Lolodorf pour retrouver l’avion sans succès. Le préfet Jean Francois Villon y avait aussi installé un bureau de crise appuyé par les éléments du Samu. Du coté du gouvernement  du Cameroun, le premier ministre Inoni Ephraim tient des réunions de crises. Pour les familles des 114 passagers et membres de l’équipage de l’avion, aucune cellule d’orientation des proches  des victimes n’est mise sur pied. L’émotion est à son comble, des groupes de pleurs se déclenchent tantôt dehors, souvent au bar de l’aéroport international de Douala, parfois dans le hall.

Pendant 48 heures, le monde entier va retenir son souffle, tout sera mis à contribution pour retrouver le Bœing 737-800. Et puis, dimanche 6 mai 2007 au matin, la nouvelle tombe, triste. L’épave du vol KQ 507 de la compagnie Kenya Airways est retrouvée par un chasseur dans la mangrove de Mbanga-Pongo une localité située à 5 km de l’aéroport international de Douala. Le bilan est sans appel, les 105 passagers et les 9 membres de l’équipage ont péris dans le crash. Gounoko Haounaye, en héros descend sur le site du drame dans la nuit. Un parcours du combat dans une mangrove où l’accès n’est pas évident. Sur les cause du drame, les spécialistes vont multiplier des hypothèses les une aussi contradictoires que les autres. Après un aller et retour sur Yaoundé, Titus Naikuni, directeur général de Kenya Airways, regagne Douala dans la matinée du 10 mai 2007  au cours d’une conférence de presse organisée par la compagnie de navigation aérienne dont il a la charge a eu cette déclaration pour le moins rassurante : Il est certain que toutes ces familles seront dédommagées, l’avion qui a crashé était assuré. A ce jour, aucune famille n’est véritablement  indemnisée. Sur le sujet, une commission technique d’enquêtes sera constituée par arrêter du Premier ministre à l’effet d’expliquer les raisons et l’origine de ce crash d’avion. Deux ans après, les résultats d’enquêtes ne sont toujours pas connus. Lundi 14 mai 2007, le gouverneur de la région du Littoral (actuel ministre des transports) Gounoko Haounaye redescente à Mbanga-Pongo pour mesurer l’ampleur du drame et annoncer un hommage national aux victimes programmé pour le 18 mai 2007. Par un décret présidentiel signé le 16 mai 2007, la journée du vendredi 18 mai 2007 est déclarée journée de deuil national sur l’ensemble du territoire national en la mémoire des victimes du crash du Boeing 737-800.

Le projet de rapport adressé le 17 avril 2009 par la commission technique d’enquêtes présidée par le ministre des transports Gounoko Haounaye  aux pays concernés par le crash reste confidentiel. C’est la substance du communiqué rendu public mercredi 29 avril 2009 par Sama Juma Ignatius, directeur général de l’aéronautique civile du Cameroun. Pour le moment, les responsables des différents pays accrédités (Kenya, Canada et Eats-unis) ont 60 jours à partir de la date de dépôt du dit rapport pour faire des observations éventuelles à l’enquêteur désigné. Une réunion aura lieu après ce délai avec les responsables accrédités par ces pays afin d’analyser les observations et livrer les conclusions finales. On le voit bien, les familles ne sont pas au bout de leurs peines, leur attente pour l’indemnisation de leurs proches victimes du crash du 5 mai 2007 sera encore longue. Deux ans après, le temps qui  est passé n’a pas séché leurs larmes. Quant au gouvernement, il garde un silence coupable.

                                                                                          Bernard BATANA

 

 

 

 

Mbanga Mpongo deux ans après

Le  boom foncier suscité par le crash a  conduit à une vente féroce des parcelles de terrains dans cette zone de 450ha appartenant au Bonaloka et Bonadiwoto.

Le site du crash a été vendu

 

C’est une clairière que le site de l’écrasement de l’avion de Kenya Airvays forme. Le sol a pris une forme rugueuse de couleur noire où ne peut pousser la moindre herbe. Les arbres fauchés par la chute de l’aéronef et les branchages couchés au sol, témoignent des dégâts. Le lac de cratère formé par la carlingue est le vestige immuable de l’ampleur des dégâts. D’ailleurs, c’est à un véritable parcours de combattant qu’il faut se livrer en compagnie de quelques pisteurs pour retrouver le chemin. Ce qui n’est toujours pas garanti, en témoigne l’égarement de nos guides. Conséquence d’une forêt qui a repoussé de plus belle aux alentours. Seuls les vrombissements des scies à moteurs, tout autour, les planches jetées à même le sol pour servir de marcher pied dans cette mangrove où flaques d’eau et boues ne rendent pas l’accès facile ; puis les arbres coupés ou brûlés, témoignent de l’agression sauvage des hommes. C’est qu’il y a une course à la démarcation des parcelles et de l’exploitation des essences qui s’y trouvent par les nouveaux acquéreurs. Dans la perspective du désenclavement annoncé, la zone a connu un boom foncier sans pareil. «La zone a été morcelée, tous les terrains ont été vendus jusqu’à la pêcherie. Même le site du crash est déjà vendu», confient Elvis et Bienvenu, nos deux guides.

 

Litiges fonciers récurrents

Les gens se sont ainsi procurés d’importantes parcelles au point que les autochtones de Bonadiwoto et Bonaloka, propriétaires terriens, ont cru bon de profiter de cet engouement pour faire dans les doubles, voire triples ventes. Conséquence, cela donne régulièrement lieu à des litiges fonciers qui dégénèrent très souvent à des batailles de tranchées. Ce qui justifie que la majorité des parcelles achetées est encerclée sur les périmètres par les fils barbelés. De même que la présence des gros bras, installés au bar faisant face au hangar baptisé « Reposoir de Mbanga Pongo ». Ligne de démarcation, matérialisant la fin de la partie où sont concentrées les habitations et le début de la partie sablonneuse (où avait été organisée le 18 mai 2007, la cérémonie interreligieuse en mémoire des 114 personnes mortes dans la nuit du 4 au 5 ami 2007 dans le crash du vol KQ 507 de la Kenya Airways) qui mène au lieu en friche où les autorités administratives et militaires avaient installé le point de commandement (Pc). A l’entrée de la mangrove qui débouche au site du crash. Ces malabars, réquisitionnés par certains acquéreurs des parcelles de terrains, sont  chargés de la sécurité des lieux, interpellent systématiquement toutes les personnes qui leur sont inconnus et qui franchissent cette ligne de démarcation. Ils les interrogent sur la raison de leur présence en ces lieux et aussitôt demandent si les personnes sont détentrices d’une parcelle de terrain, si oui de le situer. En cas de coïncidence avec une parcelle déjà acquise par une première personne, les concernées sont rudoyés et repoussés.

 

Désenclavement : Un rêve brisé

La collectivité Dimbongo Matanga du quartier Mbanga Pongo dans le village Boko en a marre ses litiges, certes, mais elle est plus encore dans le désarroi de ne pas voir la localité bénéficiée des retombées du crash de l’avion de la compagnie Kenya Airways comme le présageaient les autorités gouvernementales. Dévisageant dans les hangars de vente du vin de palme et du harki ou dans les bars de fortunes, des habitants de la zone Dimbongo Matanga profitent du balai des journalistes au site du crash en ce deuxième anniversaire commémoratif pour exprimer leur désempare. «Cette zone est abandonnée à elle même depuis la cérémonie des obsèques collectifs présidée par le premier ministre», arguent les habitants. Leur assertion tient du fait qu’«on a détourné le projet de construction du mausolée sur le lieu où s’est écrasé l’avion dans la nuit du 4 au 5 mai 2007 pour aller le construire au cimetière des bois de singe. C’est ainsi que même le financement de construction de la route qui devait mené jusqu’au site a été détourné. Conséquence, cette zone qui était prédisposée à connaître un désenclavement efficient reste encore dans un enclavement pathétique, sans eau potable et sans électricité», soutient Mbarga, un sexagénaire du coin. Pendant ce temps, la démographie de la population y est galopante, passant d’une centaine d’âmes avant le crash à environ 1000 âmes vivantes. La zone est de plus en plus parsemés des cases en matériaux provisoires, soit qui servent d’habitations, soit qui servent de case champêtre. Ces dernières servent beaucoup plus à matérialiser l’occupation des différentes portions déjà acquises. Et dans lesquels on peut observer les séquelles d’une importante activité agricole de subsistance.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

 

Dans les familles

Deux ans après de nombreuses familles ne s’en sont pas encore remis, et espèrent toujours des indemnisations.

Le deuil en continu

 

Des 114 familles qui ont perdu leurs membres dans la catastrophe survenue à Mbanga Pongo dans la nuit du 4 au 5 mai 2007 dans la capitale économique, nombreuse sont celles qui ne parviennent pas à surmonter cette épreuve. Les familles rencontrées par Le Messager éprouvent de la peine à évoquer ce tragique incident. C’est au bout de plusieurs appels téléphoniques et rencontres, que certaines ont pu accepter d’évoquer leur état d’âme deux années passées C’est le cas de cet homme, frère aîné d’une victime. Il ne souhaite pas que son identité soit révélé quand il consent enfin à nous dire quelques mots, tout en restant chiche en parole, sous prétexte d’être encore sous le choc. « Je ne peux pas en parler, beaucoup de choses se sont passées et il ne sert à rien de revenir là-dessus, je ne veux même pas y penser », dit-il, catégorique.  Impossible de savoir de ce dernier si une indemnisation a été payée, la question est tout simplement éludée.

Autres lieux, autres attitudes. « Je suis une fillette âgée de dix ans et j’ai perdu ma maman, commerçante de bijoux, qui se rendait à Dubaï pour se procurer de la marchandise. Jusqu’à ce jour, je fais des cauchemars et cela me rend énormément triste. Même en classe, je me sens seule », avance Jenna N., élève dans une école primaire bilingue au quartier dit Village à Douala. Situation quasi identique pour Rachelle, étudiante à l’Université de Douala en faculté des lettres et des sciences humaines. Elle avoue s’être lancée dans la débauche parce qu’isolée depuis la mort dans ce crash de son père adoptif, l’époux à sa tante. Ses parents géniteurs ayant trouvé la mort en 1990 dans un accident de la circulation sur l’axe Douala-Edéa. « Avec cette chaîne de malheur, dites moi mademoiselle comment peut-on vivre ? », lance-t-elle toute désespérée.

 

Indemnisation

Dans toutes ces familles rencontrées, c’est la question qui fâche. Tout le monde l’entoure de mystère, comme s’il y avait quelque chose à cacher. C’est timidement, et en jetant les regards furtifs à gauche et à droite pour vérifier qu’il n’y a pas d’oreilles indiscrètes, que certains avouent avoir perçu de la compagnie aérienne la somme de  15 000 000 Fcfa. Frustrée, dame Theutchoi, veuve, depuis cette catastrophe aérienne déclare être mécontente « des gens qui croient que la mort appartient à une catégorie de personne ». Cette ménagère prétend ne pas joindre les deux bouts et estime injuste le non règlement des indemnités. Elle se disait naïvement qu’elle devait percevoir mensuellement une somme d’argent en compensation, comme une pension.  « Si on ne nous donne rien, on va pas mourir, moi je fais le call-box pour assurer l’avenir de mes six enfants. Tout ce dont je suis sûre, c’est que Dieu est le seul juge », se lamente-t-elle.

Linda MBIAPA (stagiaire)

 

 

Investigations

Deux ans après l’accident d’avion de Kenya Airways, le projet de rapport dressé par la Commission d’enquête technique reste confidentiel.

Embargo sur le rapport d’enquête du crash

 

Dans la nuit du 4 au 5 mai 2007, un Boeing de la compagnie aérienne Kenya Airways en provenance d’Abidjan en Côte d’Ivoire s’écrase à Mbanga Pongo, localité située quelques kilomètres de Douala, non loin l’aéroport international de cette ville. Le bilan douloureux fait état de 114 morts. Que s’est-il donc passée cette nuit fatidique ? Deux ans après le drame, les circonstances de cet accident d’avion de la Kenya Airways assurant le vol KQA 507 demeurent inconnues. Même si selon Sama Juma Ignatius, directeur général de la Cameroon civil Aviation Authority (Ccaa), enquêteur désigné, la Commission d’enquête technique présidée par le ministre des Transports, Gounoko Haounaye a terminé la rédaction de son rapport depuis le 15 avril 2009. Transmis par le ministre des Transport, le 17 avril 2009 aux principaux Etats concernés par cet accident, ledit projet de  rapport reste cependant confidentiel.

 

Les responsables accrédités par ces pays que sont le Kenya (Etat d’immatriculation et de l’exploitant de l’aéronef), les Etats-Unis (Etat de conception et de construction) et le Canada (Etat ayant procédé au décryptage des deux enregistreurs de l’aéronef) ont 60 jours à compter de la date de réception du projet de rapport pour faire leurs observations éventuelles à l’enquêteur désigné. Passé ce délai, affirme l’Autorité aéronautique, une dernière rencontre réunira les membres de la Commission d’enquête technique et les représentants accrédités par les pays pour analyser les observations et les incorporer dans le rapport final. L’objectif ultime étant de tirer les leçons de cette tragédie afin cela ne se reproduise plus jamais.

La rédaction dudit projet de rapport d’enquête intervient après la phase d’analyse des informations collectées de mai 2007 à avril 2009 sur l’aéronef et les conditions de son exploitation au Kenya, aux Etats-Unis d’Amérique et en Côte d’Ivoire.

 

Nadège Christelle BOWA

 

 

Ambiance à Kenya Airways

Depuis le crash de son avion dans mangrove de Mbanga Pongo, tout semble avoir été oublié. Même si la plaie est encore béante, les résultats de l’enquête sont toujours attendus.

Silence, on travaille

 

A l’agence Kenya Airways à Bonanjo, l’attitude des employés est studieuse. Tout le monde ici est préoccupé à accomplir sa tâche. Surtout le personnel de la grande salle attelé à vendre les billets d’avion. Le seul langage qui passe, c’est donner la destination sollicitée, ou alors des informations relatives aux destinations desservies par la compagnie aérienne. « C’est pour l’achat d’un billet d’avion ? », se voit demander le reporter du quotidien Le Messager à la réception. La déclinaison de son identité complique davantage les choses. « Il n’y a rien à dire ici. Pour toutes questions relatives à la presse, c’est le responsable commercial qui s’en occupe », lui oppose-t-on. Et quand est-ce qu’il peut être disponible ? Là est le problème. Personne ne connaît son emploi du temps. Et son numéro de téléphone ne peut-être donné.

En fait, ce mutisme des responsables de l’agence Kenya Airways vient confirmer les appréhensions des familles des victimes du crash de l’avion de cette compagnie aérienne, il y a deux ans à Mbanga Pongo à Douala, et même de l’opinion nationale et internationale.

 

On attend toujours

Depuis deux ans donc, on est encore à se demander ce que la compagnie aérienne a fait pour contenter les ayants droit, en attendant les résultats de l’enquête ordonnée par le gouvernement du Cameroun. On se souvient que pour l’organisation des obsèques, la compagnie aérienne avait déboursé 2 millions de Fcfa par famille. Cette somme a été arrondie à 15 millions de Fcfa comme pour apaiser les esprits, en attendant que les responsabilités des différentes parties impliquées soient établies. C’est que l’assureur de la compagnie avait entrepris comme démarche à cette époque. Déjà, les experts du cabinet Ribbeck et d’autres organisations s’indignaient de la modicité de ces sommes allouées, au regard de ce qui se passe dans d’autres pays, surtout occidentaux, en pareilles circonstances. La convention de Montréal dispose d’un taux minimum de 150 000 dollars, (environ 75 millions de Fcfa), à verser à chaque famille des victimes. Pour l’avocat Manuel Von Ribbeck, « il faut une action des familles pour établir la faute et demander un dédommagement conséquent », la jurisprudence montrant bien que ce dédommagement s’effectue le plus souvent à la tête du client. Cet avocat, citant les cas de dédommagement à Buenos Aires en Argentine après un crash d’avion, et aux Etats-Unis, les fixait respectivement à 378 000 dollars (environ 189 millions de Fcfa), et à 400 000 dollars (environ 200 millions de Fcfa), s’étonnait alors de « l’empressement de l’assureur de Kenya Airways à désintéresser les familles au Cameroun, parce que la devise est faible ».

 

Abandon

Pour le moment, rien ne flirte de ce que la compagnie Kenya Airways a entrepris comme démarche auprès des familles des victimes à travers son conseil ou son assureur. Peut-être, attend-elle les résultats de l’enquête qui a été commise et dont les résultats apprend-on sont déjà rendus, mais que le gouvernement met encore sous le sceau confidentiel. Y aurait-il des tractations de coulisses ou des arrangements à l’amiable ? En tout cas, tout est possible, puisque l’Etat n’assiste pas véritablement les familles des victimes, lui-même pouvant être indexé comme responsable d’une manière ou d’une autre de ce crash. « Nous demandons aux familles des victimes de ne pas accepter l’aumône qu’on voudrait leur faire à cause de l’ambiance et l’environnement. Des crashes similaires se sont produits à travers le monde, en Indonésie par exemple, et chaque famille des victimes a reçu près de 1,5 milliard de Fcfa », précisait il y a deux ans à Douala Max Vermij, un expert américain des crashs d’avion, invité pour l’occasion par le cabinet Ribbeck.

Quoiqu’on puisse dire, la longue attente des indemnisations des familles des victimes n’est pas une spécificité camerounaise. Les résultats de l’enquête d’un autre accident de Kenya Airways en l’an 2000 à Abidjan sont toujours attendus, ainsi que beaucoup d’autres résultats d’enquête de crashes s’étant produits de par le monde. Tout semble croire, qu’au-delà du simple aspect social que l’on peut percevoir au travers de ces indemnisations, que le problème soit beaucoup plus complexe. Il y a d’énormes intérêts en jeu : la crédibilité du constructeur d’avion écrasé, celle de la compagnie incriminée, celle même du gouvernement camerounais. Toutes choses qui amènent certains observateurs à penser qu’il pourrait y avoir près de huit responsabilités à établir pour ce crash de Mbanga Pongo qui restera longtemps gravé dans les mémoires des Camerounais.

Robert NGONO EBODE

 

 

En justice

Certaines familles ont été indemnisées sur la base d’un arrangement à l’amiable avec Kenyan Airways, mais les avocats entendent poursuivre les autres responsables du sinistre.

Et si l’Etat protégeait les responsables ?

 

Selon maître Voukeng, avocat au barreau du Cameroun et conseil de la famille Tsiguia, une victime, il y a eu un arrangement à l’amiable avec la compagnie aérienne Kenyan Airways. Cette dernière, dans cet accord, rachetait le risque judiciaire, mais sans aveu de responsabilité. En d’autres termes, la somme versée à la famille (le montant n’a pas été dévoilé) dégage la responsabilité de la compagnie, même si par la suite le rapport d’enquête la désignait comme fautive dans le drame. Elle ne devra plus en tout cas être poursuivie. Mais dans les autres dossiers où il n’y a pas eu arrangement, sa responsabilité restera engagée ou pas, en fonction du rapport de l’enquête.

Il explique que d’autres victimes sont allées se constituer des conseils au Etats-Unis, mais que dans tous les cas, la justice ne pourra être rendue que sur la base du rapport d’enquête, qui seul va établir les responsabilités. Plusieurs consortiums et sociétés sont en effets impliqués dans le drame. En plus de la compagnie de transport, il y a Boeing, Safran, General Electric aviation qui s’est occupé du circuit électrique de l’appareil,  Syngapor aircraft leasing limited, Cfm international, Snemac, Oryx aviation, Nissen Kaiun Kabushiki, toutes des parties prenantes dans la mise en service de l’appareil.

 

Le jeu trouble de l’Etat

Selon les explications de maître Voukeng, toutes les sociétés suscitées sont des potentielles responsables du crash, et c’est le rapport d’enquête de la commission créée le 7 mai 2007 par le Premier ministre camerounais Inoni Eprhaïm qui doit établir cette responsabilité et l’attribuer à quelqu’un de précis. Il s’étonne dès lors de ce qu’on dise que ce rapport est confidentiel, alors qu’il doit être rendu public au plus tôt pour permettre aux avocats de faire leur travail, notamment en chiffrant le montant des dommages à réclamer, car ces dommages doivent être fonction de la fortune du responsable, entre autres. Pour lui, l’Etat, qui n’est pas ignorant de la convention de Montréal du 28 mai 1999, qui stipule en son article 35 que « l’action en responsabilité doit être intentée, sous peine de déchéance, dans le délai de deux ans à compter de l’arrivée à destination, ou du jour où l’aéronef aurait dû arriver, ou de l’arrêt du transport», est en train de multiplier les manœuvres pour que ces réclamations entrent dans la forclusion.

En tout état de cause, l’avocat estime que si l’autorité aéronautique prend sur elle de dissimuler les résultats de l’enquête, cela voudrait tout simplement dire qu’elle protège les intérêts des responsables du crash. Et dans ce cas, il faudrait qu’elle s’arrange à indemniser les familles des victimes, car les conseils des familles ne sont pas prêts à abandonner, et les procédures peuvent prendre le temps qu’elles prendront.

Roland TSAPI

Par Njognath - Publié dans : Société
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Lundi 11 mai 2009

Délestages - Aes Sonel

Malgré la campagne lancée sur les dangers du courant électrique, les équipes chargées de réagir ne suivent pas…

 

Les populations de Douala en général et des zones terminus et de Nylon se plaignent des délestages intempestives et ciblés qui plongent la ville de Douala dans le noir. Mais aussi du non suivi des appels d’urgence émis en direction du service client. Les usagers estiment que la société chargée de la distribution du courant électrique s’est frauduleusement occupée depuis la concession accordée par l’Etat il y a huit ans de ce service public ; et 16 mois après le constant cinglant fait le chef de l’Etat lui-même, dans son discours du 31 décembre 2007, à violer tous ses engagements pris. C’est le cas avec les coupures électriques qui deviennent de plus en plus récurrentes. «Les raisons avancées sont toujours le changement ou l’entretien des transformateurs», déclare un usager. Avant d’ajouter qu’il n’en est dans la majorité pas le cas, mais plutôt des coupures ciblées. «Aes Sonel aurait répertorié les quartiers où il y a des entreprises ou des particuliers importants qui possèdent des groupes électrogènes pour effectuer des coupures de 4 voire 8 heures», affirment les usagers. Avec des conséquences dramatiques. Des décès des personnes astreintes à l’oxygénation ou à la climatisation. C’est le cas de cette dame malade d’une cinquantaine, et habitant au quartier Ndogpassi qui est décédée le week-end dernier de suite de délestage. D’autres déplorent en revanche, les pertes des appareils électriques. C’est le cas de Mme Foimoukom, habitant au Pk 10 qui nous a signalé la perte de tous ses appareils électriques à la suite d’une chute de tension survenue hier mercredi 6 mai 2009.

 

La déception

En même temps, les populations se plaignent des équipes de dépannage qui ne vont jamais intervenir lorsqu'elles font appel, mais aussi des insultes des filles du Call center. «Une m’a dit que si je n’étais pas content,  personne ne m’obligeait à rester client d Aes Sonel», affirme un officier de l’armée de terre. Depuis le week-end de pâques, un poteaux électrique portant six câbles est tombé en plein milieu des habitations derrière l’ancien cinema Grand canyon. Laissant traîné les câbles à même le sol, ce qui présente un danger énorme pour les habitants qui sont dans la trouille permanente. Ils disent avoir joint le service client qui a promis l’intervention de l’équipe de dépannage dans les 30 minutes qui suivaient. Ils attendent toujours en vain. Pis encore, une équipe de dépannage de passage dans la zone Pk5 a été alertée et conduite  sur les lieux, ils ont promis de revenir 48 heures plus tard, et n’est jamais revenue. Ailleurs, les usagers se plaignent des installations (compteurs, fusibles,…) non protégées et sans aucune sécurité, abandonnées dans les immeubles après les travaux des services techniques de Aes Sonel.

 

La sous-direction de la communication rappelle qu’elle a lancé depuis mars 2009 une nouvelle campagne de sensibilisation sur les dangers du courant électrique afin d'informer le maximum de personnes sur le caractère mortel du courant électrique. Avec des appels à la collaboration des populations par des messages clairs tels que : «Nous recommandons aux clients et aux populations, face à toute situation de nous saisir avant tout. Le courant électrique tue! N’approchez pas des fils électriques même tombés à terre. En cas d'urgence, appelez : 77 11 7711 / 99119911 / 33423333. » Elle annonce que cette campagne se poursuivra d’ailleurs par une autre encore plus intense avec comme cible les enfants des écoles primaires. Curieusement, cette première expérience,  accueille avec beaucoup d’espoir ne satisfait toujours des usagers. A la sous-direction de la communication de Aes Sonel, on reconnaît que l'entreprise travaille pour améliorer le temps de réactivité lorsque les clients posent des problèmes. « C’est vrai que le temps de réaction peut être plus longs lorsque les clients n'indiquent pas bien le lieu de l'incident. Il est important lorsque le client appelle de bien noter les points de repères qu’il transmettra aux opérateurs du call center afin de faciliter le repérage.» 

Mathieu Nathanaël NJOG, Article publié dans Le Messager

 

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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Mardi 5 mai 2009

 Université de Buea - Tension estudiantine

Le Pr.  Vincent Titanji a levé la suspension de quatorze étudiants avant le débute des 12ème  Jeux universitaires. Mais dans la ville de Molyko ont parle de plus en plus de son limogeage.

 

C’est un campus universitaire de Buea dans le calme que nous avons retrouvé le lundi 4 mai 2009. Les patrouilles mixtes qui avaient essaimé le campus depuis le 22 avril avaient disparu. « La tension est tombée et tout est revenue dans le calme avec la levée de la suspension des quatorze étudiants», déclare un étudiant. Malgré tout, la rumeur la plus forte fait état de ce que, le Vice-Chancellor, le Pr Vincent Titanji va laisser les plumes de par sa gestion de cette crise. D’aucuns sont même péremptoire, en annonçant son limogeage imminent. D’autant plus que pour désarmer cette tension, il a fallu recevoir des injonctions fermes du ministre de l’enseignement supérieur afin d’éviter les manifestations annoncées par les différentes associations d’étudiants des différentes universités d’Etat en solidarité à leurs camarades de Buea. Pour cela, tout est allé très vite entre le 30 avril et le 1er mai date à laquelle Pr. Vincent Titanji, Vice-Chancellor  de l’Université de Buea a levé la suspension de cours qui frappait quatorze étudiants, membres de l’Union des étudiants de l’Université de Buea (Ubus) depuis deux semaines.

Une décision survenue le vendredi 1er mai 2009, lorsque la délégation de cette université avait déjà pris ses quartiers à Ngoa Kellé. Mais alors sous fond d’une forte menace de perturbation des 12ème Jeux universitaires (JU). Puisque la frange dissidente au président controversé et contesté, de l’Ubus, Paul Shijpuh Pertiangma, avait décidé de manifester bruyamment tout au long des JU qu’organise l’Université de Yaoundé I. Jeux qui se sont ouverts le samedi 2 mai 2009. L’Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) et les organisations des autres universités d’Etat du Cameroun, à l’instar de celle de Douala s’étaient montrées solidaires à cette menace de perturbation en annonçant des manifestations de protestation lors de la cérémonie d’ouverture. Dans une lettre adressée au ministre de l’enseignement supérieur (Minesup), Jacques Famé Ndongo, l’Addec disait notamment s’insurger contre la dictature du Vice-chancelor.

 

La plate-forme

Pour désamorcer cette crise, il s’était préalablement tenu dans la nuit de jeudi 30 avril une réunion entre le Minesup et les représentants de l’Ubus et l’Addec. C’est alors que le Pr. Jacques Fame Ndongo a recommandé au Pr. Vincent Titanji d’accéder au dialogue longtemps sollicité par l’Union des étudiants de l’Université de Buea. C’est ainsi que le 1er mai il a rencontré les différentes factions de l’Ubus en présence des représentants de l’Addec. C’est à l’issue de cette rencontre qu’un compromis a été trouvé : La démilitarisation du campus - La levée de suspension des cours qui frappait quatorze étudiants qu’on qualifiait de meneurs dans la tension qui opposait l’administration à l’Ubus – la réhabilitation immédiate et sans condition de l’étudiant Fred  Woka Nguve (UB025562) au   poste de  Chairman de la Universty of Buea Students Union (Ubus) – La mise sur pied d’une commission dans les deux prochaines semaines   avec  pour   mission  de trouver des solutions aux problèmes posés par les étudiants dans leur mémorandum du 17 avril 2009.

On se souvient que c’est le refus du Vice-chancellor, Vincent P. K. Titanji de prendre en compte ce mémorandum, décliné en dix points qui avait abouti au débrayage du mardi 21 avril, au point de paralyser les cours à l’Université de Buea. Il avait qualifié cette démarche d’une attitude des mauvais perdants de la  dernière assemblée élective au sein de la Ubsu au cours duquel on accusait l’administration d’avoir torpillé le processus pour installer au forceps un étudiant qui leur était acquis. De même qu’une militarisation du campus et une campagne de circulation de tracts quotidienne appelant à la révolte.

 

Mathieu Nathanaël NJOG, Article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Société
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Mardi 5 mai 2009

Meurtre

Les fins limiers de la légion de gendarmerie du Sud-Ouest explorent toutes les pistes.

 

A la légion de gendarmerie du Sud-Ouest, une discrète réunion regroupe trois gendarmes et un militaire dans le bureau du chef d’Etat-major en cet après-midi du lundi 4 mai 2009. Parmi les participants, il y a trois officiers supérieurs et un seul major de gendarmerie. Ils font le point de l’enquête qui leur a été confiée. Visiblement, la présence du reporter du Messager à cet endroit n’est pas appréciée. Mais le chef d’Etat-major se réjouit de la démarche. “ Malgré qu’au stade actuel, on ne puisse rien vous dire parce que les enquêtes sont encore en cours, il vaut mieux de chercher ainsi l’information, au lieu de faire comme les autres qui restent dans leur bureau et écrivent n’importe quoi ”, déclare-t-il. Avant d’ajouter : Nous aussi, nous cherchons les réponses aux questions de savoir : s’il s’est suicidé ou s’il a été tué et par qui ? ” Toutefois, l’équipe chargée des enquêtes conseille au journaliste du Messager de se rendre à Bonakake dans le village Bova, situé à 8 km de Buea pour en savoir davantage.

Selon nos propres investigations, le médecin légiste de l’hôpital régional et le délégué régional des Mines du Sud-Ouest, ont été mis à contribution dans le cadre de cette enquête. Le premier pour effectuer l’autopsie de la dépouille du commandant du 21eme Bataillon d’infanterie motorisé (Bim) afin de déterminer de quoi il est mort. Le second pour expertiser le produit que contenait le bidon retrouvé à côté du mort. La commission d’enquête mixte attend toujours impatiemment ces résultats. La délégation des Mines aurait à cet effet présenté des besoins financiers pour effectuer cette expertise. Pendant ce temps, la commission d’enquête mixte est sous la pression du commandant de légion qui aurait prescrit des résultats probants avant la programmation des obsèques.

 

Il devait passer le commandement

Au camp de Long street où le 21eme Bim a ses quartiers, les militaires de rang et ses proches collaborateurs sont encore sous le choc. La gorge nouée par la douleur, ils ne tarissent pas d’éloges envers le colonel Paul Pagou. Sa disparition brutale survient alors que ses éléments n’avaient pas encore fait le deuil de son départ imminent, puisqu’ils avaient accueilli, dix jours plus tôt, avec tristesse, son affectation à l’école de guerre de Yaoundé. “ D’ailleurs, les jours précédant son décès, il ne cessait de multiplier les réunions pour assurer la réussite de cette cérémonie de passation de service ”, confie un de ses proches collaborateurs.

Dans son quartier Bokwoanko en face de la station Crtv du Sud-Ouest, c’est la consternation totale. On se refuse à toute déclaration. Tout ce que le reporter a appris, c’est qu’il a quitté son domicile le lundi 26 avril 2009 à 6 heures du matin et n’est plus jamais revenu. Au village Bonakane, non loin de la maternité de Bova où son corps a été retrouve inerte au volant de sa pick-up de service, sans arme, les galons ôtés des épaulettes et posés sur le siège passager, l’affaire fait encore des gorges chaudes. C’est un chasseur de la localité qui a fait la macabre découverte.

Selon son témoignage rapporté au journaliste, il aurait trouvé la pick-up garée dans les buissons à côté de la piste qu'il emprunte. Le chasseur pense d’abord à une sortie de piste. Mais au moment de dépasser le véhicule, il découvre que le conducteur a un journal ouvert sous ses yeux. De retour en fin de soirée, il retrouve le véhicule au même endroit, mais sachant que c’est le véhicule des militaires, il dit n’avoir pas prêté plus d’attention. Curieusement, le lendemain mardi, il retrouve la voiture au même endroit, seulement, n’apercevant plus de conducteur, il croit à une opération spéciale en ces lieux. Mais lorsqu’au troisième jour, il se rend compte que le véhicule est a la même position et qu’il y a un essaim de mouches, tout autour, il se rapproche et découvre le fait macabre. Il ameute les villageois, qui accourent avant de se décider d’alerter la légion de gendarmerie.

Digne fils Moundang de Monokane dans le département du Mayo-Kani, région de l’Extrême-Nord où il est né en 1960, le colonel Pagou laisse six enfants et une veuve éplorée.

 

Par Mathieu Nathanael NJOG Envoyé spécial à Buea

Article publié dans Le Mesager du 05-05-2009

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Mardi 5 mai 2009

Controverse

Les versions s’affrontent sur ce qui s’est réellement passé. Mais selon les autorités…

 

Les corps d’Ali Ousmanou et Epee Nkeng Kema reposent en ce moment à la morgue de l’hôpital Hope clinic de Kumba. Les deux individus auraient été poignardés au couteau et avec des tessons de bouteilles par le nommé Yola Ernest, né en 1988 à Magba, dans la région de l’Ouest. La scène se serait passée à Buea Road, vers 2h du matin dans la nuit du 1er au 2 mais 2009. Suite à ce double meurtre, une frange de la population de la ville de Kumba est sortie pour s’attaquer, en guise de représailles, à des boutiques à Sona Street et en face City Motel, supposées appartenir à des Nigérians. Les manifestants, selon des témoignages, entendaient ainsi protester contre ce double meurtre, dont l’auteur présumé serait d’origine nigériane. Dans leur expédition punitive, les assaillants ont aussi attaqué des maisons individuelles, molesté les occupants et emporté des objets de valeur, laissant derrière eux trois blessés, qui sont venus s’ajouter aux deux autres enregistrés au cours de la rixe ayant entraîné la vie de Ali Ousmanou et Epee Nkeng Kema et qui serait à l’origine de ce soulèvement populaire.

Selon le lieutenant Mbo Mbo Jean, adjoint au commandant de la compagnie de gendarmerie de Kumba, l’auteur du crime est bel et bien un Camerounais. Selon lui, des vandales ont tout simplement profité de cette occasion pour piller des boutiques, sous prétexte de se venger. Il explique que l’auteur du forfait qui a été appréhendé et conduit à la compagnie, a ensuite été mis sous mandat de dépôt à la prison de Kumba, par mesure de protection. “ La foule surexcitée voulait brûler la compagnie, et l’auteur de ce forfait avec, mais nous avons été obligés de l’extraire de la pour la prison, pour éviter le pire. ”, explique le gendarme.

 

Contradictions

Pour l’adjoint au commandant de la compagnie, il lui est impossible au stade actuel de l’enquête de dire dans quelles circonstances le drame s’est produit. Il explique néanmoins que le meurtrier n’a pas encore été auditionné, et que sa présence dans les geôles de la prison vise juste à l’éloigner du centre ville, où il peut être facilement attaqué. La version de la gendarmerie rejoint celle de la communauté nigériane stigmatisée par les émeutiers. “ Les Nigérians n’ont rien à voir dans cette affaire, ils ne sont impliqués ni de près ni de loin ”, affirme sous anonymat celui qui se présente comme le porte parole de la Nigerian Union à Kumba, en l’absence de Chief John Nlemchuku, le président, en déplacement au Nigeria, et de Augustin Nwafor, vice président, présent dans la ville, mais injoignable. Il estime que la communauté à laquelle il appartient est simplement victime d’un sentiment de haine. Pour lui, les deux morts et les deux blessés de la rixe sont des agresseurs qui ont attaqué cette nuit là celui qui se présente aujourd’hui comme leur bourreau. Après l’avoir dépouillé de son téléphone et d’une somme de 5 000 Fcfa, ils se sont mis à partager le butin devant lui et c’est alors qu’il a ramassé une bouteille, et après l’avoir cassée, s’est servi des tessons.

Cette thèse est vivement contestée par Kema Enow Georges, le père du défunt Epee Nkeng Kema. Trouvé dans son domicile dans le campus de Frank Harcourt Bilingual high school à Mile 1, il paraît plus serein que son épouse, inconsolable. Selon lui, son fils est mort en voulant défendre son ami. Il explique que son rejeton, élève en classe de terminale à Frank Harcourt Bilingual high school, a quitté la laverie où il travaille à ses heures creuses à 23h30, pour accompagner un ami venu le chercher. Cet ami lui aurait demandé de l’accompagner pister sa copine qui flirterait avec un Nigérian. Les deux tourtereaux auraient été effectivement retrouvés devant un bar. Une dispute s’en serait suivie, et le Nigérian aurait sorti un couteau pour régler son compte à son rival. Un inconnu, qui se serait interposé, aurait pris le premier coup fatal du couteau. Le jeune Epee aurait alors réussi à arracher le couteau, et l’agresseur aurait donc cassé la bouteille pour le blesser mortellement.

A en croire le père d’Epee, le discours des autorités sur la nationalité du meurtrier, vise juste à calmer la tension. Mais à la prison où nous nous sommes rendus, il nous a été impossible de rencontrer le sieur Yola. Mais le régisseur de la prison nous a confirmé sa présence dans ses installations, tout en confirmant aussi son origine: Yola Ernest, est né en 1988 à Magba, fils de Yenang Emmanuel et de Suzanna Leunze, apprenti maçon de profession.

 

Victimes

Morts : Ali Ousmanou (sans autre précision) et Epee Nkeng Kema Nguti, né le 22 février 1989, élève

Deux blessés non encore identifiés, victimes de la rixe internés au Hope clinic (source, gendarmerie)

Deux blessés nigérians, victimes des émeutes (source, communauté nigériane)

 

Par Roland TSAPI Envoyé spécial à Kumba

Le 05-05-2009

Par Njognath - Publié dans : Société
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Mardi 5 mai 2009

Fécafoot - Elections

Les membres d’Elecfoot ont donné à Douala le samedi 2 mai 2009 une conférence de presse bilan de leur tournée des dix régions du Cameroun. A l’occasion, Louis-Marie Ondoua a été présenté comme le candidat porte flambeau de ce mouvement.

 

“Le 24 mai 2009, il n’ y aura pas élections à la Fédération camerounaise de football. Nous allons amener le peuple à bloquer systématiquement les élections. Sauf si le gouvernement décide d’utiliser les éléments légaux pour interdire ces élections, sinon Elecfoot a des arguments populaires. Et le peule n’a jamais perdu…”, déclare Pius Ottou, porte-parole d’Elecfoot, au cours de leur conférence de presse bilan, samedi 2 mai à Douala. Pour ce mouvement qui se veut être un “ Comité de salut public ” pour le football camerounais, il ne fait aucun doute qu’autant on se rapproche de la date butoir, autant il se profile une sérieuse menace à l’ordre public. “Et si par extraordinaire Iya et sa bande rempilaient encore pour quatre ans, le Cameroun va entrer dans un cycle de déstabilisation indescriptible”, soutiennent-ils. Les membres d’Elecfoot soutiennent que l’équipe à Iya Mohammed brille par le sabotage et le sabordage de l’Etat. D’autant plus que les dirigeants de la Fécafoot ne peuvent pas dire quels sont les véritables statuts de la Fécafoot. Puisqu’ils n’ont jamais intégré les prescriptions de la Fifa dans l’arrimage des textes de la Fécafoot aux normes internationales. Ce qui était la résultante des travaux des commissions de relecture mis respectivement en place par le Minjes (actuel Minsep) et la Fécafoot en 2004.

Conséquence, les textes actuels de la Fécafoot sont viciés, taillés à la mesure du président sortant et font que Iya Mohammed battrait tout candidat d’entrée de jeu. Malgré cela, disent-ils, la bande à Iya a continué de violer ses propres textes lors des renouvellements des organes dans les ligues départementales et régionales. “Dans ces conditions, aucune alternance n’est possible”, concluent-ils. C’était à se demander si le comité d’animation d’Elecfoot ne vient que de s’en rendre compte. Evidemment pas, répondent-ils. C’est justement pour dénoncer cet état de chose et sensibiliser la base que le mouvement Elecfoot a vu le jour. “Contrairement à ce qui a été dit sur Elecfoot, il n’était pas question pour nous d’œuvrer pour prendre les commandes de la Fécafoot. Car, aucun des membres d’Elecfoot n’est candidat à rien”, précise Pius Ottou. Mais, ajoute-t-il : “Nous sommes allés dans les dix régions du Cameroun fédérer tous les Camerounais dans notre combat de restructuration profonde et immédiate du football.”


La Coallition
Pour cette restructuration, Elecfoot a choisi, à la surprise de tous, Louis Marie Ondoa dont la candidature a été rejetée par l’équipe Iya. “Après analyse du programme, sondages,… nous avons trouvé que c’est Louis Marie Ondoua qui porterait mieux les aspirations du changement que nous voulons tous. Il a de la vision et de l’ambition pour le football camerounais comme nous le rêvons tous”, affirme Emmanuel Hervé Kom. L’autre candidat, Patrice Tchamtcheu qui était de la partie, a soutenu qu’il n’est pas encore notifié du rejet de sa candidature. A ce titre, il reste dans la course, mais est engagé à faire fusion pour soutenir la candidature de Louis Marie Ondoa. L’objectif étant de ne plus laisser le football camerounais entre les mains d’un groupuscule qui a pris le football en otage.

Louis-Marie Ondoa dira d’ailleurs que le rejet de sa candidature est illégal, car elle est conforme à l’article 22 de la Fécafoot qui stipule que tout membre du conseil d’administration est éligible et pas électeur. Avant de confier que sa candidature n’a jamais été celle du 24 mai, mais au-delà. Parce qu’il savait bien que “ le bureau d’incompétents de Iya multiplierait des violations qui rendraient les élections nulles et de nul effet. ” Et il ne restera plus qu’au gouvernement de prendre la décision qui s’impose. En attendant cette décision, les trois candidats, Nkou Mvondo, Tchamtcheu Patrice et L.M. Ondoa (adversaires de Iya) sont unis dans une coalition. Ils ont saisi la Fifa, la Présidence de la république, la Primature et le ministère des Sports et de l’éducation physique pour arbitrage.

 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG, Article publié dans le Messager du 05-05-2009

 

Par Njognath - Publié dans : Football
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